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Immigration: Trump dans la tourmente, Obama donne de la voix

aircalin

Washington (AFP) – Isolé, critiqué de toutes parts, y compris par son prédécesseur, le président américain Donald Trump a défendu lundi sa décision de fermer les frontières aux ressortissants de sept pays musulmans et balayé les critiques d’un revers de manche.

Au moment où les manifestations et les dénonciations – du monde politique aux monde des affaires – contre les décrets de l’administration Trump se multiplient, Barack Obama s’est dit encouragé par « le niveau de mobilisation » à travers le pays.

L’ancien président démocrate avait promis de se tenir à l’écart du débat politique sauf si « les valeurs fondamentales » de l’Amérique étaient menacées: dix jours seulement après son départ de la Maison Blanche, il a jugé que c’était déjà le cas.

« Le président (Obama) est en désaccord fondamental avec la notion de discriminer des individus en raison de leur croyance ou de leur religion », a rappelé son porte-parole, Kevin Lewis.

Wall Street a terminé baissé (Dow Jones -0,61%, Nasdaq -0,83%). »Il y a clairement un grand malaise », a résumé Bill Lynch, de Hinsdale Associates. »C’est peut-être la fin de la lune de miel ».

De fait, nombre de grands groupes, en particulier ceux de la Sillicon Valley qui emploient des milliers d’ingénieurs étrangers – Apple, Microsoft, Google, Airbnb ou encore Netflix – ont jugé « contraires aux valeurs américaines » les décrets de l’ancien homme d’affaires de New York devenu président.

Goldman Sachs, l’une des plus puissantes banques d’affaires au monde, dont d’anciens dirigeants ont été nommés à des postes influents au sein de l’administration Trump, a critiqué à son tour lundi le décret présidentiel. »Ce n’est pas une politique que nous soutenons », a fustigé le PDG Lloyd Blankfein dans un message audio interne dont l’AFP a obtenu le texte.

– « Coincé à Khartoum » –

De partout à travers le monde, les témoignages affluent de ressortissants des pays concernés par les restrictions qui dénoncent, entre abattement, incrédulité et colère, les mesures abruptement mises en place par la nouvelle administration américaine.

Eltirmizy Mohamed, docteur soudanais de 34 ans, qui vient de passer trois années de formation à Atlanta (Géorgie), devait retrouver cet Etat du Sud pour s’y installer.Le décret Trump l’a coupé net dans son élan.

« J’ai soigné nombre de sans-abris et d’Américains pauvres pendant les trois années que j’ai passées aux Etats-Unis », raconte-t-il. »J’avais prévu d’aller travailler dans les zones rurales de Géorgie où les besoins en médecins sont énormes.Mais je me retrouve coincé à Khartoum », déplore-t-il.

Sur la défensive, le président républicain a, dans une salve de tweets matinaux lundi, mis en cause, pêle-mêle, une défaillance informatique au sein de la compagnie aérienne Delta, les manifestations ou encore les réactions faussement outrées selon lui de nombre d’élus du Congrès.

« Tout se passe bien avec très peu de problèmes », a-t-il affirmé, contre toute évidence, citant le secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly.

Visiblement désireux d’attirer l’attention médiatique sur un sujet plus consensuel au sein de son propre camp, l’homme d’affaires septuagénaire a décidé d’accélérer l’annonce de son candidat pour occuper le neuvième siège de magistrat à la Cour suprême.Elle aura désormais lieu mardi, au lieu de jeudi.

– Diplomates en « dissidence » –

Du jamais vu moins de deux semaines après l’investiture du président des Etats-Unis, plusieurs diplomates américains ont protesté contre le décret, en utilisant un canal officiel dit de « dissidence ».

Les employés du ministère – qui sont 70.000 toutes catégories confondues – ont le droit d' »exprimer leurs opinions avec franchise et de manière confidentielle auprès de leur hiérarchie », a souligné le porte-parole de la diplomatie américaine Mark Toner.

Mais la Maison Blanche a peu apprécié : « Soit ils acceptent le programme, soit ils s’en vont », a déclaré Sean Spicer, porte-parole de Donald Trump.

Au-delà des Etats-Unis, la vague d’indignation soulevée par l’initiative de la Maison Blanche ne faiblissait pas.

Haussant le ton, la chancelière allemande Angela Merkel a estimé que la lutte contre le terrorisme ne justifiait en aucune manière « de généraliser le soupçon contre les personnes en fonction de leur croyance, en l’occurrence ici des personnes de foi musulmane ».

Au Royaume-Uni, une pétition signée par plus de 1,4 million de personnes a demandé au gouvernement d’annuler la visite d’Etat de Donald Trump prévue dans l’année, ce que le gouvernement a exclu.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Londres contre le décret, dénonçant aussi le retard mis par la Première ministre britannique à le critiquer. »Non au racisme, non à Trump », pouvait-on lire sur des pancartes. « Theresa May, honte à toi! », chantait la foule, huant la dirigeante conservatrice.

Le décret signé vendredi par Donald Trump interdit pendant 90 jours aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane considérés comme des viviers terroristes par Washington d’entrer sur le territoire américain: Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

L’exécutif américain a assuré les Nations unies que leurs employés pourraient continuer à entrer aux Etats-Unis même s’ils venaient des sept pays à majorité musulmane affectés par le nouveau décret migratoire.

Le ministre de la Justice de l’Etat de Washington (nord-ouest) a déposé une plainte demandant l’arrêt immédiat de l’application du décret. 

« Personne n’est au-dessus de la loi, pas même le président », a déclaré le ministre démocrate Bob Ferguson lors d’une conférence de presse. »Et au tribunal, ce n’est pas toujours celui qui parle le plus fort qui l’emporte.C’est la Constitution ».


Source: AFP
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nbarney
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