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Des combustibles nucléaires australiens attendus à Cherbourg: Greenpeace assigne Orano

franckprovost

Le groupe nucléaire Orano a été assigné jeudi par Greenpeace devant le juge des référés de Cherbourg (Manche) au sujet de combustibles attendus vendredi d’Australie dans ce port, selon l’organisation écologiste.

Lors de l’audience, le juge a toutefois accepté la demande de renvoi d’Orano et le procès a été repoussé au 25 septembre, à 9h30.

« Greenpeace s’interroge sur la légalité » du contrat entre Orano et la société Ansto (Agence Australienne des Sciences et Technologies Nucléaires), qui régit ce transport, selon une copie de l’assignation d’Orano transmise par Greenpeace à l’AFP.

C’est pourquoi l’organisation écologiste demande au juge d’enjoindre Orano de lui remettre ses contrats avec Ansto dans l’optique d’un éventuel recours sur le fond contre ce contrat qui prévoit plusieurs transports.

Interrogé par l’AFP, le directeur de la communication de l’usine de retraitement de déchets nucléaires d’Orano, située à La Hague (Manche), Gwenaël Thomas, a confirmé l’arrivée « imminente » à Cherbourg de 2 tonnes de combustibles australiens, sans vouloir préciser de date.

Il a souligné que ce transport « très encadré » par un décret paru le 8 juillet 2018 avait « évidemment reçu toutes les autorisations des autorités compétentes ».

A la question de savoir si Orano allait transmettre les contrats à Greenpeace, M. Thomas a répondu que le groupe s’en remettrait à la décision du juge.

« Tous les déchets australiens issus des opérations de recyclage repartiront en Australie », conformément à la loi française selon laquelle les déchets nucléaires étrangers ne peuvent rester sur le territoire, a ajouté M. Thomas.

Les « matières valorisables comme l’uranium et le plutonium seront réutilisées sur le marché européen pour produire de l’électricité », a-t-il ajouté.

Dans l’assignation, Greenpeace s’inquiète en effet d’un « transfert de propriété du plutonium et d’uranium entre Ansto et Areva, ce qui laisse à penser qu’une partie des matières importées pourrait rester sur le territoire français ».

Le contrat « devrait conduire, à terme très éloigné (2034 voire 2040) à l’exportation vers l’Australie d’un volume de déchets radioactifs supérieur à celui qui a été importé, sans qu’aucune prévision de réutilisation des matières ainsi exportées ne soit prévues », estime l’ONG.

Selon Greenpeace, le bateau parti le 29 juillet de Sydney doit arriver vendredi vers 7H00 à Cherbourg.

Selon Orano, ces combustibles ont été utilisés pour produire des radioisotopes utilisés dans la prévention et la lutte contre certains cancers ainsi qu’au développement de la recherche fondamentale.


AFP

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