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Flux et reflux de la banquise australe: un casse-tête pour la navigation

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La taille de la banquise de l’Antarctique, le continent le plus reculé du monde, subit de grandes variations, ce qui représente un casse-tête pour les bateaux de touristes ou de chercheurs qui s’y rendent, ont annoncé mercredi des scientifiques.

La banquise s’est étiolée cette année, reculant à des niveaux records, relèvent aussi des météorologues et scientifiques du monde entier. Ils sont réunis cette semaine à Hobart, capitale de la Tasmanie, pour tenter de comprendre les variations de la glace et améliorer la navigation alors que de nombreux touristes visitent le continent blanc.

Des images satellite montrent que les niveaux maximum et minimum de la banquise, constituée d’eau salée glacée, ont reculé à des seuils jamais vus depuis que ces observations ont commencé en 1979.

« Il semble que les niveaux minimum de l’été et maximum de l’hiver aient établi des nouveaux records de bas », a déclaré Jan Lieser, scientifique membre du Centre de recherches sur le climat de l’Antarctique et ses écosystèmes, l’organisateur de la conférence.

Le lien avec le changement climatique n’est pas clairement établi. S’il est possible qu’il ait joué un rôle, a-t-il dit, il est trop tôt pour en tirer des conclusions, « tout simplement car la variation du système de glace marine est si élevée ».

« Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour comprendre les processus océaniques et atmosphériques fondamentaux qui expliquent les variations de la banquise de l’Antarctique ».

Le 1er mars a été observé le niveau minimum le plus bas, à 2,075 millions de kilomètres carrés tandis le niveau maximum le plus faible a été recensé le 12 septembre, avec 18,013 millions de km2.

Mais il y a seulement trois ans, la banquise avait grossi à un niveau record de plus de 20 millions de km2, illustrant les difficultés auxquelles est confrontée la navigation.

Jan Lieser ajoute qu’il est vital de mieux comprendre ces grands mouvements de balancier afin d’établir des prévisions de navigation.

En plus des bateaux transportant des chercheurs et des bateaux de ravitaillement, plus de 50 navires de croisière transportant 35.000 touristes ont visité l’année dernière le continent austral.

« Ces dernières années, on a vu un certain nombre de  navires être pris dans la glace, ce qui a conduit à des opérations de secours coûteuses, susceptibles de retarder les recherches scientifiques », a ajouté le chercheur.

« La distribution de la glace marine dans l’Arctique et l’Antarctique change rapidement depuis quelques années, et parallèlement, la pression du trafic touristique augmente ».

En 2013, un bateau russe transportant 74 scientifiques, passagers et membres d’équipage avait été bloqué par la banquise.

Une vaste opération de secours coordonnée par l’Australie avec le concours de la France, de la Chine, des Etats-Unis et de l’Allemagne avait alors été organisée mais un brise-glace chinois s’était à son tour retrouvé pris au piège.

AFP

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franckprovost
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