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Dark Circus convoque la poésie au Melbourne Festival

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Romain et Jean-Baptiste

Parmi les soixante-cinq spectacles proposés cette année au Melbourne Festival, l’attachée de presse nous recommande  vivement Dark Circus, un petit bijou made in France, créé et mis en scène par la compagnie STEREOPTIK d’après une histoire originale de Pef. Aux commandes : Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet, deux saltimbanques très contemporains et pas vraiment remis du décalage horaire.

Le spectacle

Objet non-identifié. « Nous sommes placés sur la scène, explique Romain, de part et d’autre d’un grand écran qui diffuse en temps réel un film que nous sommes en train de fabriquer. » Le spectacle est donc autant dans l’histoire qui se déroule sous les yeux du spectateur que dans le ballet très technique des petites mains qui œuvrent dans l’ombre. Il n’y a pas de pellicule, mais quatre caméras qui permettent de suivre en direct le travail des artistes. Leurs matériaux : de la lumière, de la vidéo, du fusain, de l’encre, des crayons, du sable, du papier découpé, parfois des marionnettes en volume et des instruments de musique bien sûr. C’est Jean-Baptiste qui joue l’homme-orchestre et qui fait résonner la grosse caisse, la caisse claire, la guitare, le clavier ou l’harmonica. C’est selon. La bande-son « soul-funk » est essentielle ; la parole (ici en anglais), elle, est économe.

L’histoire

Dark Circus // Stereoptik

Extrait du spectacle Dark Circus

« Dark Circus raconte l’histoire d’un cirque qui s’installe dans une ville déprimante… D’ailleurs, dans notre titre, nous avons écrit : « Venez nombreux, devenez malheureux ». L’ambiance est donc sombre et tout le monde meurt, surtout les animaux. Soudain, un jongleur arrive… » Et que se passe-t-il ensuite ? « Pour le savoir, plaisante Jean-Baptiste, il faut venir au spectacle. » Suspense donc, autour de ce récit qui s’inscrit avant tout dans une démarche artistique globale. « Nous ne portons pas de message politique, mais proposer ce type de création… oui, c’est politique », affirme Romain. Narrer une histoire simple en faisant vivre un moment de pure poésie, pas si banal en effet. Le spectacle, conçu au millimètre, garde un esprit artisanal et profite d’une inventivité fantasque qui plaira autant aux jeunes (dès 8 ans) qu’aux grands. Pour l’apprécier, il suffit d’être ouverts aux émotions qui ne manqueront pas de vous assaillir ou de vous submerger.

La rencontre

Dark Circus // Stereoptik

Les artistes sont musiciens et plasticiens

« Nous nous sommes rencontrés il y a quinze ans, dans un groupe de musique. On faisait de la « batterie dissociée » c’est à dire que nous partagions le même instrument. C’est comme ça que nous avons eu l’idée de travailler en duo. » Les deux artistes sont à la fois musiciens et plasticiens. Chaque spectacle de STEREOPTIK s’élabore ensemble, ils sont sur scène ensemble, ils répondent aux questions ensemble. Il faut donc une grande connivence pour travailler comme ça ? « Oui, évidemment, même si nous sommes parfois en désaccord. D’ailleurs, de là naissent parfois les meilleures idées et souvent le progrès » remarque Jean-Baptiste. Le duo pourrait-il se transformer en trio ou même changer ? Les deux artistes se refusent à fermer les portes car qui peut prédire l’avenir ? En attendant, ils fonctionnent bien à deux et cela fait plus d’une décennie que ça dure.

Le succès

« Il est venu très vite, dès le premier spectacle en fait. » Depuis, la compagnie tourne partout dans le monde à raison de 200 dates par an. Le directeur du Melbourne Festival les a rencontrés à Zurich : « nous avons eu un très bon contact, c’est aussi pour cette raison que nous ne sommes pas allés à Adélaïde. » Dans quelques semaines, ils s’envoleront pour Rome. Ils se sont produits à Avignon (au célèbre festival) et même à Djakarta devant un public d’experts en marionnettes. Ils n’ont pas en mémoire de public plus formidable qu’un autre, mais ils avouent avoir été touchés par des dessins d’élèves faits après leur spectacle. Et quand un artiste de New-York leur écrit pour dire que STEREOPTIK l’a inspiré… ça fait plaisir (ceux qui font du plagiat, en revanche, entendront parler de leur l’avocat). Et eux, qu’est-ce qui les inspire ? « La pop, le rock, la danse, une expérience de chimie… et même le Muppet Show. »

Eclectique, sans stéréotype : on valide.

Valentine Sabouraud

Dark Circus, dans le cadre du Melbourne Festival, au Coopers Malthouse du 5 au 9 octobre, tous les soirs à 6.00 pm. Matinées en plus : le vendredi 6 à 1.00 pm, samedi et dimanche à 2.00 pm. Prix 39 et 49 $. Infos ici.

(C) photos par ordre : 1/ C. Raynaud de Lage 2/ V. Sabouraud 3/ et 4/ J.M. Bensenval

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