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A la recherche des tigres de Tasmanie, des perroquets de nuit et… du Yéti.

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Combien d’espèces animales la terre héberge-t-elle ? Impossible d’en avoir une estimation précise : les chiffres varient de quelques millions à un milliard.

L’un des aspects de cette question est traité par la cryptozoologie : elle s’intéresse à l’étude et la recherche d’animaux mythiques ou potentiellement disparus.

Bien que souvent moquée dans les médias, la cryptozoologie conduit parfois à des découvertes remarquables. Ainsi, la photographie fin mars d’un perroquet de nuit en Australie Occidentale a suscité l’enthousiasme de la communauté scientifique. Le perroquet de nuit est en effet l’une des espèces les plus énigmatiques d’Australie. Depuis plus d’un demi-siècle, des expéditions étaient menées pour le dénicher. Placé sur la liste des espèces en danger en 1992, le perroquet de nuit, menacé d’extinction, a été aperçu de manière très épisodique au cours du XXème siècle. Avec cette première photographie, on est désormais certains que l’espèce n’est pas éteinte.

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Première photographie d’un perroquet de nuit vivant, prise en Australie Occidentale en mars 2017 (source : Bruce Greatwich)

Une autre espèce sur laquelle les scientifiques concentrent leurs efforts est le tigre de Tasmanie, considéré comme disparu depuis 1936. Actuellement, des équipes sont à sa recherche non pas en Tasmanie mais dans vaste région très sauvage du Cap York, dans le Queensland, sur la base d’anciens témoignages qui pourraient correspondre à la description de ce marsupial carnivore.

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Deux tigres de Tasmanie photographiés dans un zoo de Washington en 1902.

 

De la même manière, des expéditions sont en cours pour dénicher l’échidné à long bec dans la région de Kimberley, en Australie Occidentale. On pensait cette espèce disparue depuis longtemps, or un spécimen a été découvert dans cette région au début du XXème siècle mais identifié il y a seulement quelques années.

En réalité, il est fort peu probable que ces deux dernières espèces aient survécu. Pour les tigres de Tasmanie, les scientifiques évaluent la probabilité à une chance sur 1,6 milliards.

Il est donc tentant de rire de ces quêtes improbables : on a tous en mémoire celles concernant le Yéti, le monstre du Loch Ness, ou encore, en Australie, les panthères noires du Victoria.

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Le monstre du Loch Ness

Pourtant, des espèces qu’on pensait légendaires ou disparues depuis longtemps ont parfois ainsi (re)découvertes. C’est le cas du calamar géant, du gorille des montagnes, de l’okapi, du dragon de Komodo ou encore du cœlacanthe.

De plus, l’évolution rapide de la technologie met à la disposition des scientifiques des moyens toujours plus perfectionnés pour leurs recherches.

Des pièges photographiques permettent par exemple de filmer les léopards des neiges dans l’Himalaya, des animaux réputés très difficiles à observer, en voici quelques exemples ici.

L’ADN permet aussi de détecter des espèces qu’on n’arrive pas à repérer. En étudiant le sang de certaines sangsues, on a ainsi découvert l’existence de mammifères rares et menacés d’extinction.
Des dispositifs d’enregistrements audio peuvent aussi être placés dans certaines zones sur de longues périodes, permettant de repérer la présence d’espèces que nous n’arrivons pas à voir.
Des drones équipés de capteurs thermiques et de caméras à haute résolution nous permettent enfin d’atteindre des régions auparavant inaccessibles.

Combien d’espèces nous reste-t-il à (re)découvrir ?
C’est probablement en couplant ces nouveaux moyens techniques à l’étude du savoir des peuples indigènes, des fermiers et d’autres communautés qui sont en lien intime avec la terre et la mer depuis des générations que nous pourrons approcher la réponse à cette question.


 

Karine Arguillère

Source : abc.net.au

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