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Dans la tourmente, Donald Trump persiste et signe

franckprovost

Washington (AFP) – Dans la tourmente après sa décision de fermer les frontières aux ressortissants de sept pays musulmans, Donald Trump a défendu lundi matin une initiative dénoncée par nombre de chefs d’Etat mais aussi désormais par une partie du monde des affaires, Goldman Sachs en tête.

Dans une longue salve de tweets matinaux, le président républicain a mis en cause, pêle-mêle, une défaillance informatique au sein de la compagnie aérienne Delta, les manifestations ou encore les réactions faussement outrées selon lui de nombre d’élus du Congrès.

« Tout se passe bien avec très peu de problèmes », a-t-il affirmé, contre toute évidence, citant le secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly.Accusé d’avoir lancé cette initiative dans la précipitation, il a défendu son approche: « Si l’interdiction avait été annoncée une semaine à l’avance, les +méchants+ se seraient précipités dans notre pays ».

Visiblement désireux d’attirer l’attention médiatique sur un sujet plus consensuel au sein de son propre camp, l’homme d’affaires septuagénaire a décidé d’accélérer l’annonce de son candidat pour occuper le neuvième siège de magistrat à la Cour suprême.Elle aura désormais lieu mardi, au lieu de jeudi.

De partout à travers le monde, les témoignages affluent de ressortissants des pays concernés par les restrictions qui dénoncent, entre abattement, incrédulité et colère, les mesures abruptement mises en place par la nouvelle administration américaine.

Eltirmizy Mohamed, docteur soudanais de 34 ans, qui vient de passer trois années de formation à Atlanta (Géorgie) devait retrouver cet Etat du Sud pour s’y installer.Le décret Trump l’a coupé net dans son élan.

« J’ai soigné nombre de sans-abris et d’Américains pauvres pendant les trois années que j’ai passées aux Etats-Unis », raconte-t-il. »J’avais prévu d’aller travailler dans les zones rurales de Géorgie où les besoins en médecins sont énormes.Mais je me retrouve coincé à Khartoum », déplore-t-il.

– Merkel hausse le ton –

Et aux quatre coins de la planète, la vague d’indignation soulevée par son initiative ne se calme pas, bien au contraire.

Haussant le ton, la chancelière allemande Angela Merkel a estimé que la lutte contre le terrorisme ne justifiait en aucune manière « de généraliser le soupçon contre les personnes en fonction de leur croyance, en l’occurrence ici des personnes de foi musulmane ».

Au Royaume-Uni, le gouvernement était sous pression pour annuler la visite d’Etat de Trump prévue cette année: plus de 1,2 million de Britanniques ont signé une pétition en ce sens.

Le décret signé vendredi par Donald Trump interdit l’entrée à tous les réfugiés, quelle que soit leur origine, pendant 120 jours (et de façon indéfinie pour les réfugiés syriens).

Il l’interdit aussi pendant 90 jours aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane considérés comme des viviers terroristes par Washington: Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Son application confuse, qui a entraîné des scènes de détresse dans des aéroports américains et étrangers avec des personnes bloquées ou refoulées, a déclenché en ce début de semaine une série d’explications entre plusieurs pays et Washington.

Face à la levée de boucliers, l’administration a mis un peu d’eau dans son vin en particulier sur les détenteurs d’un permis de résident permanent, la fameuse carte verte, mais aussi sur les ressortissants des sept pays visés qui ont une double nationalité.

– Critiques de Goldman Sachs – 

Aux Etats-Unis, la mobilisation, du monde politique au monde des affaires, ne montrait elle non plus aucun signe d’essoufflement.

Goldman Sachs, l’une des plus puissantes banques d’affaires au monde, dont d’anciens dirigeants ont été nommés à des postes influents au sein de l’administration Trump, a critiqué à son tour lundi le décret présidentiel. »Ce n’est pas une politique que nous soutenons », a fustigé le PDG Lloyd Blankfein dans un message audio interne dont l’AFP a obtenu le texte.

Et de reconnaître que si le décret devait s’appliquer en l’état, il existait un risque « de perturbation » pour le groupe et pour certains de ses employés et leurs familles.

Dimanche, le nouveau locataire de la Maison Blanche avait tenté, en vain, de faire baisser la pression. »Pour que les choses soient claires, il ne s’agit pas d’une interdiction visant les musulmans, comme les médias le rapportent faussement », avait-il affirmé dans un communiqué. 

Après l’Iran, qui a décidé d’une mesure de réciprocité à l’égard des Etats-Unis, les députés irakiens ont appelé le gouvernement à faire de même si Washington ne revient pas sur sa décision.

A la suite de l’intervention samedi soir d’une juge fédérale de Brooklyn, plusieurs personnes arrêtées à leur arrivée aux Etats-Unis en dépit de visas valides ont été autorisées à entrer sur le territoire.

Mais la constitutionnalité du décret n’a pas été tranchée et celui-ci reste en vigueur.


Source: AFP
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