Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeActuLa mondialisation des croissants provoque une pénurie de beurre français
croissants

La mondialisation des croissants provoque une pénurie de beurre français

gjfood

On est loin de l’époque où le beurre s’accumulait et où la Communauté Européenne devait intervenir pour absorber les surplus. Un nouvel engouement pour les beurres non allégés dans le monde occidental, ainsi que la demande croissante de viennoiseries françaises en Asie, ont provoqué une pénurie de beurre dans le pays d’origine du croissant.

Dans toute la France, les commerces ont de plus en plus de mal à garnir leurs rayons.

« Du fait de la pénurie de lait français, nos fournisseurs n’arrivent plus à honorer nos commandes de beurre » pouvait-on lire dans un Intermarché au nord de Rouen, une ville située en Normandie, en plein cœur du pays laitier.

Dans un Super U du centre de Paris, l’une des marques les plus populaires de beurre — un beurre salé de l’ouest de la Bretagne — a disparu. « Les clients ont fait des stocks, particulièrement les propriétaires de restaurants locaux. Pour le moment on arrive à s’en sortir mais nous avons été prévenus que la pénurie allait s’amplifier », explique le directeur du magasin, qui souhaite garder l’anonymat.

L’agitation sur le marché du beurre a commencé lorsque l’Union Européenne a supprimé les quotas laitiers en 2015. Cela a d’abord provoqué un afflux de lait, avec un effondrement des prix qui a conduit les producteurs laitiers à réduire considérablement leur production.

 

La folie des croissants en Chine

Cette diminution de la production est arrivée alors que le beurre faisait son grand retour dans le monde occidental, suite à des recherches montrant que les graisses saturées — depuis longtemps liées aux maladies cardiovasculaires — n’étaient peut-être pas aussi mauvaises pour la santé qu’on le pensait.

« La réhabilitation des graisses animales a provoqué une explosion de la demande de beurre à travers le monde, » explique Gérard Calbrix, directeur des affaires économiques de l’Association de la Transformation Laitière Française.

La demande a particulièrement augmenté dans les régions émergentes comme la Chine et le Moyen-Orient, où les croissants et autres viennoiseries riches en beurre ont de plus en plus la cote.

Du fait de l’explosion de la demande, les prix ont flambé, la tonne de beurre industriel passant de 2500€ en avril 2016 à 7000€ l’été dernier.

« Si ça continue, nous allons devoir augmenter nos prix parce que nous avons des salaires à payer, » explique José Pires, le patron d’une boulangerie très fréquentée de Montorgueil, dans le centre de Paris, qui utilise uniquement le meilleur beurre dans ses créations. Comme beaucoup d’autres boulangers, il exclut l’idée de remplacer le beurre dans ses croissants, pains au chocolat et sandwiches par de la margarine, moins chère. « On ne peut pas changer la recette. Ca ne serait pas professionnel » se justifie-t-il.

Thierry Lucas, propriétaire d’une boulangerie dans le Finistère, en Bretagne, dit avoir augmenté le prix de ses croissants de 5 centimes d’euro pour couvrir ses frais. Pour économiser de l’argent, il a aussi commencé à acheter son beurre dans un supermarché qui n’a pas encore répercuté la hausse du prix du beurre, ce qui lui a permis une économie de 1000€ par tonne.

Cependant, tout le monde n’est pas parvenu à trouver une solution.

Dans le Cher, au centre du pays, Claude François, propriétaire d’une petite usine de fabrication de pâtisseries, a dû réduire le nombre d’heures de ses employés de 70% parce qu’il n’arrivait pas à se procurer assez de beurre pour assurer sa production.

« Nous avons été rationnés depuis mi-août. Nous ne recevons plus qu’une tonne de beurre par semaine alors que nous aurions besoin de 3 tonnes… On ne pourra pas continuer comme cela très longtemps. »

 

Glossaire :

avoir la cote (exp.v .) : to be popular, to be favoured

boulangerie (n.f.) : bakery

flamber : 1- burn (for wood) 2- rocket (for price)

fréquenté (adj.) : busy

garder l’anonymat (exp.v.) : to remain anonymous

garnir (v.) : to fill, so stock

maladie cardiovasculaire (n.f., adj) : heart disease

pénurie (n.f.) : shortage

rayon (n.f.) : shelf (in a store)

répercuter (qq chose) (v.) : to pass sthg on

s’en sortir (v.) : to manage

viennoiserie (n.f.) : puffed pastries such as croissant and alike


learnfrench

 

As croissants go global, France butter shortages bite

Gone are the days of the butter mountains when the EU had to step in to mop up surpluses. A newfound taste for full-fat spreads in the West, coupled with rising demand for French pastries in Asia, have created butter shortages in the home of the croissant.

Across the country, shops are finding it increasingly difficult to keep their shelves stocked.

« Because of a shortage of French milk, our suppliers cannot fulfil our butter orders, » read a sign last week in an Intermarche supermarket in the northern city of Rouen, situated in the Normandy dairy heartland.

At a Super U supermarket in central Paris, one of the most popular brands of butter — a salty variety from the western Brittany region — had vanished.

« Customers have been stocking up, particularly local restaurant owners. For the moment we’re able to manage but we’ve been warned to expect more shortages, » said the store manager, who declined to give his surname.

The turbulence in the butter market began when the European Union abolished its system of milk quotas in 2015.

The move initially triggered a flood of milk supplies, causing a collapse in global prices that prompted dairy farmers to subsequently slash their output.

 

Chinese croissant craze

The decline in production came as butter began enjoying a comeback in the West, following research suggesting that saturated fats — long linked to heart disease — were not as harmful as thought.

« The rehabilitation of animal fats has caused demand for butter to explode around the world, » said Gerard Calbrix, head of economic affairs at the Association of French Dairy Producers.

The growth in demand is particularly pronounced in emerging economies such as China and the Middle East, where croissants and other buttery treats are increasingly in vogue.

The surge in demand has caused prices to rocket, with industrial butter rising from 2,500 euros a tonne in April 2016 to 7,000 euros a tonne this summer.

« If this continues we’ll have to increase our prices because we have wages to pay, » said Jose Pires, manager of a busy bakery in the Montorgueil district of central Paris, which uses only the finest butter in its creations.

Like many other bakers, he ruled out substituting butter with cheaper margarine in his croissants, pains au chocolat and sandwiches.

« We cannot change the recipe. That would be unprofessional, » he said.

Thierry Lucas, owner of a bakery in the Finistere region of Normandy, said he had increased the prices of his croissants by 5 euro centimes (5.9 dollar cents) to cover his costs.

To save money he had also begun buying his butter at a supermarket that had yet to pass on the price increases, saving over 1,000 euros a tonne in the process.

Not everyone has been able to find a workaround, however.

In the central Cher region, Claude Francois, owner of a small pastry producer, said she had cut her workers’ hours by 70 percent because she could not source enough butter to maintain output.

« We’ve been on rationed supplies since mid-August. We are only receiving a tonne a week when we need three tonnes… We cannot go on like this for much longer, » she said.

 

Source: AFP

Comments
nbarney
Share With: