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Aucune poursuite après les violences mises à jour au centre de détention juvénile de Don Dale

franckprovost

Dylan Voller, anciennement incarcéré au centre de détention pour mineurs de Don Dale a déclaré que la mise en place d’une Commission Royale pour enquêter sur les dérives du système judiciaire dans le Territoire du Nord (NT) était « une perte d’argent ». Elle aurait coûté 70 millions de dollars. Cette déclaration intervient après que la police a annoncé qu’aucune charge ne serait retenue, malgré les découvertes des enquêteurs.

La Commission Royale, dans un rapport publié en novembre dernier, a en effet mis à jour des « défaillances choquantes et généralisées » dans le système de détention juvénile en place et ignorées au plus haut niveau gouvernemental. A ce stade, la Commission avait indiqué avoir transmis de nombreux éléments à la police : comportement potentiellement criminel des officiers de justice, harcèlement et intimidation de témoins ou témoins potentiels, abus sexuels, physiques et négligences d’enfants placés hors de chez eux.

« Les informations transmises à la police du NT, dans les conclusions du rapport de la Commission, ne conduiront à aucune poursuite » a déclaré le porte-parole de cette dernière .

Voller a dit au Guardian avoir parlé au Nigel Scullion, ministre des Affaires aborigènes, choqué. « Des enfants sont poursuivis pour des graffitis ou détérioration de biens et il n’y a pas de responsabilité lorsqu’on est un adulte en charge de jeunes gens ? »

En toute impunité

« C’est très décevant après tous les abus qui ont été diffusés à la télévision. Je ne parle pas pour moi uniquement, mais pour les autres aussi. Cela signifie que cela va continuer dans d’autres centres, à travers tout le pays. Cela va créer un précédent pour les gardiens qui pourront continuer en toute impunité » a déclaré l’ancien détenu.

Voller est l’un des six adolescents aspergés de gaz lacrymogène dans le centre Don Dale à Darwin en 2014. Cet incident avait été l’étincelle pour le déclenchement d’une enquête de Four Corners, émission d’investigation de ABC, elle-même à l’origine de la Commission royale. Cette absence de poursuite diminue la portée des 200 recommandations du rapport.

Qu’est-ce qui donne le droit à une personne de dire à un enfant de se suicider ou de l’obliger à manger sa merde ?

« Il y a eu des investigations, des recommandations, tout cela pour dire que ces personnes ont fait du mal et cela n’a mené à rien. Si je marchais dans la rue et que j’étouffais quelqu’un, que je le dénudais ou que quelqu’un allait dans un vestiaire pour filmer des enfants : c’est de l’abus, et même de l’abus sexuel. Qu’est-ce qui donne le droit à une personne de dire à un enfant de se suicider ou de l’obliger à manger sa merde ? »

La Commission Royale a découvert que, dans de nombreux cas, les procédures et exigences légales n’avaient pas été respectées.« Le système a échoué à se conformer aux standards des droits humains les plus élémentaires dans son traitement des mineurs. »

Il confirme les allégations portées pendant les audiences publiques : abus verbaux, contrôle physique, utilisation inadéquate de la force et de la contrainte, recours à la manipulation pour la réalisation d’actes humiliants ou dégradants ou de violence entre détenus.

Parmi les 230 recommandations, il a été demandé que Don Dale soit fermé.

De son côté, l’ancien ministre des Affaires correctionnelles, John Elferink, a déclaré à NT News que l’absence de poursuite montre que le Premier ministre a été trompé quand il a mis en place la Commission. « Nous avons agi, comme nous le faisons toujours au gouvernement, avec une probité absolue, ce qui a été expliqué à Four Corners dans les grandes largeurs. Ces derniers ont choisi de ne pas en parler, mais de continuer à perpétrer des histoires disant que nous torturons des enfants, que nous agissons de manières barbares faisant des comparaisons avec Abu Ghraib » a-t-il déclaré. « Ces choses sont des allégations terribles et aucune n’était vraie. »

Depuis, le gouvernement du Territoire du Nord a indiqué qu’il dépenserait 229 millions de dollars pour mettre en œuvre 200 recommandations, car il n’a pas les moyens de faire plus.

Article du Guardian. Autres sources : SBS, abc.

Photo : image du reportage de Four Corners « Australia’s shame ».

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NCT
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