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Avant Alstom: des fleurons de l’industrie française passés sous pavillon étranger

aircalin

Avant le projet de fusion entre le français Alstom et l’allemand Siemens dans le domaine ferroviaire, plusieurs fleurons de l’industrie française sont passés sous pavillon étranger ou se sont mariés avec des groupes internationaux depuis le début des années 2000.

– Pechiney: avalé puis démantelé –

Ex-premier groupe industriel privé de France, le spécialiste de l’aluminium Pechiney est avalé fin 2003, début 2004 par le canadien Alcan au terme d’une OPA hostile de 4 milliards d’euros.

Au moment de l’opération, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin obtient d’Alcan des promesses sur l’emploi. En 2007, le groupe canadien passe à son tour sous contrôle du géant minier anglo-australien Rio Tinto.

L’ancien géant français de l’aluminium et de l’emballage est rapidement démantelé, vendu branche par branche, sans état d’âme par Rio Tinto. En 2008, le président Nicolas Sarkozy reconnaît: Pechiney « a disparu sans que personne ne lève le doigt ».

– Arcelor: absorbé par Mittal –

Le géant européen de la sidérurgie Arcelor naît fin 2001 de la fusion du français Usinor avec l’espagnol Aceralia et le luxembourgeois Arbed.

Début 2006, le géant Mittal Steel lance une OPA hostile de 18,6 milliards d’euros sur Arcelor. En juillet 2006, le PDG indien du groupe, Lakshmi Mittal, prend les rênes d’Arcelor.

Rapidement l’aciérie de Gandrange en Moselle est menacée: les promesses et interventions de Nicolas Sarkozy ne parviendront pas à éviter la fermeture en avril 2009.

Le site voisin de Florange est lui aussi menacé. Il devient un enjeu de la présidentielle de 2012. Sa nationalisation un temps envisagée est finalement écartée par François Hollande: les deux haut-fourneaux ferment en 2013 mais le reste de l’activité s’y poursuit.

– Alcatel: de Lucent à Nokia –

Le 2 avril 2006, deux grands des équipements télécoms, le français Alcatel et l’américain Lucent Technologies annoncent leur fusion pour donner naissance au numéro deux mondial du secteur.

L’union s’avère difficile et douloureuse avec une série de suppressions de postes et cessions de filiales. Le groupe franco-américain tombe finalement dans l’escarcelle du finlandais Nokia en 2015.

En septembre, Nokia annonce la suppression de près de 600 emplois en France et s’attire les foudres d’Emmanuel Macron.

– Lafarge: mariage en Suisse –

Il ne s’agit pas d’un rachat ou d’un dépeçage mais d’un mariage de raison franco-suisse: le numéro deux mondial du ciment Lafarge s’unit avec le numéro trois, son concurrent helvète Holcim en juillet 2015 pour donner naissance à LafargeHolcim, un colosse aux 32 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 130.000 salariés.

– STX: de main en main –

Derniers grands chantiers navals de France, les Chantiers de l’Atlantique, basés à Saint-Nazaire, sont cédés en janvier 2006 au norvégien Aker Yards par Alstom.

Le groupe sud-coréen STX Shipbuilding prend en août 2008 le contrôle du norvégien. Les Chantiers de l’Atlantique deviennent STX France. Lourdement endetté, le sud-coréen est mis en vente en octobre 2016 par la justice de son pays.

Seule partie rentable, STX France est promis en mai 2017 à l’italien Fincantieri. Mais le nouveau président français conteste la prise de contrôle italienne, craignant de voir le savoir-faire et les emplois français partir à l’étranger.

Emmanuel Macron préfère nationaliser temporairement les chantiers et renégocier un accord avec les Italiens. Une solution devrait être annoncée mercredi à Lyon lors d’un sommet franco-italien.

– Alstom: coupé en deux

Spécialiste du transport ferroviaire et des systèmes de production d’énergie, Alstom est courtisé début 2014 par l’américain General Electric et par l’allemand Siemens.

Les deux groupes lancent des offres concurrentes (Siemens en partenariat avec Mitsubishi Heavy Industries- MHI). Finalement c’est GE qui emportent les faveurs d’Alstom et du gouvernement socialiste en novembre 2014.

L’Américain met la main sur la branche énergie d’Astom qui reste un groupe indépendant, recentré sur le ferroviaire avec l’État comme actionnaire de référence (20%).

C’est à l’occasion de cette affaire qu’est pris le « décret Alstom » (avril 2014) qui étend aux secteurs de l’énergie, des transports, de l’eau, de la santé et des télécoms, le droit de regard dont dispose l’État depuis 2005 sur des investissements étrangers dans des domaines stratégiques (défense, technologies de l’information).

AFP

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