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La nouvelle industrie australienne du jeu vidéo lorgne vers l’Asie

aircalin

L’industrie des jeux vidéo communautaires en Australie est en expansion, mais avec un marché intérieur offrant des retours limités, les studios de jeux vidéo se tournent vers l’international pour se développer.

Derrière les murs d’un bâtiment gris anonyme du sud de Melbourne, certains des créateurs et développeurs de jeux vidéo indépendants les plus prospères d’Australie travaillent dur.

The Arcade, un lieu de travail collaboratif devenu le berceau du jeu vidéo australien, a été fondé en 2013 en réaction à la fermeture de plusieurs sociétés étrangères installées en Australie, qui avait causé la perte de nombreux emplois.

« De nombreuses grosses sociétés de jeux vidéos avaient misé sur l’Australie pour s’établir car la création de jeux vidéos revenait moins cher ici, » a déclaré la productrice de jeux vidéo Lisy Kane dont le studio, League of Geeks, est l’auteur du jeu de plateau Armello. « Durant la crise financière mondiale, beaucoup entreprises ont mis la clé sous la porte. Le coup de notre main d’œuvre était devenu beaucoup trop élevé. »

De cette crise est née une nouvelle industrie indépendante des jeux vidéo, basée principalement à Melbourne — ville qui concentre aujourd’hui 50% des emplois du pays dans ce secteur.

Alors que les producteurs, codeurs et designers du secteur cherchaient du travail, The Arcade a été créé en tant qu’espace où ils pourraient partager le loyer, les ressources et même la main d’œuvre.

« L’esprit du jeu vidéo est très collaboratif à Melbourne, » explique Blake Mizzi, co-fondateur et directeur de League of Geeks. « Au lieu de garder jalousement nos secrets, nous travaillons ensemble. Nous sous-louons les services les uns des autres y compris nos employés, et nous partageons les informations. Cela a beaucoup aidé à notre développement. »

 

Un marché international

C’est à sa portée internationale que l’on mesure le véritable succès d’un jeu australien. « Le marché est à l’international, » explique M. Mizzi. « Pour League of Geeks par exemple, l’Australie représente seulement 3-4% de notre marché. »

Ces chiffres sont similaires pour l’éditeur de jeux vidéo Surprise Attack et son directeur Chris Wright. « Pour les jeux sur PC ou consoles, l’Amérique du Nord représente 30 à 40 % du marché, l’Europe 30 à 40 % et l’Asie les 30 % restants. » Et c’est le marché asiatique qui croît le plus vite, principalement en Chine (où il était encore insignifiant il y a quelques années) — alors que les marchés japonais et coréens stagnent.

Même constatation de Clara Reeves, présidente du studio Hispoter Whale connu pour son jeu Crossy Road, pour qui le marché asiatique doit être la cible principale d’une société qui veut se développer. « Une entreprise qui n’étudie pas la pénétration de son jeu en Asie se coupe d’un marché potentiel énorme. Car même en ne récupérant qu’une toute petite partie des parts de ce marché chinois, cela représente d’énormes profits compte tenu de la taille globale du marché. »

En effet, les jeux vidéo ont généré 100 milliards d’US$ en 2016 et les rapports indiquent que la Chine est désormais la source de revenus la plus importante pour ce secteur, surpassant les Etats-Unis. La Chine représente d’ailleurs plus de 30 % des revenus de l’App Store d’Apple. Il y a cinq ans, en 2012, ce chiffre était de 3 %.

 

La Chine, première cible de l’industrie australienne de jeux vidéos

Les développeurs australiens ont pris bonne note de ce marché colossal et en pleine expansion et ils lorgnent désormais vers la Chine. Pour qu’un jeu australien puisse se vendre dans ce pays, il faut non seulement qu’il soit traduit mais aussi qu’il soit conforme à la législation chinoise et qu’il soit édité par un partenaire local. « Trouver le bon partenaire est loin d’être simple, » confie M.Mizzi. Leur jeu Armello n’est pour l’instant disponible que sur la plateforme Steam, et celle-ci n’est pas légale. League of Geeks est donc en train d’effectuer les démarches pour obtenir l’autorisation du ministère de la culture chinois.

Yodo1, éditeur de jeux vidéos basé à Pékin, est l’un de ceux qui aident les sociétés australiennes à exporter leurs jeux en Chine. Son directeur, M.Fong, explique que les difficultés ne sont uniquement liées à la législation chinoise. « Il faut aussi adapter les jeux pour qu’ils soient au goût des gamers chinois. Par exemple, pour le jeu australien Hand of Fate, il a fallu réécrire toute l’histoire et réenregistrer de nouveaux dialogues avec les voix d’acteurs locaux. Les gamers chinois qui entraient dans le jeu avaient ainsi l’impression que le jeu avait été conçu pour eux et pas simplement été adapté. Le contexte, la culture, la langue, les nuances et la façon de parler sont des paramètres importants pour que le gamer arrive à s’immerger totalement dans le jeu. Et pour les ajuster à certaines régions du monde, cela requiert une compréhension profonde de la culture locale. »

Mais M.Fong insiste également sur le fait que pour qu’il rencontre un succès international, un jeu doit d’abord être très bon. Et pour lui, c’est en Australie que l’on crée les meilleurs jeux : « Les créateurs de jeux vidéo australiens sont uniques, leur créativité est sans égale, » affirme-t-il.

 

Source : abc.net.au

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