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Le milieu des crypto-monnaies sceptique sur l'inventeur autoproclamé du bitcoin

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La revendication par l’Australien Craig Wright de la paternité du bitcoin suscitait un certain scepticisme au sein de la communauté des crypto-monnaies réunie lundi à New York, qui relativisait son impact sur le développement de la devise numérique.

« Je ne le crois pas. Je suis sceptique », confie à l’AFP Catheryne Nicholson, dirigeante de BlockCypher, à la fin de son exposé à Consensus 2016, une grand-messe sur les monnaies numériques qui se tient jusqu’à mercredi près de Times Square à New York.

Craig Wright a fourni à la BBC, The Economist et au magazine GQ des pièces de monnaie connues comme étant seulement détenues par le créateur du bitcoin pour prouver qu’il en était bien l’inventeur.

Il a signé numériquement des messages en utilisant des clés cryptographiques créées pendant les premiers jours de la mise au point de cette monnaie numérique.

Malgré cette démonstration, doutes et scepticisme subsistent dans les milieux des crypto-monnaies. « Il y a un moyen simple de prouver son identité c’est de produire les clefs du point de départ. Il peut le faire de façon très succincte mais ne l’a pas encore fait. Pourquoi? », se demande Catheryne Nicholson, résumant le sentiment général.

M. Wright a fourni des clés créées pendant les premiers jours du développement de cette monnaie numérique mais il reste à prouver qu’il s’agit des premières.

« Dorian Satoshi Nakamoto (l’inventeur du Bitcoin) n’était pas une personne mais un groupe de personnes », fait aussi valoir Jason Park, de la start-up sud-coréenne Korbit.

« Au vu des +preuves+ qu’il fournit, je pense qu’il fait partie du groupe derrière le bitcoin mais il ne peut pas dire qu’il était seul », opine Matthieu Riou, cofondateur de BlockCypher.

– Clef secrète –

Conçue comme une monnaie numérique pour concurrencer les devises classiques, le bitcoin a beaucoup évolué et la technologie derrière son succès – la Blockchain – est très convoitée.

Les grandes banques mondiales et les grosses institutions financières planchent depuis plusieurs mois pour voir si le bitcoin peut faciliter et réduire les coûts des transactions.

Outre le fait qu’elle aide à créer des monnaies virtuelles – litecoin, ripple et autre dogecoin – cette technologie permet de faire circuler l’argent aussi librement que les données sur internet, selon ses partisans.

« Le bitcoin a déjà évolué indépendamment de l’identité de la personne qui l’a créé », affirme Jeffrey Wallis, dont le cabinet SunGard conseille et finance les « Fintech ».

Aussi découvrir l’identité de son inventeur n’est-il plus aussi important que ça aurait pu l’être il y a quelques années, argue Brian Kelly, fondateur du fonds éponyme, en énumérant les usages futurs de la technologie.

Jason Park fait remarquer lui que le bitcoin est géré depuis des années par une communauté de personnes, qui ont créé séparément des barrières et des systèmes de protection pour en garantir la sécurité.

« Même s’il (Craig Wright) était le créateur du bitcoin, il n’a pas la clef secrète pour compromettre le système », assure M. Park.

C’est davantage la « mystique » de la légende de cette monnaie numérique qui en prend un coup, s’accordent ces experts.

« C’était une belle histoire, celle d’un inventeur inconnu qui a réussi à changer le monde. C’est ce qui rendait l’histoire intéressante. Le mythe a été brisé. C’est dommage! », regrette Dirk Avau de la start-up Intellect.

A court terme, les révélations de M. Wright pourraient faire baisser le prix du bitcoin, avancent certains dans le milieu.

« Le créateur du bitcoin dispose d’un million de bitcoins qui n’ont jamais été bougés depuis le début. Il n’y a pas de doute que, si ce million peut arriver sur le marché, la valeur du bitcoin va baisser », explique Gabriele Domenichini de l’association de Blockchain italienne Assob.it.

Quelque 15 millions de bitcoins ont été créés, dont environ 14 millions seulement sont en circulation, selon M. Domenichini.

AFP

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franckprovost
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