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La Déclaration d’Uluru restera lettre morte

aircalin

Le 26 octobre, Malcom Turnbull a annoncé que son cabinet rejetait l’idée émise dans la Déclaration d’Uluru d’une reconnaissance d’une voix des Aborigènes au sein du parlement. Il était demandé que cette représentation soit inscrite dans la constitution, nécessitant, de ce fait, le recours à un référendum. « Trop ambitieux » a déclaré le premier ministre, estimant qu’une telle démarche n’obtiendrait pas le soutien de la majorité.

La Déclaration d’Uluru (venue du « cœur de la nation ») a été esquissée après trois jours d’un sommet extraordinaire qui a réuni, en mai dernier, 300 Aborigènes et représentants des Iles du Détroit de Torres, ainsi que de nombreux experts juridiques. Il faisait suite à un an de consultations. L’événement a été organisé sous la houlette du « Conseil pour la Reconnaissance » mis en place par le gouvernement pour développer un modèle de constitution qui soit soutenu par les Premières Nations.

La Déclaration mise de côté, le gouvernement en reviendrait aux recommandations présentées dans un rapport de 2015 avec une reconnaissance « symbolique » des Aborigènes – une idée d’ores et déjà rejetée par ces derniers et qui a déjà fait l’objet d’un référendum en 1999.

De nombreuses voix se sont aussitôt élevées pour dénoncer la position de Malcom Turnbull. Pour Dylan Lino, expert juridique à l’université de Western Australia c’est « un acte de mesquinerie illégitime ». Suzanne Thompson et Josie Crawshaw, qui ont dirigé les groupes de travail lors du sommet, sont déçues elles aussi. « Le peuple a parlé », a déclaré Suzanne Thompson au Guardian. « C’est l’une des choses les plus frustrantes. Je suis sûre que cela passerait au référendum… c’est juste de la frilosité. » En outre, des discussions continuent pour préciser la forme de cette « voix aborigène » au parlement. Pour elle, ce rejet est donc prématuré. « Nous sommes des personnes patientes, a-t-elle néanmoins ajouté, nous avons attendu 200 ans pour être reconnus et entendus dans ce pays et voulons faire partie du document qui le fonde. »

A la tête du Darkinjung Aboriginal Land Council, Sean Gordon s’est, lui aussi, exprimé sur abc vendredi : « Nous avons identifié l’origine de notre impuissance. Nous avons avons tracé la cause de ce qui nous empêche de combler les inégalités. Nous n’avons pas d’influence sur les décisions qui nous concernent. Les actions du gouvernement (…) ne feront pas rentrer le génie dans sa bouteille. Nous allons nous regrouper. Nous allons demander que nos voix soient entendues. »

Sources : abc et guardian

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