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L’Australie, déjà fragile, lâchée par son coach

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L’Australie se sera fait peur, et ce, jusqu’au bout des prolongations. Le coup franc syrien à la dernière minute de la partie (120e+2) aurait pu envoyer toute la famille Socceroos au lit, la tristesse au visage, mais la frappe d’Al Soma s’écrase sur le poteau. Ouf ! Les Australiens se qualifient sur le score de 2 buts à 1 (3-2 cum.) lors du pré-barrage retour de la Coupe du monde 2018. Ils peuvent remercier « l’invieillissable » Tim Cahill, qui s’est envolé, du haut de ses 37 ans, à deux reprises pour marquer de la tête et mener une nouvelle fois son équipe vers la victoire.

Devant 42 138 personnes, Tim Cahill s'offre un doublé et passe la barre des 50 buts en sélction.

Devant 42 138 personnes, Tim Cahill s’offre un doublé et passe la barre des 50 buts en sélction.

Le ticket pour le quatrième tour est désormais en poche. Mais il faut avouer que la formation jaune et vert s’est compliqué la tâche, et à plusieurs reprises, traduisant manifestement les limites d’une équipe qui prétend à une quatrième qualification consécutive pour la Coupe au globe d’or. Et cela risque de ne pas aller en s’arrangeant suite à un article du The Herald Sun qui révèle que l’entraîneur Ange Postecoglou, sous le feu des critiques ces derniers mois, n’a pas l’intention de diriger l’Australie à la Coupe du monde, peu importe si elle se qualifie face au Honduras le 6 et 14 novembre prochains (match retour au Sydney Olympic Park) lors du barrage intercontinental. Information à prendre au conditionnel puisque rien n’a encore été annoncé, ni par la fédération, ni par le principal intéressé. Le football australien est donc sous le choc après ces révélations alors que l’équipe reste encore très fébrile.

Quelles limites ?

Si l’escouade de Postecoglou a le mérite de proposer un jeu élégant fait de passes courtes et porté vers l’avant, il semblerait néanmoins qu’elle manque de technicité pour mettre cette physionomie en place, physionomie que l’entraîneur démissionnaire s’entête depuis des mois à imposer. En effet, seul l’excellent Rogic peut amener cette étincelle de créativité, par sa technique et son touché de balle, dans le cœur du jeu australien. Il ne faut pas oublier que l’équipe en face était la Syrie – à qui il faut rendre hommage tant son parcours est magnifique (tous ses matches à domicile ont été joués en terrain neutre pour éviter les risques quant à la situation actuelle du pays, Ndlr) – et que les Australiens ont eu énormément de mal à pénétrer les vingt derniers mètres. Qu’en serait-il face à des équipes au niveau plus élevé ?

Selon The Herald, Ange Postecoglou n'aurait pas l'intention de diriger l'Australie à la Coupe du monde.

Selon The Herald Sun, Ange Postecoglou n’aurait pas l’intention de diriger l’Australie à la Coupe du monde.

De plus, les offensives socceroos manquaient de variété : faire circuler le ballon autour de la surface de réparation, attendre le départ d’un ailier qui centrera pour la tête de Cahill. Beaucoup trop de fois le même refrain… et combien de centres réalisés sans succès ? Mais il en aura suffi de deux à l’attaquant du Melbourne City pour mettre la balle au fond (12’, 109’) et passer la barre significative des 50 buts en sélection.

Le style de jeu que veut imposer l’entraîneur est louable, mais cela ne coïncide pas avec une défense extrêmement perméable. Lorsqu’une offensive rapide et bien en place était menée par l’équipe syrienne, la triplette arrière australienne Jurman-Sainsbury-Degenek a trop souvent été dépassée. La preuve en est avec l’ouverture du score dès la 10e minute par Al Soma, où la passivité de la défense est totale sur cette action. Le schéma tactique mis en place par le coach en 3-1-4-1 permet la couverture de l’ensemble du terrain, mais demande à chaque joueur une discipline à toute épreuve. Mais c’est encore souvent que l’équipe australienne s’est retrouvée coupée en deux, laissant Nilligan bien seul à la récupération du ballon. Autre point à souligner, l’incapacité des Australiens à marquer pendant ses nombreux temps forts.

A quoi s’attendre ?

La révélation (toujours non-confirmée) de l’annonce de départ de Postecoglou fait office d’onde de choc. Si elle s’avère vraie, alors, la fédération et l’équipe australienne devront s’attendre à des jours difficiles et dans l’incertitude la plus totale. Faut-il changer d’entraîneur dès maintenant ? Qui pour le remplacer ? Les questions sans réponses sont multiples.

Certes, l’équipe au fil de ces derniers matchs internationaux a montré des signes de faiblesse dans quelques domaines. Mais s’il y a bien une qualité immense qu’il ne faut pas retirer aux Australiens, c’est de se battre et de ne jamais abandonner. A l’image de la réaction rapide aboutissant à l’égalisation quelques minutes après avoir encaissé l’ouverture du score mardi soir. Et le pays pourra compter sur ses Socceroos pour répondre présents face au Honduras le mois prochain.

Joffrey Tridon

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