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French Film Festival, ‘breaky’ et cacatoès : l’interview australienne de Zabou Breitman

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En voyage autour du monde, elle a choisi de poser pour quelques jours ses valises à Sydney. L’actrice et réalisatrice Zabou Breitmann, dont la série « Paris etc. » cartonne et sera projetée au French Film Festival, nous a confié ses impressions sur l’Australie, ses habitants, et leur accent si… australien.

Après le Québec et New-York, vous êtes passée par le Japon avant de venir en Australie. Pas trop déroutée par le changement de températures ?

Pour être honnête, je m’attendais à pire ! L’hiver parisien paraît évidemment bien loin vu d’ici, mais la chaleur reste supportable, même si c’est vrai qu’au soleil, on sent qu’il n’y a beaucoup pas d’ozone au-dessus de nos têtes pour nous protéger. Au-delà de la météo, c’est plus l’ambiance et le rythme de vie australien qui m’ont en fait le plus surpris, dans le bon sens. Tout est ‘chill’ ici, les gens ne se prennent absolument pas la tête, et c’est quelque chose que j’ai ressenti dès que je suis sortie de l’aéroport. Même dans l’avion, en fait. Dans la plupart des compagnies aériennes, il y a généralement une musique douce, un peu plate et ennuyeuse au décollage et à l’atterrissage. Mais dans mon vol jusqu’à Sydney, c’était du rock bien énergique, bien punchy. Je me suis dit, là, plus de doute, tu vas bien en Australie !

Pourquoi justement avoir choisi l’Australie comme étape dans votre tour du monde ?

Ça faisait longtemps que je rêvais de venir ici. Je connais bien l’Amérique du Nord, j’adore l’Asie, mais je n’avais jamais visité l’Océanie jusqu’à maintenant. Et après quelques jours passés ici, je ne regrette pas mon choix de l’Australie. Vous savez, mon père me disait souvent que partir en voyage, c’était un peu comme aller au marché aux puces : on y trouve toujours ce que l’on n’y recherche pas. C’est exactement dans cet état d’esprit que je suis venu ici, sans planifier grand-chose à l’avance ; et au final, j’ai vraiment l’impression que ce voyage va provoquer quelque chose, me changer. Je n’ai pourtant pas passé beaucoup de temps ici, mais j’ai réellement eu plaisir à simplement me promener dans la ville, à prendre des selfies ou des photos des touristes à l’Opéra, à me balader à Manly Beach… et même à tanguer sur le ferry pris dans la houle en rentrant !

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Pourriez-vous vous installer pour plus longtemps ici, à Sydney ?

Pas dans un avenir proche, c’est sûr, mais dans un horizon plus lointain, pourquoi pas ! C’est toujours une question que l’on se pose lorsqu’on visite un endroit, et en l’occurrence, je pense que je me sentirais bien en Australie. D’abord parce que je suis une amoureuse de la nature, et que la faune et la flore qu’on trouve ici est extraordinaire. Rien qu’à Sydney, je suis émerveillée par tous les oiseaux exotiques qu’on croise dans la ville. Entre les ibis, les cacatoès et les magpies, c’est quelque chose ! Et puis tous les Australiens que j’ai rencontrés sont vraiment adorables, à la fois zen et très chaleureux.

Aucune difficulté avec l’accent aussie ?

C’est bien simple, il y a eu des fois où je n’ai pas compris un seul mot de ce qu’on me disait. Mon anglais n’est pourtant pas mauvais, mais l’accent australien peut vraiment être très fort, presque gutturale, avec des consonnances qui rappellent un peu l’accent irlandais. Il y un autre truc qui me fait rire aussi ici, c’est l’argot. On prend un « breaky » le matin, on se fume une « cigy »… Ça fait parfois un peu penser au slang qu’on entend dans les pubs de Londres, où on vous sert là aussi du « mate » à tout bout de champ.

Les trois premiers épisodes de votre série « Paris etc. », diffusée en France depuis novembre sur Canal +, vont être projetés ici, à Sydney, à l’occasion du French Film Festival organisé par l’Alliance Française en mars. Vous vous attendez à ce que le public australien accroche ?

J’espère ! Je suis en tout cas très fière que la série soit projetée ici, aussi loin de la France, surtout que c’est la première fois qu’une série va être présentée au French Film Festival. C’est très excitant de présenter ces épisodes à un public étranger, qui n’a sans doute jamais entendu parler de moi ou des autres actrices de la série, et dont le regard sur la série va donc être totalement neuf, dépourvue d’attentes ou de préjugés. Pour vous dire la vérité, je donnerais cher pour voir la réaction de la salle au début de la projection, puisque les premiers épisodes de la série démarrent par des scènes assez crûes, qui nous plongent dans l’intimité des cinq femmes autour desquelles la série est construite. Les Australiens risquent d’être quelque peu ébahis !

En matière de cinéma australien, plutôt Cate Blanchett ou Nicole Kidman ?

Les deux sont d’immenses comédiennes, mais peut-être une légère préférence pour Cate, qui a un registre d’actrice d’une richesse et d’une diversité folles. Même si c’est dur de généraliser, j’apprécie en général beaucoup le cinéma australien. J’avais notamment adoré les Mad Max des années 1980, qui étaient à l’époque terriblement novateurs. Le seul problème avec beaucoup de films australiens, c’est qu’on ne sait pas qu’ils viennent d’Australie. Il y a sans doute de nombreux réalisateurs australiens que j’adore, sans savoir qu’ils viennent d’ici…

Après Sydney, quelles prochaines étapes dans votre tour du monde ?

Je m’envole en fin de semaine vers la Nouvelle-Zélande, où ma fille doit me rejoindre pour une dizaine de jours de randonnées et de plongées avec les baleines et les dauphins. Puis je prévoyais de passer quelques jours à Bali et à Kuala Lumpur, avant de finir mon voyage en Inde, mais j’hésite de plus en plus à changer ce programme et à revenir directement à Sydney après la Nouvelle-Zélande. J’ai vraiment envie de passer plus de temps ici, de découvrir le pays, de me balader dans le bush. Et puis, tout de même, je ne peux pas quitter l’Australie sans avoir vu de kangourous !

Le French Film Festival aura lieu à Sydney du 27 février au 27 mars prochain, le programme bientôt disponible ici.


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franckprovost
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