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Peter Norman

Des voix pour une statue de Peter Norman, « ostracisé » pour avoir défendu les droits humains

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Une campagne a été lancée la semaine dernière en Australie pour l’érection d’un monument à la mémoire d’un athlète australien méconnu qui, lors des Jeux Olympiques de 1968, avait soutenu le salut du Black Power de deux athlètes noirs américains.

Peter Norman, médaillé d’argent du 200m à Mexico, se tient sur le podium aux côtés de Tommie Smith et John Carlos qui lèvent tous deux un poing ganté de noir pendant l’hymne national américain, dans une protestation silencieuse contre la discrimination raciale. Peter Norman s’associe à leur geste en arborant le badge d’un mouvement pour les droits civiques, « Olympic Project for Human Rights ».

Les trois hommes payèrent cher leur geste.

Les deux Américains furent suspendus de l’équipe américaine et exclus à vie des JO. Peter Norman, qui ne regretta jamais son action, devint un paria dans son propre pays. Il fut écarté des sélections pour les Jeux Olympiques de 1972 à Munich alors qu’il avait réalisé plusieurs fois les chronos requis. Il fut aussi effacé de l’histoire olympique australienne y compris en 2000 où le comité d’organisation des JO de Sydney l’oublia pour les cérémonies.

Quarante-neuf ans après, la photo demeure une des plus célèbres de l’histoire du sport.

« Sa contribution à la cause de l’égalité raciale n’a jamais été vraiment reconnue dans ce pays », a déploré Joseph Toscano, coordinateur du Comité pour la commémoration de Peter Norman. « Je crois que la société australienne a changé. Nous voyons l’émergence de mouvements politiques et d’organisations faisant la promotion de l’inégalité raciale et de la haine. Nous pensons qu’il est important de reconnaître non seulement Peter Norman et sa famille, mais aussi la position qu’il a adoptée car chaque homme, chaque femme qui se lève fait la différence. »

 

« Fier de ce qu’il a fait »

La famille de Peter Norman parraine le comité et sa fille Janita a déclaré qu’il aurait soutenu toute initiative visant à reconnaître sa prise de position : « Il n’aurait jamais demandé cela pour lui. Il n’a jamais cherché la reconnaissance, mais les membres de notre famille sont d’accord sur le fait que c’est quelque chose qu’il aurait voulu. Il a toujours été fier de ce qu’il avait fait… Cinquante ans après, le message est toujours très important et encore pertinent« , a-t-elle précisé.

Décédé en 2004, Peter Norman était originaire de Melbourne et ses soutiens espèrent l’érection d’un monument dans cette ville. M.Toscano a affirmé que le comité souhaitait lancer une compétition internationale pour choisir le style du monument.

 

Une reconnaissance tardive

Le geste de Peter Norman est beaucoup plus reconnu aux Etats-Unis. La fédération américaine d’athlétisme a officiellement fait du 9 octobre — jour de ses funérailles — la « Journée Peter Norman ».

En 2012, le Parlement australien a finalement voté un texte présentant des excuses à l’athlète « pour le traitement dont il a été l’objet à son retour en Australie et pour n’avoir pas réussi à reconnaître pleinement sa valeur de modèle avant son décès prématuré en 2006 ».

Quant aux responsables de l’olympisme en Australie, ils continuent de nier le fait que Norman ait pu être placé en liste noire ou boudé, admettant simplement lui avoir recommandé d’être prudent dans ses déclarations publiques.

Glossaire

arborer (v.) : to display, to sport

bouder (v.) : shunned

chrono (n.m.) : time (in sports)

écarter (quelqu’un de…) (v.) : to dismiss (someone from…)

émergence de (n.f.) : rising of

hymne (n.m.) : anthem

méconnu (adj) : unsung

nier (v.) : to deny

parrainer (v.) : to sponsor, to be a patron

pertinent (adj) : relevant

gant (n.m.) : glove > ganté (adj) : wearing a glove

reconnaître (v.) (reconnu adj., reconnaissance n.f.) : to recognise

soutenir (v.) (soutien n.m.) : to support

 

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Group calls for statue of ‘ostracised’ Australian Olympian Peter Norman for human rights stand

A campaign was launched last week for a monument to recognise an unsung Australian athlete who supported two black Americans in their famous Black Power salute at the 1968 Olympics.

Peter Norman, silver medallist in the 200m at Mexico City, stood on the podium alongside US sprinters Tommie Smith and John Carlos, who both put a black-gloved fist in the air while the American National Anthem is playing, in a silent civil rights protest.

He backed their gesture and wore an Olympic Project for Human Rights badge in support.

The three men all payed a heavy price.

The two american athletes were suspended by their team and never allowed to ever participate in Olympic Games. Back in Australia, Peter Norman, who never expressed regret over his action, became an outcast in his own country. He was frozen out of Munich Games selection in 1972 despite the fact that he recorded the required times on several occasions. He was also airbrushed from Australian Olympic history and Sydney Games organisation committee for 2000 ceremonies.

49 years later, this picture remains one of the most famous in sports history.

« His contribution to racial equality has never really been recognised in this country, » Peter Norman Commemoration Committee convenor Joseph Toscano said.

« I think Australian society has changed. We are seeing the rise of political movements and organisations promoting racial inequality and hatred.

« We felt that it’s important to recognise not just Peter Norman and his family, but also the stand he took because every man, every woman who stands up makes a difference. »

Norman’s family are patrons of the committee, and his daughter Janita said he would support moves to recognise the stand he took. « It would have never been something he asked for himself, » Janita Norman said. « He was never one for self-recognition, but our family all agreed this is something he would’ve wanted. He was proud of the stand he took… Even 50 years on the message has such an importance and is still relevant now. »

Norman, who died in 2006 aged 64, hailed from Melbourne and his supporters hope a monument can be erected in the city. Toscano said they would like to set up an international competition to choose a design.

Norman is more widely recognised in the US than Australia, with the USA Track and Field Federation declaring the day of his funeral — October 9 — as Peter Norman Day.

In 2012, Canberra eventually passed a motion of apology to Norman « for the treatment he received upon his return to Australia, and the failure to fully recognise his inspirational role before his untimely death in 2006 ».

Australian Olympic officials deny Norman was ever blacklisted or shunned, and was only cautioned at the time to be careful about his public statements.

Source : AFP

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