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Découvrez Christophe Vissant et son projet fou : effectuer le tour de l’Australie en courant ! (partie 2)

aircalin

Christophe Vissant, un Français de 48 ans que rien ne prédestinait à la course à pied, s’est lancé un défi fou : son Australian Challenge Tour le conduira à effectuer le tour de l’Australie en courant, sans aucun jour de repos, l’équivalent de deux marathons par jour.

Dans le deuxième volet de son entretien avec le Courrier Australien, partenaire de son exploit, Christophe nous confie ce qui lui plaît dans le fait de courir de longues distances et partage avec nous quelques anecdotes de ses précédentes expériences.

 

Qu’est-ce qui vous plaît tant dans ces courses très longues ?

Ce qui me motive, c’est vraiment la découverte de pays, de paysages et aussi beaucoup le fait de faire des rencontres. Chaque matin, je me lève excité à l’idée de ce que je vais découvrir, de qui je vais rencontrer.

CJ’ai croisé des personnes extraordinaires au cours de mes défis, c’est d’ailleurs l’essentiel de ce que je raconte dans mes conférences. Il y a les gens que je croise par hasard et avec qui j’échange, je prends des photos. Il y a ceux qui viennent à moi pour me rencontrer, parce qu’ils ont été informés de mon passage par les médias ou le bouche-à-oreille.

 

Pouvez-vous nous raconter quelques-unes de ces rencontres ?

Je me souviens par exemple de ma traversée de la Russie, interminable, pendant laquelle je désespérais de voir la Volga. Un jour, une dame russe est venue à ma rencontre et m’a offert un tableau représentant la Volga : pour que j’aie au moins l’impression de l’avoir vue.

Une autre fois, en Albanie, une femme était assise sur un bunker en train de garder ses moutons. Elle n’avait pas l’air en forme, et moi-même à ce moment-là, j’étais en difficulté. Elle m’a demandé un bonbon. Je n’avais qu’un bout de barre de céréale, je le lui ai donné : elle m’a embrassé la main 10 fois pour me remercier…

En Ukraine, j’ai été escorté durant toute ma traversée du pays par quatre véhicules blindés. Ils m’encourageaient, me donnaient à manger, me prenaient dans leurs bras… un jour ils m’ont même trouvé un petit hôtel pour une nuit. En fait c’était un hôtel de passe, donc je n’ai pas très bien dormi ! Je ne savais pas bien qui ils étaient mais j’ai remarqué qu’il leur manquait tous un doigt. J’ai appris ensuite qu’ils faisaient partie de la mafia… Une autre fois, on m’a proposé de dormir dans la maison de Youri Gagarine !

Et puis il y a eu ce moment unique où j’ai dû rebrousser chemin suite au retrait de mon sponsor. A la frontière russe, plus de 100 Russes m’attendaient et m’ont accueilli en me félicitant et en m’applaudissant !

 

Vous allez courir en moyenne 10 à 11h par jour pendant presque 6 mois. Ne craignez-vous pas que le temps vous paraisse long ? A quoi pensez-vous pendant que vous courez ?

Le plus dur c’est de faire abstraction de la douleur. Il faut arriver à décrocher mentalement. Serge Girard dit que ce qui marche pour lui, c’est de résoudre des équations compliquées qu’il se pose lui-même. Pour moi, quand ça devient vraiment dur, je fais appel à mes souvenirs de plongeur : j’imagine un récif sous mes pieds et je le « colonise » avec différents organismes, poissons…

Le reste du temps, je pense à plein de choses. A ma famille, à mes sponsors, aux gens qui me suivent et me soutiennent : c’est un vrai réconfort.

Je profite aussi énormément du paysage. Courir en regardant la mer, c’est extraordinaire — c’est d’ailleurs pour ça que j’ai choisi de faire le tour de l’Australie et non de la traverser. Je me souviens d’une fois, en Croatie, où ça devenait vraiment dur et tout à coup est apparu un banc de dauphins à côté de moi… j’ai tout de suite été requinqué. En Australie il paraît que je pourrais voir des baleines : ce serait fantastique !

D’une manière générale, quand je cours les pensées qui me traversent sont d’ordre spirituel, presque mystique : le bonheur de me sentir vivant, heureux, mon amour de la vie ; et aussi des interrogations profondes, sur le monde, sur le sens de ce que je suis en train d’accomplir…

Karine Arguillère

Retrouvez la suite de cet entretien avec Christophe Vissant samedi prochain !

Pour (re)lire la première partie de cet entretien, c’est ici !

 

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franckprovost
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