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Calais: le nombre de mineurs en errance chute après le démantèlement de la "Jungle"

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Calais (AFP) – Un pas en avant a été franchi vendredi à la mi-journée pour résorber le nombre des jeunes migrants, une bonne centaine, qui erraient depuis mercredi soir aux abords de ce qui reste de la « Jungle » de Calais, qui continue d’être démolie.

Peu avant 14H00, une cinquantaine d’entre eux, dont beaucoup de Soudanais, a ainsi embarqué à bord d’un car affrété par la préfecture, à destination d’un centre d’accueil et d’orientation (CAO) dédié aux mineurs, a constaté un journaliste de l’AFP. Destination: Rouen, selon un haut-fonctionnaire. 

Un autre bus est parti pour la région de Toulouse une demi-heure plus tard, puis un dernier vers les Côtes-d’Armor.

En tout, ce sont 120 migrants –113 mineurs et 7 majeurs– qui ont quitté Calais vendredi.

De 20 à 30 migrants qui s’étaient agglomérés à ce groupe ne se sont pas présentés pour le départ.

Ce groupe s’était formé dans la nuit de mercredi à jeudi devant les portes du centre de transit, qui venait de fermer définitivement, dans l’espoir de passer en Angleterre.

Considérés pour certains comme trop âgés pour être des mineurs, et arrivés de fraîche date à Calais, ils n’avaient pas été admis dans les conteneurs du Centre d’accueil provisoire (CAP), jouxtant la « Jungle » et réservé aux mineurs qui se sont fait enregistrer pendant « l’opération humanitaire » mise en place de lundi à mercredi soir pour l’évacuation totale de la « Jungle ».

Ces jeunes, qui ont passé la nuit de mercredi à jeudi à la belle étoile, ont dormi la nuit dernière dans l’ancienne zone Sud de la « Jungle », notamment dans une église et une mosquée restées debout.

Mercredi, a expliqué sur France Inter la préfète Fabienne Buccio, « on a commencé à voir des migrants qui n’étaient pas ce qu’on appelle communément des migrants de Calais ». »Quand on attire (les migrants) en leur disant qu’on a des possibilités d’hébergement, qu’on a des stocks de tentes, je trouve que ce n’est pas responsable », a-t-elle déploré.

« On a vu des voitures immatriculées en Belgique, aux Pays-Bas, déposer des mineurs », dénonce une source proche du dossier. 

Les autorités françaises rappellent que depuis le 17 octobre, 1.451 mineurs ont été « mis à l’abri » en France, tandis que le Royaume-Uni a accepté d’accueillir 274 mineurs isolés, ont-elles souligné.Elles répliquaient au gouvernement britannique qui, très critiqué outre-Manche pour son attitude dans ce dossier, avait appelé la France à protéger « comme il se doit » les migrants mineurs de la zone de Calais. 

France Terre d’asile (FTDA) ayant recensé 1.291 mineurs sur la « Jungle », « on est allé au-delà de l’objectif », souligne la préfecture du Pas-de-Calais.

– La « Jungle » déblayée tout le week-end –

Des agents de l’Intérieur britannique toujours présents au CAP poursuivent l’examen de la situation de ces mineurs pour voir s’ils peuvent bénéficier des accords franco-britanniques sur le regroupement familial.

Des départs de jeunes du CAP vers l’Angleterre ont encore eu lieu vendredi matin.Parmi eux, deux jeunes Soudanais, sac au dos, emmitouflés dans des couvertures et bracelet du CAP au poignet. »Le CAP c’était très bien, on a dormi à l’abri, maintenant c’est parti pour l’Angleterre », assure l’un d’eux, en route pour le car.

Au CAP, des centaines de mineurs vont et viennent sur des vélos, discutent avec animation, mangent un peu, improvisent des parties de foot….Le tout encadré par plusieurs fourgons de CRS.

Vendredi matin, les travaux de déblaiement à grande échelle des tentes et abris suivaient leur cours.Ils doivent continuer tout le week-end pour s’achever lundi soir.

De très rares migrants erraient encore dans le bidonville.Selon la maire (LR) de Calais Natacha Bouchart, « 1.000 migrants se sont dispersés dans les alentours en attendant que les choses se calment ». 

Selon la Cimade, 90 placements en rétention administrative ont été opérés depuis lundi.Depuis plusieurs mois, une trentaine de procédures d’accès en Centre de rétention administrative sont dressées chaque jour, a commenté une source sécuritaire.

Les autorités ont à « gérer un moment délicat car on passe d’une opération humanitaire à un retour au droit commun », observe un haut fonctionnaire. 

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, devait rencontrer dans l’après-midi des migrants de Calais dans un CAO, à Gelos, dans les Pyrénées-Atlantiques.


Source: AFP
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franckprovost
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