fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeActuDenis Genreau, le Français des Socceroos
genreau

Denis Genreau, le Français des Socceroos

NCT

« C’est un rêve ». Il peine à réaliser. Arrivé en Australie à l’âge de deux ans, le Français Denis Genreau, qui joue aux Pays-Bas après être passé pro à Melbourne City, a été convoqué avec les Socceroos, l’équipe nationale australienne.

Quand le meneur de jeu de 19 ans a été retenu pour le stage à Antalya (Turquie, jusqu’au 11 septembre) avec les « Aussies », il a même crû à un malentendu.

« Mon entraîneur en club est venu me l’annoncer mais je n’ai pas compris, retrace t-il. Quelques jours plus tôt, j’avais été appelé pour participer à un rassemblement avec les ‘Youth Socceroos’, la sélection moins de 20 ans. Mais puisque ce rendez-vous était en dehors de la fenêtre FIFA, les dirigeants refusaient ma libération. Quand il m’a félicité, j’ai crû qu’il m’informait que le club acceptait finalement. Il a compris qu’il y avait un quiproquo alors il a répété que j’étais bien convoqué avec l’équipe A… J’ai été soufflé ».

Quelle trajectoire singulière. Il y a un encore un an, Genreau (1,74 m, 74 kg) n’était pas éligible avec l’Australie. Né à Paris dans le Xe arrondissement, il est arrivé down-under en 2001 à la faveur d’une expatriation de ses parents, tombés amoureux du pays lors de leur voyage de noces.

Il a certes effectué tout son cursus en Australie où le football est surtout un sport d’immigrés, d’abord à South Yarra puis à Brighton avant de rejoindre en 2015, Melbourne City avec qui il a effectué ses débuts en A-League en décembre 2016 puis signé son premier contrat pro jusqu’en 2020.

 

Changement de vie au Pays-Bas

Il a attendu novembre 2017 pour que la Fifa confirme son éligibilité. Après avoir rempli une trentaine de documents transmis à la fédération internationale, Genreau naturellement bilingue, a pu effectuer, avec le brassard de capitaine, ses débuts internationaux face à Hong-Kong et la Corée du Nord lors d’un tournoi au Vietnam comptant pour les qualifications pour la Coupe d’Asie des Nations des moins de 20 ans.

Mais à la sortie d’une décevante saison avec Melbourne City où il s’est contenté de dix minutes de jeu en A-League, il était encore loin d’imaginer intégrer les Socceroos dont il a suivi les matches du Mondial-2018 devant sa télévision.

C’est son retour en Europe cet été qui aura tout changé. Après un essai à Pec Zwolle (Pays-Bas) où officie son ancien entraîneur à Melbourne John van ‘t Schip – champion d’Europe 1988 -, Genreau obtient d’y être prêté.

Un changement radical d’environnement: lui qui vivait avec ses parents dans le quartier de Carlton non loin du centre des affaires de Melbourne, s’est retrouvé seul en Europe, dans une équipe où l’on compte seulement trois étrangers et aucun francophone. Il découvre une autre école de jeu. « La dimension tactique est beaucoup plus importante. Les entraînements en sont le reflet: les séances sont basées sur le positionnement, le déplacement, la circulation. Par rapport à l’Australie, c’est plus de jeu et moins de temps consacré au travail athlétique », insiste-t-il.

 

Affronter la France

Dans ce contexte, il s’est pourtant affirmé. Deuxième meilleur buteur du club durant la pré-saison, le meneur de jeu a pris part aux quatre premières rencontres de Pec Zwolle en Eredevisie avec trois titularisations.

En bonus, est tombée cette convocation australienne pour le premier stage de l’ère Graham Arnold. Le droitier retrouve des ex-coéquipiers comme Daniel Arzani, plus jeune joueur du Mondial-2018, désormais au Celtic Glasgow, John Ireadale ou encore la star Aaron Mooy. « A 16 ans, j’avais été convoqué pour un match amical avec Melbourne City et je l’avais remplacé. Pour moi, c’était alors un aboutissement ».

Désormais, il a de nouvelles ambitions. « Dans un coin de ma tête, j’avais déjà le Mondial-2022. Cela reste encore loin. Mais à quatre ans de l’échéance, je sais qu’on me regarde. Ça fait forcément plaisir ». Avec l’espoir ultime de croiser un jour la route de l’équipe de France. « J’ai toujours suivi les Bleus, sourit-il. En 2006, j’avais sept ans mais j’avais veillé jusqu’à 4 heures du matin pour regarder la finale dans le salon de l’Alliance française de Melbourne. J’ai fini en larmes… ». Maintenant, il rêve.

 

Source: AFP


N’oubliez pas de suivre Le Courrier Australien sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletter

Des idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude dans l’article ? Contactez-nous à l’adresse redaction@lecourrieraustralien.com

Comments
franckprovost
Share With: