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L’Australie, la fausse bonne élève en matière de lutte anti-tabac

NCT

Alors que l’Australie est l’un des pays les plus stricts en matière de mesures anti-tabac, de nouvelles données montrent paradoxalement que de moins en moins d’Australiens décident d’arrêter de fumer.

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Entre 2013 et 2016, l’Australie a connu une baisse  de fumeurs de seulement 0,2%. Image : ATHRA.

Après un travail de collecte de données aux quatre coins du globe, The Australian Tobacco Harm Reduction Association (ATHRA) a récemment découvert que l’Australie faisait dorénavant partie du bas du classement des pays par taux annuel de personnes arrêtant de fumer. Ce résultat est surprenant quand on connaît les efforts déployés dans le pays pour augmenter le prix des cigarettes et inculquer une « culture de la honte » aux fumeurs.

« Dorénavant, l’Australie n’est plus le leader mondial de la lutte anti-tabac », a commenté à l’annonce des résultats le professeur Colin Mendelsohn, président de l’ATHRA. « Le prix élevé des cigarettes ne fonctionne plus comme une incitation pour arrêter de fumer, » a-t-il expliqué aux journalistes de Yahoo News.

 

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Avec une moyenne de 27 $ par paquet, l’Australie est le pays où les cigarettes sont les plus chères au monde. Image : ATHRA.

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L’avenue piétonne à côté de Pitt Street Mall, à Sydney, a été déclarée « smoke-free area ».

Avec un prix moyen de 27 $ par paquet, l’Australie est en effet le pays le plus cher au monde concernant l’achat de cigarettes. Depuis les années 1970, le gouvernement fédéral et les états australiens se sont lancés dans une vraie guerre contre le tabac. L’Australie a été le premier pays à instaurer les paquets neutres. Les interdictions de fumer en public se sont ensuite multipliées. Le NSW prohibe par exemple les cigarettes sur les quais des gares, les arrêts de bus et de taxis, mais aussi à proximité des aires de jeux pour enfants et près de l’entrée des bâtiments publics, ou encore dans les véhicules en présence de mineurs. Plusieurs places ou plusieurs quartiers des grandes villes australiennes affichent aussi la mention « smoke-free area ». Des amendes ont été établies en conséquence, certaines pouvant aller jusqu’à 2 000 $ si vous êtes aperçus en train de fumer dans un lieu considéré comme illégal.

Pour Henrietta Moore, membre de l’Institute for Global Prosperity à l’University College à Londres, ces mesures ont eu un fort impact, puisque le taux de tabagisme a presque diminué de moitié dans les années 1980. Le nombre d’hospitalisations causés par le tabagisme a également diminué de près de 23 %. 

De manière générale, « une culture de la honte » entourant les fumeurs a émergé, et est devenue elle-même un moyen de dissuasion. C’est ce qu’explique Simone Dennis, professeure à l’Australian National University : « La politique de confinement des fumeurs dans des endroits désignés produit un sentiment de marginalisation chez ces personnes. Contraints de rester dans des endroits considérés comme sales, ces individus ne se sentent plus citoyens à part entière. » 

Alors comment expliquer cette faible baisse de fumeurs ?  

L’Angleterre, les États-Unis, le Canada, la Norvège et l’Islande figurent aujourd’hui parmi les nombreux pays occidentaux qui voient leurs citoyens se débarrasser de leurs habitudes de consommation de tabac. Les 2,6 millions de fumeurs australiens sont à la traîne avec seulement 0,2% de personnes ayant arrêté de fumer entre 2013 et 2016. 

Pour Colin Mendelsohn, le bon élève australien se serait reposé sur ses lauriers après les bons résultats acquis jusque dans les années 2000. 

« Les campagnes nationales anti-tabac sont devenues occasionnelles. Les gouvernements successifs ont pensé que la question du tabac était réglée et ils ont décidé de s’attaquer à d’autres problèmes de santé, comme l’addiction aux drogues. ». Cependant, le professeur Mendelsohn précise que le tabagisme reste la cause de décès la plus évitable en Australie. « Chaque année, 19 000 personnes meurent encore des effets du tabac. »

De plus, contrairement aux pays cités plus haut, les fumeurs réguliers ne se voient pas proposer d’accès réguliers à des alternatives moins nocives que les cigarettes. Le tabac chauffé et le snus — sachet de poudre de tabac humide placé sur la gencive — sont interdits en Australie. En avril, dernier, le NSW a rejoint le Queensland, le Victoria, la Tasmanie et l’ACT en instaurant une loi visant à interdire l’utilisation de cigarettes électroniques dans les centres commerciaux, les cinémas, bibliothèques, trains, bus, piscines publiques, parcs, terrains de sport et restaurants extérieurs.

Selon Colin Mendelsohn, il n’y aurait aucune raison valable pour limiter l’usage des cigarettes éléctroniques. « Aucun problème de santé n’a été à ce jour associé à l’action de vapoter. Les gouvernements ne font que punir les individus incapables d’arrêter de fumer, en les heurtant financièrement et physiquement. »

Un porte-parole du Ministère fédéral de la Santé a contesté les affirmations du président de l’ATHRA, affirmant que des experts ayant menés de nombreuses recherches médicales soutenaient l’interdiction de la nicotine utilisée dans les e-cigarettes. 

Sources : au.news.yahoo.comwww.bbc.com


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franckprovost
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