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Depuis l’outback australien, la Corée du Nord sous haute surveillance

nbarney

A première vue, ces quelques abris en tôle ondulée au milieu du bush évoquent une modeste ferme. En réalité, le but de cette station est beaucoup plus important qu’il n’y paraît.

Warramunga Station fait partie d’un réseau mondial de haute technologie surveillant et détectant les essais nucléaires à travers la planète, en particulier ceux de la Corée du Nord. Warramunga Station est probablement la plus performante. Selon le professeur associé Hrvoje Tkalcic, en tête du projet, cette technologie peut même détecter de faibles secousses à l’autre bout du monde.« On obtient des résultats parfaits dans l’hémisphère nord en été. Il y a aussi une station similaire au Canada, mais les appareils sont brouillés en été à cause du bruit du craquement de la glace. »

La rangée de sismomètres de 20 km est située dans le centre du Territoire du Nord, à des centaines de kilomètres d’Alice Springs, et est commandée depuis l’Australian National University (ANU) de Canberra. Ces appareils sont financés par la Comprehensive Test Ban Treaty Organisation qui se situe à Viennes. « Nous pouvons faire une estimation basique du lieu, de la taille et du rayon de l’évènement, » explique le professeur Tkalcic. Les scientifiques de Viennes analysent ensuite les données de Warramunga et d’une douzaine d’autres stations dans le monde.

 

Un travail éreintant mais enrichissant

Sam Rayapaty a passé cinq ans à la station Warramunga en tant qu’administrateur technique pour vérifier que la station était opérationnelle 24 h/24.

En effet, les techniciens passent la majeure partie de leur temps à essayer de garder les équipements en sûreté en raison des conditions météorologiques extrêmes, dont des feux de brousse et des inondations. « C’est vraiment fatiguant mais définitivement enrichissant. L’expérience que nous accumulons chaque jour est inestimable, » a-t-il ajouté. De plus, les techniciens de la station sont en première ligne et voiens les données en temps réel, avant qu’elles soient transmises à Vienne. « A chaque fois, ça nous donne la chair de poule. »

Malheureusement, il s’agit également d’un travail très isolé, puisque l’activité humaine perturbe la surveillance.

 

Un des plus gros essais nucléaires jamais réalisés

Le professeur Tkalcic souligne que le dernier essai nucléaire de la Corée du Nord le 3 septembre était d’une ampleur à peu près 12 fois plus importante que celui exécuté en septembre de l’année passée. « C’est presque le plus gros essai nucléaire jamais réalisé » affirme-t-il.

Les appareils peuvent également détecter des tremblements de terre et fournir les données aux scientifiques de l’ANU qui étudient le centre de la Terre. « Nous sommes capables de détecter le moindre mouvement du sol, ce qui inclut une série d’évènements et de phénomènes naturels comme les tremblements de terre, les impacts de météorite et les tempêtes de l’océan austral.»

Mais le but principal de la station reste de protéger le monde des attaques nucléaires, en détectant notamment les essais nucléaires clandestins même de faible ampleur. Le professeur Tkalcic en est convaincu : « notre travail contribue à promouvoir la paix dans le monde ».

 

Source : abc.net.au

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franckprovost
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