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Camps de réfugiés: les dirigeants du Pacifique sommés de faire pression sur l’Australie

franckprovost

Amnesty International et 80 autres ONG ont appelé jeudi les dirigeants des nations du Pacifique à exiger la fermeture d’un camp de rétention financé par l’Australie sur l’île de Nauru, où ils se réuniront en sommet la semaine prochaine.

Les 18 pays membres du Forum des îles du Pacifique (Fip) se retrouvent du 3 au 6 septembre à Nauru, à quelques encablures du « Guantanamo australien ».

Le camp de rétention abrite des demandeurs d’asile qui ont tenté de rejoindre l’Australie par la mer et qui en vertu d’une politique d’immigration draconienne, sont envoyés dans des infrastructures reculées du Pacifique, dans le micro-Etat de Nauru ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Canberra justifie sa politique par la nécessité d’empêcher les arrivées de bateaux de clandestins et d’ainsi sauver la vie de migrants tentés d’entreprendre le périlleux voyage maritime. Même si la demande d’asile des migrants est jugée fondée, ils ne sont pas acceptés sur le sol australien.

Dans une lettre ouverte, Amnesty et 80 organisations non gouvernementales ont demandé aux dirigeants des nations du Fip d’agir et d’effacer « la tâche sur la région ».

« Les leaders des îles du Pacifique ne peuvent ignorer plus longtemps cette question qui doit figurer en tête du menu des discussions du Fip », écrit Roshika Deo, chercheuse chez Amnesty pour le Pacifique.

« C’est une situation désespérée qui nécessite d’agir d’urgence. Les leaders régionaux doivent démontrer qu’ils ne resteront pas sans rien faire alors que de nouvelles vies sont mises en danger par les politiques abusives du gouvernement australien ».

Les demandeurs d’asile envoyés à Nauru et sur l’île papouasienne de Manus subissent « un traitement cruel et dégradant », poursuivent les ONG. « Les informations sur des violences généralisées contre les réfugiés en Papouasie-Nouvelle-Guinée sont nombreuses de même que sur les violences et le harcèlement sexuel contre les femmes et les enfants sur Nauru ».

D’après l’organisation Refugee Council of Australia, plus de 200 personnes vivent dans le camp de Nauru, dont des dizaines d’enfants.

Selon les défenseurs des droits, les migrants souffrent en particulier de problèmes psychiatriques dus à la perspective d’une détention indéfinie, avec des cas d’automutilation d’enfants dépressifs.

Le camp financé par Canberra représente toutefois une aubaine financière pour Nauru, minuscule nation de 21 kilomètres carrés qui a épuisé sa seule ressource, le phosphate.

Le gouvernement de Nauru a imposé de sévères restrictions aux médias qui couvriront le sommet du Fip, menaçant de révoquer les visas des journalistes qui photographieraient ou filmeraient le camp ou les demandeurs d’asile. Le nombre de journalistes admis a également été limité tandis que le groupe public australien, la Australian Broadcasting Corporation, a été interdit de sommet.

Source: AFP


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