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Le Courrier Australien : le plus ancien journal de langue étrangère en Australie!

NCT

VoilaSydney.com lancé par le journaliste belge François Vantomme en 2015, a connu un succès populaire important dès son lancement. Fort de son expérience, en tant que rédacteur en chef de La Libre Belgique et La Dernière Heure – Les Sports, François avait en effet rapidement réalisé qu’il y avait une demande et un manque à combler dans le paysage médiatique francophone en Australie.

Cependantn quand l’opportunité de relancer le prestigieux Courrier Australien s’est présentée, grâce a son nouveau propriétaire Bernard Le Boursicot, François n’avait qu’une seule obsession : faire partie de cet ambitieux projet et relancer ce patrimoine de la culture française en Australie.

En octobre 2016, les nouveaux co-propriétaires ont officiellement lance le site internet: www.lecourrieraustralien.com.

Charles Jean Wroblewski : naissance d’un journal cosmopolite

Le Courrier Australien est un organe de presse australien, de langue française, créé par le polonais et francophile Charles Jean de Wroblewsk, dont le premier numéro est publié le 30 avril 1892. Le Polonais, marié à la française Daisy Serisier (fille d’un des fondateurs de la ville de Dubbo en Nouvelle-Galles du Sud) choisi de publier le journal en français et de lui donner pour sous-titre « Journal cosmopolitain du samedi. Politique, Littérature, sciences, Beaux-arts, commerce, Mode, etc.. ». Le Courrier Australien est né !

À partir de 1892, et jusqu’en 1898, le journal sera dirigé par Wroblewski, dont le principal objectif est de donner à ce média, d’inspiration multiculturelle, une médiation culturelle et une ouverture sur l’Europe cosmopolite.

La construction du journal : de l’agitation à la stabilité 

L’année 1898 constitue un tournant important pour l’organe de presse le Courrier Australien. Pour la première fois depuis sa création, le journal change de directeur et de sous-titre. F.O Caillau décide alors de remplacer le sous-titre « Cosmopolite » par « République française ». La direction Caillau n’aura pas duré plus de six mois, mais aura suffit à faire basculer l’édition du journal et à la rendre plus agressive, nationale voire anti-australienne.

La même année, le journal est racheté par une partie de la communauté française implantée en Australie, à savoir les principaux notables français de la ville et le Consul-Général de l’époque, G. Biard d’Aunet.

Le journal passe alors sous la houlette de la « société du Courrier Australien » dont les jeunes propriétaires souhaitent donner une nouvelle image au journal. Le numéro du 27 août 1898 publie le manifeste de la société et affirme la nouvelle ligne éditoriale du Courrier Australien, située à mi-chemin entre la volonté multiculturelle de Wroblewski et le chauvinisme de Caillau en revenant sur « l’idée nationale et la défense des intérêts français » – entendre ici intérêts commerciaux entre l’Australie et la France. Ainsi, le journal se rapproche-t-il des intérêts français et délaisse-t-il ceux de l’île-continent pour troquer un « nous, Australiens » contre un « nous, Français ». Au cours de ces changements, les nouveaux propriétaires du journal choisissent de mettre fin au précédent sous-titre et de le changer, jusqu’en 1937, par « Organe de la Chambre de Commerce et du Comité de l’Alliance française de Sydney ».

A partir de 1901, la stabilité du journal s’incarne en la figure du directeur-gérant du Courrier Australien, G. Proust. « Bonne foi », « modération » et « rectification des fausses informations sur la France et la vie française » sont désormais les mots d’ordre du journal et de ses rédacteurs. Au début du XXème siècle, les relations franco-australiennes ne cessent de s’améliorer, et ce, notamment, grâce à l’Entente cordiale signée en 1904 par la France et le Royaume-Uni. La présidence de G. Proust durera plus de trois décennies et fera connaître au journal des jours heureux.

En 1932, l’organe de presse australien passe sous le contrôle d’un particulier, Léon Magrin. Cet Australien d’origine mauricienne, qui avait dirigé le journal une première fois sous l’ère Wroblewski en tant que chef compositeur, est un membre à part entière du journal puisqu’il a passé plus de quarante ans au sein du Courrier Australien, avec cette envie de pérenniser le journal et ses valeurs.

La Seconde Guerre mondiale : l’affirmation d’un engagement politique

Au lendemain de la défaite de la France en 1940, la direction du journal se fissure entre le consul-général, J. Tréboullet, pro régime de Vichy et le Courrier Australien, favorable aux alliés et au mouvement gaulliste. Ainsi, le numéro du 26 juillet 1940 porte l’avis suivant : « Le Propriétaire (administrateur rédacteur) du « Courrier Australien » a le grand regret d’annoncer à ses lecteurs qu’à la suite d’un article publié dans le dernier numéro, il s’est vu interdire formellement l’accès des bureaux du Consulat Général de France. […] M. Magrin espère que cette mesure ne lui aliénera pas la sympathie de ses lecteurs. […] Tout son temps et toute son énergie sont à la disposition de la CAUSE FRANÇAISE. ». Une semaine plus tard, la une du Courrier Australien portera les photos de Winston Churchill et de Charles de Gaulle.

Le mois suivant, le journal organise une « réunion publique » afin de choisir l’avenir à donner au Courrier Australien. Le directeur de l’époque, Magrin, fait face à un dilemme : soit rester à la tête de l’organe de presse ou bien préférer la collectivité du mouvement gaulliste. Magrin choisi la seconde option et confie à André Bernac (représentant de De Gaulle en Australie) la présidence du comité de direction et à A. Sourdin la gestion de la rédaction.

À compter du 3 janvier 1941 et pour toute la durée de la guerre, le Courrier Australien aura pour sous-titre le « Journal hebdomadaire de la France Libre dans le Pacifique Weekly Journal of the Free French Movement in Australasia ».

Cette période de conflit international a permis au journal d’affirmer son caractère politique et national.

Une reconstruction en marche

À la fin du second conflit mondial, Albert Sourdin, alors rédacteur de l’édition le Courrier Australien, reprend la direction du journal et en assure la continuité. À sa mort, il est remplacé par son fils, Jean-Pierre Sourdin. Après un demi-siècle sous la direction de la famille Sourdin et à partir de 1973, le Courrier Australien devient un journal mensuel. Enfin, B. Elatri, un des collaborateurs de Sourdin, rachète le journal en 1999. En 2012, les deux collaborateurs décèdent et laissent le Courrier Australien orphelin et sans aucun héritier.

En Juin 2016, le nouveau propriétaire Bernard Le Boursicot et François Vantomme ont très vite compris que leur collaboration était leur meilleur atout pour redonner vie au plus prestigieux journal francophone d’Australie. En quelques réunions, l’affaire était conclue et c’est naturellement que Voilasydney cédait sa place au Courrier Australien.

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NCT
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