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Cecil Healy

Cecil Healy, ce héros australien trop longtemps oublié

NCT

Le champion olympique de natation John Devitt s’est donné une mission : il veut que l’Australie se souvienne de Cecil Healy, un homme qu’il considère comme l’un des plus grands héros que le pays ait connu.

La vie d’Healy ressemble à un roman d’aventure : médaillé d’or aux jeux olympiques, il a contribué à implanter le surf en Australie, et a fini par sacrifier sa vie sur les champs de bataille européens lors de la première guerre mondiale.

 

Stockholm 1912

Cecil Healy a remporté la médaille d’or du relais 4 x 100m aux jeux olympiques de Stockholm. Mais c’est lors d’un événement particulier qu’il a fait la démonstration de sa valeur et, indirectement, influencé durablement la culture australienne.

Le principal rival de Cecil Healy sur le 100m nage libre était Duke Kahanamoku, un surfer hawaïen surnommé « Le Duc ».

« Lors des qualifications, tout s’est bien passé. A ce moment-là, Cecil Healy savait déjà qu’il ne pourrait pas remporter la médaille d’or car Duke était bien meilleur, » raconte John Devitt. « Ils ont tous deux été qualifiés pour les demi-finales mais le moment venu, l’équipe américaine (dont faisait partie Duke) ne s’est pas présentée. Il existe au moins une quinzaine de versions différentes expliquant leur absence — je crois juste qu’ils ont commis une erreur et ne sont pas arrivés à l’heure. » Les juges ont disqualifié Duke. Beaucoup des rivaux du champion s’en sont réjoui : pas Cecil Healy.

« Cecil a dit : écoutez, je pense que ce n’est pas juste, je pense qu’il devrait avoir une chance de participer à la course même s’il va me battre, », rapporte Larry Writer, l’auteur avec qui John Devitt collabore dans son entreprise de reconnaissance du champion australien.

Suite à la demande insistante de Cecil Healy, l’équipe australienne fait pression sur les juges, menaçant de se retirer de la course s’ils ne reviennent pas sur leur décision . « Le Duc » a finalement été autorisé à nager et il a remporté la médaille d’or. Quant à Cecil Healy, il a été médaillé d’argent.

« Après la remise des médailles, Duke Kahanamoku est allé voir Cecil Healy et a levé son bras en disant : « c’est lui, le véritable champion olympique, » » raconte John Devitt.

 

Cecil et Duke

Ce fut le début d’une grande amitié entre les deux champions, qui fut à l’origine d’un des moments cruciaux de l’histoire sportive de l’Australie.

En 1914, Cecil Healy invita Duke à Sydney — et celui-ci amena sa planche de surf.

Le Duc fit plusieurs démonstrations de surf dans le courant de l’été 1914-1915, la plus célèbre étant celle de la plage de Freshwater à laquelle des centaines de spectateurs étaient venus assister.

Voici ce qu’en dit le Sydney Morning Herald de l’époque :

« Il est arrivé avec sa planche, il a plongé dans l’eau et a nagé sans discontinuer jusqu’à ce que ceux qui le regardaient de la plage se demandent quand il allait s’arrêter. Après avoir nagé presqu’un demi-mille, Kahanamoku s’est tourné et s’est préparé en attendant un rouleau, qui est arrivé juste après ; il l’a pris et alors que la vague le ramenait vers la plage, il a exécuté toutes sortes d’acrobaties sur sa planche, et a finalement plongé dans l’eau quand le rouleau s’est cassé. »

« Les gens venaient de partout pour voir ce dieu bronzé surfer, » écrit Larry Writer. « Lorsqu’il est parti, le surf avait conquis toutes les plages. » L’Australie était tombée amoureuse de ce sport.

 

Première Guerre Mondiale

A peine quelques mois après la visite du Duc, les soldats des forces australiennes débarquaient sur les plages de Gallipoli. Cecil Healy s’est rapidement engagé. Il a commencé comme quartier-maître mais a vite souhaité s’impliquer davantage. « Il ne voulait pas continuer à faire un boulot sans danger et tranquille, alors il a demandé à devenir officier, » écrit Larry Writer.

Alors qu’il suivait une formation d’officier en Angleterre, Cecil Healy a écrit des lettres prémonitoires à ses camarades. « Je suis prêt au pire et j’accepte mon sort. Je nourris l’espoir que je saurai vendre chèrement ma vie et gagner le respect des hommes que je commanderai. Si, contre toute attente, je rentre sain et sauf, nous devrons boire un petit coup ensemble, mon vieux. »

Cecil Healy n’est jamais revenu. 74 jours avant la fin de la guerre, il a été tué près de Péronne, en France. Il était à la tête de sa troupe, essayant de neutraliser des mitrailleurs allemands, lorsqu’il a été touché au cou et à la poitrine.

 

Post Scriptum

Devitt et Writer se sont rendus en Europe pour retracer les dernières étapes de l’avancée de son bataillon vers le mont Saint-Quentin. « Se tenir là et voir où était la ligne de feu… ces gars ne pouvaient pas s’en sortir. Mais ils y sont allés quand même, » constate John Devitt.

Sur la tombe de Cecil Healy, John Devitt a versé un peu de sable de la plage de Manly et l’a mélangée avec la terre du cimetière.

 

Source : abc.net.au


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franckprovost
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