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JC Rowland

Jean-Claude Rowland, un ancien combattant à Anzac Day

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Comme ses amis de l’Association des Anciens Combattants Français du Victoria, Jean-Claude Rowland, 82 ans, représentera la France lors des commémorations de Anzac Day. Pour Le Courrier Australien, il revient sur son parcours et nous emmène dans les coulisses de l’imposant défilé du 25 avril à Melbourne.

Né en 1935 à Paris, Jean-Claude admet volontiers ne pas avoir participé à la deuxième guerre mondiale. Trop jeune évidemment ! Mais certains souvenirs restent vivaces. « J’avais 4 ans quand la ville du Havre où je vivais a été bombardée. Ma mère, mes frères et sœur et moi-même avons été évacués en Normandie. Je m’en souviens très bien.«  Il se rappelle aussi l’arrivée des Américains au Vésinet où la famille a fini par s’installer. Puis la vie reprend son cours. Le jeune Rowland passe deux ans au petit séminaire, puis en revient. La prêtrise, non merci. Ce qui le tente, c’est le voyage. Il commencera par traverser la Manche à 17 ans pour apprendre l’anglais et renouer avec les racines d’un grand-père britannique.

En 1955 le service militaire l’accapare. Il fera partie des Forces Françaises en Allemagne. C’est là qu’il passe le concours des EOR (Ecole des Officiers de Réserve). Sa place de 2ème au classement lui permet d’être affecté dans une unité de transport… en Algérie. « J’ai eu la chance de ne pas intégrer une unité de combat. Même si les risques et la tension étaient là, j’ai vécu la guerre de manière assez protégée. » Il travaille à la sécurité routière, gère les arrivées de véhicules, leur déploiement, leur consommation… Une activité de logistique qui le fait voyager à travers le désert du Sahara et jusqu’à Constantine. L’homme d’aujourd’hui regarde avant bienveillance le grand naïf de l’époque. « Je ne me rendais pas compte du danger. Sans doute parce que j’étais si jeune. » Il garde de cette période des souvenirs heureux. « J’ai beaucoup aimé l’Algérie et l’Australie m’a attiré car je voyais des similitudes entre les deux pays. »

L’Australie, il y vient à 29 ans. « J’ai pris un billet et j’ai voyagé 6 semaines sur un cargo avec une grand-mère espagnole qui rejoignait son fils à Sydney. Elle a pleuré tout le voyage. » A cette époque, Jean-Claude quitte un poste d’acheteur au Printemps pour sillonner le pays avec une caméra. Il a le projet de suivre les traces de Mal and Mike Leyland, les deux frères pionniers dans le documentaire sur l’outback. Hélas, il réalise vite que seul, il n’y arrivera pas. Mais le pays a gagné son cœur. Il ne quittera plus Melbourne.

« L’Association des Anciens Combattants Français du Victoria, je l’ai connue par le bouche à oreille il y a 12 ans environ, en fréquentant le consulat. Aujourd’hui, nous comptons une soixantaines de membres. » Une dizaine d’entre eux se réunit chaque mois, l’occasion de parler français et parfois des années de guerre. Les adhérents viennent de tous les milieux, les parcours sont variés. Certains sont d’anciens légionnaires. D’autres ont été parachutistes. « Cependant, nous vieillissons tous. Avec un décès par an à peu près, le groupe diminue. » Il y a des guerres récentes qui ont affecté des combattants français qui vivent aujourd’hui dans le Victoria. Claude Midon, le président de l’association, les accueillera à bras ouverts.

Ici, en Australie, les commémorations sont nombreuses, émouvantes et imposantes. Jean-Claude n’est pas seul à le remarquer. Par le passé, certains de ses amis en visite à cette occasion s’en sont étonnés. On constate une vraie différence avec ce qui ce passe en France. Une plus forte communion peut-être ? « Nous défilons le 25 avril pour Anzac Day, avec toutes les associations concernées. Il y a les Américains, les Polonais, les Italiens… Il y a un ordre fixe, mais un roulement permet de changer chaque année la position. Ceux qui défilent en tête, seront les derniers l’année suivante. » Cette ambiance solennelle a beaucoup touché Jean-Claude la première fois. Depuis, il a eu de nombreuses occasion de porter le drapeau tricolore et ses médailles. En moyenne, il y a 6 célébrations par an au Shrine of Remembrance. L’association française y est toujours bien accueillie. D’ailleurs, la veille de Anzac Day, le 24 avril, Jean-Claude s’y recueillera pour « Villers-Bretonneux Day ». En France, dans cette ville, un mémorial affiche les noms des 10 773 soldats australiens sans tombe connue, morts en France entre 1916 et la fin de la grande guerre.

Etre ensemble ce jour-là aussi, c’est important.

La marche des vétérans : dès 9 am le 25 avril au coin de Swanston et Flinders Streets.

Pour en savoir plus sur le programme de Anzac Day : cliquez ici.

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