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Le minimalisme, ou l’art de vivre mieux avec moins 

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Ces dernières années, le mouvement minimaliste séduit de plus en plus de personnes qui souhaitent apprendre à vivre avec moins.

De Marie Kondo, essayiste japonaise qui vend des millions de livres vous expliquant comment désencombrer votre maison, aux célèbres auteurs de podcasts américains, The Minimalists*, qui font régulièrement salle comble et qui seront bientôt en tournée en Australie : l’idée que « moins c’est plus » est de plus en plus répandue dans de nombreux pays. Des dizaines de blogs fleurissent d’ailleurs dans toutes les langues sur le thème du « vivre mieux avec moins ».

Les minimalistes auraient-ils compris quelque chose que nous ignorons ?

Tim Kasser est professeur de psychologie au collège Knox dans l’Illinois. Il est connu pour ses travaux pour le matérialisme et le bien-être. Pour lui, un minimaliste est quelqu’un qui « décide de travailler moins et gagner moins pour pouvoir se concentrer sur d’autres choses dans la vie. » : « Ce sont des personnes qui ne veulent pas entrer dans le cycle du ‘travailler, dépenser, s’endetter, travailler encore plus’, sur lequel se fonde notre société consumériste » explique-t-il. « Au lieu de cela, ils se concentrent sur leur développement personnel, leur famille, leur spiritualité… »

En 2005, le professeur Kasser et un collègue ont réalisé une étude sur le minimalisme et son impact sur le bien-être. « Nous avons trouvé qu’indépendamment du sexe, de l’âge, du lieu où ils résident, les minimalistes sont plus satisfaits de la vie, ressentent plus d’émotions positives et moins d’émotions négatives. » L’étude a aussi montré que les minimalistes sont plus susceptibles d’adopter un mode de vie écologiquement durable.

 

L’amour des espaces simples

Perchée sur les dunes de St Andrew Beach sur la péninsule Mornington, près de Melbourne, on trouve un exemple typique d’habitation minimaliste. Son propriétaire, Robin Williams, en est l’architecte-concepteur.

L’une des choses les plus frappantes de l’aspect de ce bâtiment, ce sont ses murs — entièrement constitués de polycarbonate transparent. Et l’intérieur fait penser à une galerie d’art… sans œuvres.

« Je ne me suis jamais considéré comme minimaliste » explique pourtant M.Williams, « mais j’aime les espaces simples. Des matériaux simples et en nombre limité, des connexions entre les différents espaces et la simplicité de la flexibilité — avec le moins d’objets possibles. »

Il a fallu 10 ans pour réaliser cette maison, que M.Williams a conçue pour lui et son compagnon, dans un « endroit de rêve » comme il se plaît lui-même à le décrire.

« L’idée n’était pas de construire une maison différente, mais juste une maison qui soit adaptée à ce site et à nos besoins. »

 

« C’était très apaisant »

Sarah Gorman est âgée de 38 ans ; elle vit à Melbourne et est adepte du minimalisme depuis 3 ans. Elle dit avoir découvert ce concept à travers un jeu.

« Le premier jour du mois, vous vous débarrassez d’une chose, le deuxième jour vous vous débarrassez de deux choses et le troisième jour de trois choses », explique-t-elle.

En un seul mois, elle s’est ainsi séparée d’environ 500 objets divers. Elle affirme qu’elle s’est sentie de mieux en mieux au fur et à mesure qu’elle dégageait de l’espace dans sa maison. « C’était une sensation très apaisante, je pouvais en ressentir les effets physiquement dès que je passais la porte. Tout est à sa place, il y a moins de choses à faire, moins d’objets anciens à réparer… »

Pour elle, le minimalisme ne se limite pas à se débarrasser d’objets. « C’est un mode de pensée », précise-t-elle. Mme Gorman est convaincue des avantages à vivre avec moins… mais ce n’est pas le cas de tout le monde dans sa famille. « Ma mère s’inquiète de ce que je me sépare de trop de choses. Elle pense que je suis obsédée par le fait de me débarrasser d’objets à valeur sentimentale, comme si c’était mon histoire familiale que je jetais. »

 

Changer ses indicateurs de progrès

Depuis qu’il étudie les impacts positifs d’un mode de vie minimaliste, le Pr Kasser a développé la conviction que nos indicateurs de progrès sont à revoir. « Nous nous concentrons principalement sur la santé de notre économie… ce sont des indicateurs extrinsèques, matérialistes et liés à l’argent, » déplore-t-il. « Au lieu de tout miser sur la croissance économique, nous devrions plutôt nous intéresser à des indicateurs qui ont vraiment à voir avec des valeurs intrinsèques, telles que le niveau de bonheur par exemple. »

*The Minimalists : détails de leur tournée australienne ici.

Source : abc.com.au

 

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franckprovost
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