Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeAFPLa "Jungle" en cours de démolition, des migrants toujours dans la zone de Calais

La "Jungle" en cours de démolition, des migrants toujours dans la zone de Calais

tfm

Calais (AFP) – Les pelleteuses ont entamé à grande échelle, jeudi, la destruction de la « Jungle » de Calais, quasiment désertée, mais des migrants erraient toujours dans cette zone, entre candidats au départ vers des centres d’accueil et ceux bien décidés à passer en Angleterre.

En fin de journée, les forces de l’ordre avaient bloqué quelque 120 migrants, visiblement à bout, dans une rue à proximité de l’ancien camp, les empêchant d’y entrer de nouveau.Des militants de l’ultra gauche No Border s’étaient mêlés à eux, selon une source policière. 

Puis, finalement, menée par des associations, la centaine de migrants, dont visiblement un bon nombre de mineurs, s’est dirigée, balluchons à la main, vers le sud de la +Jungle+, où ils ont investi des anciens lieux de vie pour y passer la nuit.

« On ne peut pas dire que l’opération est terminée s’il y a encore du monde.L’Etat a des obligations envers ces migrants qui sont mineurs pour beaucoup », a affirmé Anne-Lise Coury, coordinatrice MSF.

Dès 08H30 jeudi, les pelleteuses étaient entrées en action pour raser le bidonville.Objectif: faire rapidement place nette pour éviter tout « appel d’air », a expliqué la préfète Fabienne Buccio, car « on a commencé à voir arriver des migrants d’Allemagne, de Paris et d’ailleurs ». Ces travaux seront terminés « lundi soir ». 

Entre 6.400 et 8.100 personnes y vivaient encore la semaine dernière, principalement venues d’Afghanistan, du Soudan et d’Érythrée.Au total, 6.000 migrants, selon la préfète, sont « passés par le sas » installé lundi au début de l’opération d’évacuation et fermé mercredi soir.

– ‘Eviter les squats’ –

Jeudi, huit bus sur les dix mis en réserve, transportant en tout 226 majeurs et 16 mineurs, sont encore partis de Calais, selon Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii).

Des associations, dont L’Auberge des migrants et le Secours catholique ont, elles, affirmé qu’entre 2.000 et 3.000 migrants ayant fui la « Jungle » se son ré-installés ailleurs, dans le Calaisis ou à Paris, destination confirmée par la police aux frontières (PAF). 

« Après le démantèlement, je maintiendrai des forces de l’ordre pour faire des contrôles en profondeur, démanteler les squats, permettre l’orientation des migrants vers les CAO, reconduire à la frontière ceux qui relèvent de l’immigration irrégulière », a assuré le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, lors des questions au gouvernement au Sénat.Selon la Cimade, 90 placements en rétention ont d’ailleurs été opérés depuis lundi.

Selon le ministre, depuis début 2016, « près de 2.000 migrants irréguliers ont été reconduits aux frontières à partir de Calais.

« Il faut impérativement éviter la reconstitution de squats.Il sera inacceptable que les Calaisiens ne se retrouvent à nouveau dans une situation insupportable qui n’a que trop duré », a affirmé de son côté la maire de Calais, Natacha Bouchart, dans une lettre ouverte aux Calaisiens.

– Lande fantôme –

Jeudi matin, peu avant le début du déblaiement, une centaine de migrants s’étaient massés devant le centre de transit.Ils se disaient tous mineurs, dans l’espoir d’être accueillis en Grande-Bretagne.

Mais ce sas est désormais fermé « et ne rouvrira pas », a martelé la préfète, car « nous n’avons pas vocation à devenir un sas d’entrée vers tous les CAO (centres d’accueil et d’orientation) de France ». A l’extérieur du centre de transit, certains ont dormi dehors par grand froid.

S’ils ont pris cette décision, c’est aussi « parce qu’il n’y a pas de place » dans les conteneurs chauffés du Centre d’accueil provisoire (CAP), en bordure de la « Jungle », réservé désormais aux mineurs, s’est plaint Abdelhadi, Afghan de 16 ans.

Il contient 1.500 places mais affiche complet depuis mercredi et une quarantaine de mineurs ont dormi devant son entrée principale… »Une minorité », tempère la préfète.

Sur ce sujet « nous poursuivons les discussions avec les Britanniques », en vue de leur admission dans ce pays, a déclaré M. Cazeneuve.De son côté, le gouvernement britannique a appelé la France à protéger « comme il se doit » les mineurs toujours bloqués dans la zone de Calais.

Quant à la « Jungle », elle ressemblait à une ville fantôme seulement arpentée par quelques mineurs, jonchée de débris et de carcasses d’objets divers après les incendies de mercredi.Quelques migrants ont pourtant dormi là, comme cet Afghan, dans sa caravane: « Je n’ai pas peur de la police », lance-t-il, bravache.


Source: AFP
Comments
tfm
Share With:
Tags