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En 10 chiffres : Brexit et Donald Trump en Australie, et si c’était possible?

Le niveau d’insatisfaction politique des Australiens a atteint un nouveau record. Du jamais vu depuis la crise constitutionnelle de 1975. D’après une vaste étude, le pays est en dépression en matière de politique et d’économie.

Menée par l’université nationale australienne, l’étude fait le portrait d’une population méprisant son gouvernement, indifférente aux principaux partis politiques, et qui doute de la capacité des dirigeants à faire redémarrer la croissance du pays.

Les chercheurs pensent que ces résultats devraient provoquer une véritable prise de conscience. Selon eux, les conditions qui ont conduit aux récents bouleversements politiques observés en Grande Bretagne et aux Etats Unis existent aussi en Australie.

L’enquête a été réalisée auprès de 2818 personnes dans les trois mois qui ont suivi le scrutin de juillet. Voici les dix chiffres qui ont retenu notre attention:

1) Les Australiens sont-ils satisfaits de leur système politique?

Traditionnellement, les Australiens faisaient partie des peuples les plus satisfaits de leur système démocratique. Ce n’est plus le cas ! La proportion d’Australiens mécontents a atteint les 40%. Elle était de 28% après l’élection de 2013, et de 14% après l’élection de 2007.

2) Les politiciens savent-ils ce que pense la classe moyenne?

Les politiciens australiens sont de plus en plus perçus comme déconnectés des préoccupations de leurs concitoyens. Cinquante-deux pourcents des répondants expliquent que les politiciens ne les comprennent pas — le résultat le plus important depuis 2001.

3) Les Australiens font-ils encore confiance à leur gouvernement?

Seulement 26% des répondants font confiance au gouvernement. C’est le niveau le plus faible depuis 1969. Or, en 2007, 43% des personnes interrogées déclaraient faire confiance aux dirigeants politiques.

4) Pour qui roule le gouvernement?

Seulement 12% des Australiens pensent que le gouvernement agit pour l’ensemble du peuple, le score le plus bas enregistré, à égalité avec 2010. Alors que 56% d’entre eux pensent que le gouvernement est motivé par une poignée d’intérêts commerciaux.

5) Qui s’intéresse aux élections?

La campagne de huit semaines pour la double dissolution n’a pas convaincu les citoyens, avec seulement 30% d’entre eux se disant réellement intéressés par l’élection. Mais 65% d’entre eux se soucient profondément du gagnant de l’élection.

6) Qui regarde les débats politiques?

Le manque d’intérêt croissant des Australiens pour la politique les a poussés à éteindre leurs télévisions pendant la campagne. Vingt et un pourcents des répondants déclarent regarder les débats. C’est un chiffre en baisse: il se situait à 32% en 2013 et à 47% en 2010.

7) Un vote de plus en plus volatile?

Les votes australiens sont de plus en plus instables et changent d’une élection à une autre. Tout juste 40% des interrogés expliquent qu’ils ont toujours voté pour le même parti, alors qu’ils étaient 63% en 1987.

8) Que pensent les Australiens des partis politiques?

Les citoyens australiens n’ont jamais montré autant de mécontentement envers les partis majoritaires. Sur une échelle de 0 à 10, le Parti travailliste est à 4,9, le Parti libéral à 4,8 et le Parti nationaliste à 4,4.

9) Quels sont les effets du gouvernement sur l’économie?

Il y un pessimisme grandissant concernant la capacité du gouvernement à influer sur l’économie, un constat qui nous aide à comprendre le résultat décevant du premier ministre sortant Malcolm Turnbull aux élections de juillet. Soixante-dix-sept pourcents des personnes interrogées pensent que la politique du gouvernement n’aura eu aucun effet sur l’économie d’ici un an.

10) Politiques d’immigration et d’asile

Bien que l’arrivée des demandeurs d’asiles ait été ralentie en Australie, le thème de l’immigration s’est placé en pôle position des préoccupations des Australiens. Quarante pourcents d’entre eux pensent que le nombre de migrants est trop élevé, cependant, on constate une baisse de 12% par rapport à 2010.

Clémence Fernet


Source : Sydney Morning Herald

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