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Irak: les forces de sécurité tentent d'éliminer les jihadistes encore à Kirkouk

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Kirkouk (Irak) (AFP) – Des affrontements entre forces de sécurité et jihadistes du groupe Etat islamique (EI) se poursuivaient samedi à Kirkouk, dans le nord de l’Irak, où des attaques de l’EI ont fait au moins 46 morts et pris les autorités par surprise en pleine offensive militaire sur Mossoul.

Au sixième jour de l’offensive des forces irakiennes sur Mossoul, dernier bastion des jihadistes en Irak, Bagdad a dû envoyer des renforts vers Kirkouk pour débusquer les combattants de l’EI, snipers et potentiels kamikazes, encore présents dans cette ville sous contrôle kurde où un couvre-feu total a été maintenu.

Les opérations militaires pour reprendre à l’EI la deuxième ville d’Irak, qu’il contrôle depuis juin 2014, seront au cœur d’une visite à Bagdad samedi du secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, dont le pays dirige la coalition internationale antijihadistes qui soutient les forces irakiennes.

Dans une tentative de détourner l’attention du front de Mossoul, des jihadistes avaient attaqué aux premières heures de vendredi divers bâtiments gouvernementaux de Kirkouk et pris position dans plusieurs quartiers de cette ville.

Des habitants s’étaient notamment réveillés au son de louanges à la gloire de l’EI scandées par les hauts-parleurs d’une mosquée où des assaillants étaient entrés.

Cette attaque a fait 46 morts et 133 blessés, principalement des membres des forces de sécurité, a déclaré à l’AFP un responsable militaire du ministère irakien de l’Intérieur.Ce bilan a été confirmé de source médicale à Kirkouk.

Quarante-huit jihadistes ont également été tués dans l’attaque, a indiqué le chef de la police de Kirkouk.

Un jihadiste arrêté vendredi a affirmé que l’attaque avait été planifiée par le chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, pour « réduire la pression sur le front de Mossoul », selon des propos qu’il a tenus lors d’un premier interrogatoire auquel un journaliste de l’AFP a assisté.

Selon le gouverneur de la province de Kirkouk, l’EI a probablement activé des cellules dormantes pour mener à bien ce raid de type « inghimasi », terme décrivant une opération menée par des hommes ceinturés d’explosifs, actionnés en dernier recours, pour semer la panique et faire un maximum de victimes plutôt que d’atteindre un objectif militaire précis.

– Paranoïa –

Samedi, les forces fédérales ont avancé à Qaraqosh selon le commandement joint des opérations.La prise totale de cette ville, qui était peuplée de chrétiens avant l’arrivée de l’EI, permettrait de s’approcher de la périphérie est de Mossoul.

Les combattants kurdes menaient parallèlement une opération au nord-est de Mossoul mais se plaignaient d’une couverture aérienne jugée insuffisante de la part de la coalition internationale.

Les jihadistes ont toutefois effectué des dizaines d’attaques suicide pour ralentir la progression des forces de sécurité.

Une source gouvernementale française a indiqué à l’AFP que l’entrée dans Mossoul même ne se ferait pas avant un mois.

Avec 3.000 à 4.500 jihadistes à l’intérieur de la ville pour contrer des dizaines de milliers de membres des forces de sécurité, la bataille de Mossoul paraît déséquilibrée mais il faudra probablement engager une vaste guérilla urbaine contre les jihadistes dans une cité qui compte plus d’un million d’habitants.

La communauté internationale et des ONG s’inquiètent particulièrement du sort de ces civils qui resteront piégés dans la ville tant que les forces de sécurité ne s’en seront pas suffisamment rapprochées pour mettre en place des couloirs d’évacuation.

Selon des habitants contactés par l’AFP, les conditions de vie se détériorent de jour en jour à Mossoul et les réserves de nourriture diminuent alors que la paranoïa des informateurs de l’EI ne fait qu’augmenter.

– ‘Gros travail’ –

A Bagdad, la visite non annoncée du chef du Pentagone doit lui permettre de rencontrer le chef militaire de la coalition internationale, le général américain Stephen Townsend, et le Premier ministre irakien Haider al-Abadi.

Mais elle doit aussi servir à aplanir le différend entre Bagdad et Ankara sur la participation de troupes turques aux opérations de reprise de Mossoul, à laquelle le gouvernement irakien a dit être opposé.La Turquie dispose d’une base militaire au nord de Mossoul.

Selon M. Carter, un accord de principe pour une telle participation a toutefois été trouvé entre les parties mais il faut encore en définir les « modalités pratiques ».

Le secrétaire américain à la Défense entend également discuter à Bagdad des efforts nécessaires pour que Mossoul, une fois reconquise, puisse retourner à une vie normale.

« Il y aura un gros travail de reconstruction et de stabilisation à faire », a déclaré le chef du Pentagone aux journalistes qui l’accompagnent.Il est « crucial » que ces efforts « ne soient pas en retard sur l’effort militaire » en cours, a-t-il souligné.

Les Etats-Unis, qui comptent plus de 4.800 soldats en Irak, apportent un soutien logistique important aux forces irakiennes.


Source: AFP
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NCT
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