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Barnaby Joyce

L’affaire Barnaby Joyce crispe les relations entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande

aircalin

Le Labour Party de Nouvelle-Zélande nie toute implication dans la révélation de la nationalité néo-zélandaise de Barnaby Joyce, le Premier Ministre adjoint australien.

L’Australie et la Nouvelle-Zélande sont empêtrés dans une crise diplomatique sans précédent, depuis des allégations sur une entente secrète entre l’opposition en Nouvelle-Zélande et le Labor Party australien pour faire tomber le gouvernement de M.Turnbull.

 

L’article 44 de la constitution australienne au cœur de la polémique

La saga médiatique a démarré lundi lorsque l’on avait appris que le père de M.Joyce était né à Dunedin, ce qui donnait automatiquement au Premier Ministre adjoint australien la double nationalité néo-zélandaise. En effet, cela le rendrait, de fait, inéligible selon l’article 44 de la constitution australienne (notre article à lire ici), qui interdit aux détenteurs d’une double nationalité de siéger au Parlement.

La polémique a enflé très vite lorsqu’il s’est avéré que, le 9 août dernier, Chris Hipkins, député du Labour Party en Nouvelle-Zélande, avait posé deux questions écrites inhabituelles au Parlement :

« Les enfants nés en Australie de parents citoyens de Nouvelle-Zélande sont-ils automatiquement néo-zélandais et si non, quelle procédure doivent-ils suivre pour le devenir ? Est-ce qu’un enfant né en Australie d’un père néo-zélandais est automatiquement un citoyen de Nouvelle-Zélande ? » De plus, M.Hipkins a reconnu avoir posé ces questions après une discussion avec un ami qui travaille pour le Labor Party australien. Interrogé par les médias néo-zélandais, M.Hipkins a néanmoins affirmé n’avoir jamais abordé la question de la nationalité de M. Joyce avec cet ami. Il a également nié que celui-ci lui ait expressément demandé de poser ces questions au Parlement. « Si j’avais su où cela allait nous mener, je ne me serais jamais impliqué », a-t-il ajouté.

 

Une escalade de réactions en Australie

Moins de 24h plus tard, la ministre des Affaires Etrangères Julie Bishop a réagi vivement. D’après elle, la Nouvelle-Zélande menace la stabilité du partenariat, jusqu’alors solide, entre les deux nations. Elle a ajouté qu’il serait sans doute difficile de construire une relation de confiance avec le Labour Party de Nouvelle-Zélande si celui-ci remportait les élections en septembre prochain.

Les échanges musclés se sont multipliés depuis deux jours entre le gouvernement et l’opposition. Mme Bishop a reproché à Bill Shorten d’avoir « essayé d’utiliser une puissance étrangère pour déstabiliser le gouvernement. »

M.Turnbull a, quant à lui, menacé de déférer jusqu’à sept élus de l’opposition devant la Cour Suprême, pour présomption de double nationalité. Le Labor Party soutient que les personnes concernées sont éligibles mais refuse, pour l’instant, de produire les éléments de preuve.

 

Des démentis formels de la Nouvelle-Zélande

En Nouvelle-Zélande, Jacinda Arden, élue il y a tout juste deux semaines à la tête du Labour Party, a dénoncé les accusations du gouvernement australien, leur reprochant de colporter des mensonges. Elle a également nié avec force toute entente secrète de son parti avec le Labor Party australien pour faire tomber le gouvernement de M.Turnbull.

Mme Arden a cependant déploré que M.Hipkins ait posé ces questions au Parlement, estimant que la Nouvelle-Zélande n’avait pas à s’impliquer dans les affaires domestiques australiennes.

Le Premier Ministre néo-zélandais, Peter Dunne, s’est également exprimé, affirmant que la révélation de la double nationalité du Premier Ministre adjoint australien faisait suite à une enquête journalistique et n’avait rien à voir avec les questions posées au Parlement.

 

Des citoyens de seconde zone

Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique tendu entre les deux nations, pourtant très liées, depuis les dernières mesures prises par le gouvernement australien concernant l’immigration. Celle-ci pourrait compliquer la procédure d’obtention de la nationalité australienne pour les ressortissants néo-zélandais et faire tripler leurs frais de scolarité s’ils choisissaient d’étudier en Australie.

Côté néo-zélandais, on souligne que les ressortissants de Nouvelle-Zélande, qui sont privés d’accès aux prestations sociales de santé et d’invalidité alors qu’ils payent leurs impôts, sont déjà traités comme des citoyens de seconde zone en Australie.

Source : www.theguardian.com

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