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L’Australie pourrait ouvrir l’accès au travail aux habitants des îles du Pacifique

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Les minuscules îles du Pacifique auront des gros besoins en matière d’aide internationale pour faire face au changement climatique qui va frapper la région très durement et où des populations entières sont menacées de relocalisation, a prévenu jeudi la Banque mondiale.

La Banque mondiale a publié ce rapport, fondé sur des études émanant de source multiples, à l’occasion du Forum des îles Pacifique qui se tient aux Samoa. Toutes les recherches confirment ce que disent depuis longtemps les dirigeants de la région, que ces îles sont en première ligne du réchauffement climatique.

« Il pourrait y avoir des conséquences plus désastreuses sur les îles du Pacifique que sur tout autre pays au monde », dit la Banque mondiale.

Dans le scénario le plus optimiste, à savoir une montée des eaux de 40 centimètres d’ici 2100, ces îles affronteront des coûts exorbitants pour construire des digues afin de protéger leurs côtes.

Dans le scénario le plus pessimiste — une montée des eaux de 126 cm à la même échéance — de vastes zones habitables seraient englouties dans des îles de basse altitude comme Kiribati, les Marshall et Tuvalu.

« Il n’y a guère de perspectives pour que ces pays puissent financer eux-même les coûts élevés de la construction des digues », poursuit le rapport. « La communauté internationale devra en conséquence peser le pour et le contre, entre d’importants investissements initiaux pour la construction (…) et des programmes d’urgence de secours et de reconstruction quand le désastre aura frappé ».

Le changement climatique est déjà visible dans la région, avec l’érosion côtière, la contamination des terres agricoles et l’eau potable par le sel, ainsi qu’une pluviométrie imprévisible qui provoque inondations et sécheresse.

Le Pacifique est coutumier des cyclones mais le rapport prévient que les tempêtes de catégorie 5, les plus destructrices, vont devenir plus fréquentes, affectant d’autant plus une région où les ressources économiques sont déjà faibles.

Le cyclone Pam qui a frappé Vanuatu en 2015 a par exemple détruit l’équivalent de 64% du PIB de l’archipel.

Kiribati et Tuvalu, qui ne sont qu’à quelques mètres au dessus du niveau des eaux, pourraient être contraintes d’envisager l’évacuation totale de leur population. L’Australie et la Nouvelle-Zélande, les pays les plus riches de la région, pourraient les aider en permettant à leurs habitants l’accès à leur marché du travail.

« Cela permettrait une émigration graduelle, cela serait préférable et moins coûteux qu’une évacuation de dernière minute, qui nécessiterait une aide d’urgence considérable et serait difficile à gérer », ajoute la Banque mondiale.

Sur une note plus optimiste, le rapport souligne que les nations du Pacifique peuvent tabler en particulier sur le tourisme pour développer leurs ressources, avec un million de visiteurs potentiels annuels d’ici 2040, générant des revenus d’1,6 milliard de dollars et 110.000 emplois.

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franckprovost
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