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A Nouméa, des passionnés veulent repartir sur les traces de La Pérouse après une nouvelle piste

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La thèse d’un chercheur australien sur la disparition de la mythique expédition La Pérouse a été jugée vendredi « très sérieuse » par une association calédonienne experte du sujet, qui espère que l’enquête sera relancée.

Dans un article publié mardi dans The Journal of Pacific History, un anthropologue australien, Garrick Hitchcock, avance que des rescapés des deux frégates françaises disparues dans les îles Salomon il y a 229 ans, auraient fait naufrage une nouvelle fois, cette fois dans le détroit de Torrès, entre la Nouvelle-Guinée et l’Australie.

« Je suis tout à fait d’accord avec cette piste, elle relance l’affaire de manière extraordinaire et j’espère que la France et l’Australie vont monter une expédition pour la creuser », a déclaré à l’AFP Raymond Proner, vice-président de l’association Salomon.

Depuis sa création en 1981 à Nouméa, cette association a accompli un travail colossal pour tenter d’éclaircir ce qui est l’un des plus grands mystères de l’histoire maritime.

Elle a notamment été à l’origine de huit missions de fouille à Vanikoro, île des Salomon dans le Pacifique Sud, au large de laquelle se trouvent les épaves des deux frégates de La Pérouse, La Boussole et L’Astrolabe, qui ont engendré plusieurs livres, documentaires et expositions.

Jean-Francois de Galaup de La Pérouse et 220 membres d’équipage, dont de nombreux scientifiques de renom, ont quitté Brest le 1er août 1785.

Ils ont disparu après un dernier message le 10 mars 1788, envoyé de Botany Bay, dans le sud-est de la Nouvelle-Hollande (actuelle Australie).

Les épaves des frégates seront localisées en 1827, au large de Vanikoro. Si les récits recueillis alors auprès des habitants de l’île, et les recherches archéologiques laissent penser que des rescapés sont partis à bord d’un bateau de secours, leur destinée est toujours restée une énigme.

M. Hitchcock appuie sa thèse sur le récit en 1818 d’un marin indien, qui vécut quatre ans sur Murray,  île du détroit de Torrès, et qui apprit auprès des indigènes qu’un « bateau était venu se briser 30 ans plus tôt ».

Selon ce récit, tous les membres de l’équipage de ce bateau furent ensuite tués dans des combats, à l’exception d’un mousse qui pourrait être un certain François Mordelle, originaire de Tréguier en Bretagne.

« Il était âgé de moins de 20 ans et il semble qu’à l’époque dans ces îles, les très jeunes hommes étaient épargnés par les massacres », a déclaré Raymond Proner.

« Garrick Hitchcock, avec qui je suis en contact, a fait des recherches au bon endroit notamment en Inde. Nous savions qu’un bateau de secours avait été construit mais nous n’avions que des pistes incertaines sur sa destination », a-t-il ajouté.

L’association Salomon espère que des fouilles archéologiques pourront être organisées sur les récifs autour de Murray.

« Il faudra des moyens techniques importants car c’était un petit bateau tout en bois et il a passé plus de deux siècles dans l’eau », a souligné Philippe Houdret, membre de l’association Salomon.

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