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Attentat de Berlin: l'Allemagne à la recherche de complices

Berlin (AFP) – Les autorités allemandes poursuivaient samedi leur enquête sur l’attentat de Berlin au lendemain de la mort de l’auteur présumé, en cherchant d’éventuels complices qui pourraient l’avoir aidé à gagner l’Italie malgré toutes les polices du pays à ses trousses.

« Le danger terroriste demeure », a prévenu la chancelière Angela Merkel. »La menace terroriste reste élevée en Allemagne », lui a fait écho son ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière.

« Pour nous maintenant, il est d’une grande importance de déterminer si dans la préparation et l’exécution » de l’attentat du marché de Noël au camion-bélier « et la fuite du suspect, il y a eu un réseau de soutien, un réseau d’aide, des complices ou des personnes qui l’ont aidé », a indiqué vendredi le chef du parquet anti-terroriste, Peter Frank.

Les enquêteurs doivent pour cela d’abord tenter de reconstituer le parcours exact du Tunisien Anis Amri depuis Berlin jusqu’à Milan, a expliqué M. Frank.

Les médias allemands se demandent comment il est parvenu à quitter l’Allemagne au nez et à la barbe de toutes les polices du pays et commencent à poser des questions sur l’efficacité du dispositif de sécurité mis en place après l’attentat.

Selon la police italienne, l’homme a transité par la France pour se rendre à Milan.

– Comment a-t-il pu gagner l’Italie ? –

Il a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi par un policier lors d’un contrôle près d’une gare de Milan, après qu’il eut ouvert le feu sur les agents, blessant légèrement l’un d’entre eux.

Dans son sac, les enquêteurs ont trouvé un billet de train montrant qu’il était monté à Chambéry, dans l’est de la France, et passé par Turin avant d’arriver dans la nuit à Milan, indiquent des médias allemands.

A Paris, le Directeur général de la police nationale (DGPN) française, Jean-Marc Falcone, a confirmé que les enquêteurs français travaillent « quotidiennement avec les services allemands et désormais italiens », notamment pour tenter d’établir précisément le parcours d’Amri entre Berlin et Milan.

« La sous-direction anti-terroriste de la police judiciaire est saisie (…) et procède à des vérifications poussées.Il s’agit notamment de déterminer très précisément si dans son périple, ce terroriste a pu transiter par notre territoire », et notamment par Chambéry, a précisé M. Falcone dans une interview au Journal du Dimanche à paraître ce samedi.

La police allemande veut aussi savoir si l’arme utilisée à Milan est aussi celle qui a servi à abattre un chauffeur routier polonais lundi à Berlin, comme l’affirment certains médias.

C’est avec le camion de ce chauffeur qu’Anis Amri a ensuite foncé dans la foule d’un marché de Noël berlinois, tuant 11 autres personnes et en blessant 50 autres.

Des « centaines » d’enquêteurs vont continuer à travailler sur ce dossier pendant les fêtes de fin d’année, a indiqué le chef de la police judiciaire allemande, Holger Münch.

– Merkel promet des changements –

Dans une affaire distincte, mais qui ajoute à la tension ambiante en Allemagne, deux hommes soupçonnés de préparer un attentat visant un des plus grands centres commerciaux du pays ont été interpellés dans la nuit de jeudi à vendredi à Oberhausen, dans l’ouest du pays.

Il s’agit de deux frères de 28 et 31 ans originaires du Kosovo.

Les autorités allemandes doivent à présent s’atteler à rassurer une opinion inquiète après l’attentat qui a aussi révélé des failles importantes dans le dispositif anti-terroriste du pays.Ce dernier a échoué à arrêter à temps Anis Amri, alors qu’il était connu depuis longtemps pour sa radicalisation et sa dangerosité.

La chancelière allemande a annoncé que « tous les aspects » de l’affaire seraient passés au crible.

« Nous allons à présent examiner de manière intensive ce qui doit être changé dans l’arsenal des mesures dont dispose l’Etat » allemand, a-t-elle ajouté.

Le ministre de la Justice, Heiko Maas, a parlé de décisions « très rapidement en janvier » en vue de déterminer d’une part « comment mieux surveiller les personnes dangereuses » et, d’autre part, comment « expulser le plus vite possible » les immigrés ne disposant plus du droit de séjour.

Anis Amri était demandeur d’asile débouté et donc en principe susceptible d’être expulsé depuis plusieurs mois.


Source: AFP
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