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La dette nationale dépasse les 500 milliards de dollars

L’augmentation de la dette nationale depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de coalition est deux fois plus importante que celle sous le gouvernement travailliste pendant la crise financière. Elle a atteint 500 milliards AU$ de dollars ce vendredi.

Lorsque les travaillistes sont arrivés aux commandes en 2007, la dette brute était de 58 milliards AU$ . En septembre 2013, elle était de 270 milliards AU$ , soit une augmentation de 212 milliards AU$ en plein contexte de crise financière mondiale. Les 230 milliards AU$ de dette supplémentaire sont donc à imputer au gouvernement de coalition.

Forts de ce constat, le parti travailliste est monté au créneau ce jeudi en tirant à boulets rouges sur le gouvernement actuel.

Le premier ministre Malcom Turnbull et le ministre des finances Scott Morrison ont vaillamment tenté de rejeter la faute sur les « dépenses inconsidérées » des travaillistes ces dernières années. Cependant, les prévisions budgétaires de mai anticipent que la dette brute devrait continuer à augmenter sous le gouvernement de coalition, et pourrait monter à 540 milliards AU$ en 2017-2018, 582 milliards AU$ en 2018-2019, 606 milliards AU$ en 2019-2010 et finalement atteindre 725 milliards AU$ en 2026-2027.

L’augmentation de la dette est un fardeau pour les générations futures. Les intérêts de la dette actuelle — qui pour la plupart partent à l’étranger — sont d’ores et déjà de 17 milliards AU$ chaque année, soit 46,6 millions AU$ par jour. Et ceci alors que les intérêts sont au plus bas. Lorsque la banque mondiale remontera ses taux, cela pourrait engendrer soit une charge de la dette insupportable, soit une coupe drastique dans les services afin de rembourser les emprunts.

Une dette en recul dans de nombreux pays

En outre, l’augmentation de la dette australienne est en contradiction avec les tendances dans les autres pays développés. Avec la reprise actuelle de l’économie, la plupart des économies bien gérées remboursent actuellement la dette contractée pendant la crise financière mondiale. C’est le cas dans de nombreux pays notamment européens. Même Donald Trump a réduit la dette des Etats-Unis de 113 milliards US$ depuis le mois de février.

L’Australie était aussi sur le point de commencer à réduire sa dette lors la dernière année sous le gouvernement travailliste. La dette brute avait diminué sur deux mois (-12,7 milliards AU$ en mai 2013). Au cours des onze derniers mois sous l’administration Gillard/Rudd, la dette n’avait augmenté que de  1,89 milliard AU$ par mois en moyenne (contre 6,99 milliards AU$ par mois en moyenne cette dernière année).

Avant l’élection de 2013, Tony Abbott, à l’époque leader de l’opposition, avait pourtant affirmé que la coalition avait « identifié 50 milliards AU$ d’économies possibles, soit une réduction de la dette de 30 milliards AU$. »

Des choix politiques confirmés par le gouvernement de la coalition

Le ministre des finances Scott Morrison a déclaré la semaine dernière : « Nous avons fait le bon choix, celui de rétablir l’équilibre budgétaire à un rythme responsable et mesuré, avec des mesures bien planifiées qui ne vont pas ralentir la croissance économique. » Le gouvernement de la coalition avait cependant prévu dans son budget de 2014 un déficit minime de AU$ -2,8 milliards en 2017-2018. Ce chiffre a été revu en 2015 à -14,4 milliards AU$, puis à -26,1 milliards AU$ en 2016 et enfin, en mai dernier, à -29,4 milliards AU$.

M.Morrison a étagement ajouté : « Nous avons fait le bon choix, celui d’investir dans la productivité, ce qui stimule la croissance dans les infrastructures publiques. » Cependant, les chiffres d’ABS montrent que les dépenses dans l’infrastructure sont au plus bas. Les constructions dans le domaine du bâtiment et de l’ingénierie étaient en recul au premier trimestre 2017 — pour la douzième fois sur les quatorze derniers trimestres.

M.Morrison a enfin affirmé : « Nous avons fait le bon choix, celui de réformer notre système de taxation des entreprises pour le rendre plus compétitif. »

Cependant, comme nous l’avons constaté la semaine dernière, les recettes de l’impôt sur les sociétés ont chuté de moitié par rapport aux années sous l’administration Howard, Rudd et Gillard, malgré des profits en forte progression.

Cela tient au fait que les entreprises ne choisissent d’investir que si la demande pour les biens et les services augmente. En Australie, depuis 2013, l’appauvrissement des salariés à revenu faible et intermédiaire et celui des bénéficiaires de l’aide sociale ont réduit cette demande.

Jeudi, les travaillistes ont sommé le gouvernement d’abandonner son plan de réduction d’impôt sur les sociétés, qui selon les propres estimations de ce dernier, devrait amputer les recettes de l’état de 65 milliards AU$ entre 2017 et 2027.

Source : thenewdaily.com.au

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franckprovost
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