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La croissance en France atteint 1,1% en 2016, moins qu'attendu

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Paris (AFP) – Une croissance désespérément molle: le Produit intérieur brut (PIB) français a progressé de 1,1% en 2016, un chiffre décevant au vu des objectifs fixés par le gouvernement, qui tablait sur une hausse de 1,4% pour la dernière année pleine du quinquennat de François Hollande.

Sur le seul quatrième trimestre, l’activité économique a toutefois accéléré, augmentant de 0,4%, après la hausse de 0,2% du troisième trimestre et un recul de 0,1% au printemps, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Cela porte à 1,1% la croissance sur l’ensemble de l’année, et à 1,2% hors correction des jours ouvrés, des chiffres légèrement inférieurs à ceux de 2015, où l’activité avait augmenté de 1,2% (1,3% hors correction des jours ouvrés).

Cela n’a pas empêché le ministre de l’Economie et des Finances Michel Sapin de saluer une bonne tenue de l’activité.

« Pour la deuxième année consécutive, l’activité économique aura été dynamique et aura permis de faire reculer le chômage, tout en réduisant le déficit public », a estimé le ministre, dans une réaction transmise à l’AFP.

L’inversion de la courbe du chômage, tant promise par le président François Hollande, s’est bel et bien concrétisée en 2016, Pôle emploi enregistrant sa première baisse annuelle depuis 2007.Le chômage reste toutefois massif en France, avec 3,47 millions de personnes sans activité (catégorie A) en métropole et 3,73 millions en France entière.

Pour M. Sapin, les chiffres du quatrième trimestre sont « le signe d’une reprise qui s’installe durablement et, surtout, qui prend de l’ampleur ».

« La confiance des ménages comme des chefs d’entreprise se situe à des niveaux élevés et promet un début d’année 2017 très dynamique, tant en termes d’activité que de créations d’emploi », a souligné le ministre.

– Consommation plus dynamique –

Selon l’Insee, la croissance devrait s’établir à 0,3% sur un an, puis à 0,4% aux premier et deuxième trimestre 2017, grâce notamment à la bonne tenue des exportations.

Le taux de chômage devrait pour sa part légèrement reculer, pour atteindre à la mi-2017, 9,5% de la population active en métropole et 9,8% avec l’outre-mer, grâce à un nombre d’emplois créés suffisant pour absorber la hausse de la population active.

En 2016, les dépenses de consommation des ménages, qui contribuent traditionnellement en France à la solidité de l’activité, ont progressé de 1,8% sur un an (+0,6% au quatrième trimestre), après +1,5% en 2015.

L’investissement des entreprises, autre moteur indispensable à une reprise durable de l’activité, a pour sa part progressé de 4,3%, soit deux fois plus que l’année précédente (+2%).

Il a notamment accéléré au quatrième trimestre après deux trimestres plus moroses, les chefs d’entreprise anticipant la fin du dispositif de suramortissement fiscal sur les investissements productifs, prévue en avril.

Les exportations ont en revanche nettement décéléré en 2016, n’augmentant que de 0,9% après une hausse de 6% en 2015. »Par conséquent, le solde extérieur pèse davantage sur la croissance en 2016 qu’en 2015 (−0,9 point après −0,3 point », a indiqué l’Insee.

Dans un communiqué, Bercy a estimé que « les évolutions récentes de l’activité, le renforcement de certains dispositifs publics, notamment avec le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) qui passe en 2017 de 6% à 7% de la masse salariale, devraient encore accentuer cette bonne dynamique ».

Le gouvernement a prévu dans ses textes budgétaires que le PIB augmenterait de 1,5% en 2017.Mais de l’avis des économistes, ce chiffre est nettement surévalué.

Selon Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque, « les différentes mesures prises par le gouvernement ont pu être positives pour le moral des investisseurs, mais du point de vue macro-économique, elles ont eu un impact très faible ».

Et avec la remontée de l’euro, du prix du baril de pétrole et des taux d’intérêt qui se profile, la croissance devrait être « plus faible que ce qu’anticipe le gouvernement, voire plus faible que les années précédentes », a-t-il assuré.


Source: AFP
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