fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeActuAu Perth Festival, le cirque fait son numéro d’acrobatie
HR_Il n'est pas encore minuit_ cr. David Levene_02

Au Perth Festival, le cirque fait son numéro d’acrobatie

franckprovost

RomainDepuis 65 ans, Perth met la ville en émoi à l’occasion d’un festival curieux et intrépide, l’un des plus vieux de l’hémisphère sud. Soucieux d’attirer des artistes pluridisciplinaires du monde entier, le Perth Festival a invité, cette année, la Compagnie de cirque XY qui présente « Il n’est pas tout à fait minuit… » un spectacle bondissant qui célèbre une certaine idée de la fraternité et de la liberté. Romain Guimard (photo ci-contre), l’un de ses acrobates réguliers, nous en parle.

Le cirque est mort, vive le cirque ? N’enterrons pas trop vite la veille école et ses ficelles au nez rouge. « Cependant, confirme Romain, il est vrai que cet art connaît un renouveau et bien avant le Cirque du Soleil. Depuis les années 70 environ ». Par exemple, on a vu des motos arriver sur les pistes ou des spectacles sans aucun animal véritable, comme chez Plume. Si le modèle familial perdure, avec Morallès notamment, on voit se développer « des créations plus conceptuelles ou mono-disciplinaires ». Parfois, la danse ou les arts visuels sont de la partie. La compagnie XY offre l’exemple type d’un travail concentré sur le porté acrobatique à plusieurs.

La Compagnie a été créée à Lille par deux professeurs, dont Abdeliazide Senhadji, et quatre de leurs élèves pour prolonger l’apprentissage prodigué à l’école des arts du cirque. Au fil des rencontres, l’équipe s’est peu à peu étoffée.

Une allégorie de la vie sans rapport avec Cendrillon

HR_Il n'est pas encore minuit_ cr. David Levene_06Dans le spectacle de Perth, le troisième de XY, ils seront vingt-deux sur scène. Le titre Il n’est pas tout à fait minuit… a-t-il un rapport avec Cendrillon ? « Non, il n’y a aucun lien avec le conte de fée, mais il met en avant ce moment particulier où tout est possible juste avant de basculer vers autre chose. C’est un moment où la folie douce a toute sa place. » Le récit, ici, a moins d’importance que la thématique sous-jacente. « Pour moi, il s’agit de parler de liberté individuelle et de liberté collective. Peut-être est-ce la nature de notre travail qui veut ça puisque nous travaillons en groupe ? Il y a de la cohésion, de la coopération, de l’entraide… Tout cela est indispensable. En scène, nous devons mettre notre ego de côté. » Une allégorie de la vie (solidaire) telle qu’elle devrait être ?

Niveau frissons, le spectateur sera servi !

Du côté des costumes, point de paillettes : ils sont d’une belle sobriété. « On aurait pu coller au Lindy Hop qu’il y a dans le spectacle, avec des tenues swing, mais nous avons voulu rendre la création intemporelle », explique Romain. La musique a été composée par deux musiciens qui ont à la fois proposé des morceaux et travaillé à partir des acrobaties déjà imaginées. Un vrai « jeu de ping-pong ». Au final, tout se tient et le spectateur peut se laisser emporter. A quoi doit-il s’attendre ? « Le spectacle est acrobatique alors, niveau frissons, il sera servi. Mais au-delà de l’exploit, il peut s’attendre à rire (en cas de ratés par exemple) ou à s’émouvoir devant la beauté de la chorégraphie.« 

Réapprendre à se toucher, à se porter

sam-28-1534x1024Exceptionnellement Romain ne fait pas partie du déplacement à Perth. Mais il participera à un autre projet « Les Voyages » qui propose de sortir le cirque hors des murs du théâtre où il n’attire presque que des aficionados. Du « street-cirque » en quelque sorte ? « On a envie d’être dans le quotidien, de provoquer de l’émerveillement et de la bienveillance. On a envie que les gens réapprennent à se toucher, à se porter. » La compagnie a déjà été en Palestine par exemple et là-bas la notion de porter est indissociable du transport des blessés. « Nous travaillons avec des gens et aussi des lieux différents comme des marchés par exemple. L’aspect architectural et géographique est important. »

Comment devient-on acrobate ? Romain, qui a abandonné de brillantes études scientifiques, explique :  » Il faut de la passion bien sûr, une bonne condition physique et savoir qu’on n’est jamais quelque part pour longtemps. » Peut-être est-ce le plus difficile finalement : « Ma vie tient dans une valise. »

Valentine Sabouraud

Photos : (C) David Levene, sauf (C) Marie Garcia Bardon pour le portrait de Romain Guimard et (C) Samuel Buton pour la dernière issue du spectacle « Les Voyages ».

>>> Il n’est pas tout à fait minuit, dans le cadre du Perth Festival, aRegal Theatre 474 Hay Street, Subiaco, 6008 jusqu’au 18 février seulement – entrée de  25 à 69 $. Réservez vite ici.

——————————–

N’oubliez pas de nous suivre sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletter

Des idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude dans l’article ? Contactez-nous à l’adresse redaction@lecourrieraustralien.com

Comments
NCT
Share With: