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La Défense australienne reprend la main sur son stockage de données

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Le ministère de la défense va mettre un terme à son contrat avec un centre de données basé à Sydney après qu’un consortium chinois ait racheté la moitié de la maison mère. Ses fichiers sensibles seront transférés dans un centre détenu par le gouvernement dès 2020.

Le gouvernement est prêt à débourser 200 millions AU$ en dépit du fait que le centre de données visé, propriété de Global Switch, ait assuré que les fichiers étaient en sécurité.

Global Switch détient deux centres de données de haute sécurité à Ultimo, où sont stockés des informations gouvernementales classifiées, dont des fichiers sensibles de défense et de renseignement. Le département de la Défense avait signé un contrat de 10 ans en 2010 avec Global Switch pour leur transférer ses données, jusque-là stockées dans un centre obsolète à Deakin, dans la banlieue de Canberra.

Ces centres ont une capacité de stockage énorme, des sources d’alimentation multiples, des connections internet à large bande passante et d’un portail d’accès qui permet un accès sécurisé aux organismes du secteur public, accrédité par l’Australian Signals Directorate (agence de renseignement australienne spécialisée dans les signaux et la sécurité des informations).

« Une vulnérabilité », selon les experts

En décembre, le consortium chinois Elegant Jubilee a acheté 49% des parts d’Aldersgate Investments, la maison mère de Global Switch — une transaction chiffrée à 4 milliards AU$.

L’ex-secrétaire à la Défense britannique, Sir Malcom Rifkind, est parmi les politiciens et experts à avoir tiré la sonnette d’alarme au sujet de la sécurité lorsque l’accord a été conclu.

Peter Jennings, le directeur de l’Australian Strategic Policy Institute (institut australien de stratégie politique) estime que la gestion des données est un domaine qui évolue rapidement. « Nous voyons comment certaines parties arrivent à utiliser des techniques cybernétiques pour voler des informations ; combiné au problème de propriété des entreprises qui permettent aux agences de renseignement d’accéder au matériel et aux logiciels, cela constitue une vulnérabilité. »

Damon Reid, le directeur de Global Switch pour la zone Asie-Pacifique, a réagi en déclarant qu’ils n’avaient pas accès aux données de leurs clients ni ne leur fournissaient de service informatique. « Global Switch fonctionne avec un niveau maximal de sécurité et nos actionnaires n’ont pas accès physiquement aux centres de données. »

Des économies importantes pour le gouvernement

Les agences fédérales ont commencé à stocker leurs données dans des centres privés il y a dix-sept ans. L’une des obligations que doivent satisfaire ces centres est qu’ils démontrent qu’ils peuvent stocker des systèmes de sécurité nationale, y compris avec accès « Restreint » ou « Secret ». Les données classées « Top secret » ne sont pas stockées dans ces centres privés. Cinq opérateurs de centres de données privés, dont celui de Global Switch à Sydney, avaient été approuvés et devaient permettre d’économiser 1 milliard AU$ sur les 15 prochaines années.

Le gouvernement dépense actuellement environ 1 milliard AU$ par an pour le stockage de ses données dans des « data hub ».

Suite à une étude du Foreign Investment Review Board (bureau australien chargé de vérifier les investissements étrangers) déclenchée après l’accord conclu avec le consortium chinois, le gouvernement avait exigé d’avoir l’assurance que les centres de données australiens seraient toujours détenus et exploités à 100% par Aldersgate Investments.

Finalement, à l’expiration du contrat avec Global Switch en 2020, les données retourneront dans le giron du gouvernement.

Source : abc.com.au

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franckprovost
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