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Le pianiste Julien Quentin, en tournée australienne avec le phénomène Ray Chen

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C’est un duo virevoltant et virtuose qui tourne en ce moment en Australie sous l’égide de Musica Viva, une association qui promeut la musique de chambre dans le pays depuis 1945. Ray Chen, sensation du violon, et Julien Quentin pianiste sensible et versatile, conjuguent leur talent dans un double programme qui inclut Beethoven, Vitali, Franck ou Ravel. Pour Le Courrier Australien, Julien Quentin a pris le temps d’évoquer sa formation, ses projets… et même son bébé.

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On attrape Julien Quentin entre Hobart et Canberra. Le Français vient de passer la soirée à Melbourne où il a donné, avec son compère australien, un concert qui a reçu un « très bon accueil ». Il a eu la chance de pouvoir choisir son Steinway, un luxe rare, « un plus ». La sélection du piano dépend « de l’acoustique, de la performance ». Le musicien a déjà eu des surprises car « l’entretien d’un piano ancien dans un climat humide peut jouer des tours ». Au Melbourne Recital Centre : aucune déconvenue. Il a jugé la salle très belle, donnant même l’impression étrange « de jouer à l’intérieur d’un instrument. »

Le piano, au fait… comment y est-il venu ? « J’ai commencé à l’âge de 5 ans, mais j’ai su vers 10 ans que je voudrais en faire ma vie. » Une vocation favorisée par un environnement familial mélomane, avec des origines polonaise et russe. Une discipline très « sweat and tears » fait le reste. Ne devient pas concertiste qui veut.

Du conservatoire de Genève à la Juilliard School

Né à Neuilly, Julien part tôt s’installer à la frontière suisse avec sa famille. Les études jusqu’au bac sont suivies en France. Pour la musique, en revanche, direction le conservatoire de Genève où il profite de l’enseignement d’un maître russe. Poussé par l’un de ses professeurs, il entre à l’université de Bloomington (Indiana). Il y restera 4 ans. « Socialement, amicalement, culturellement… j’ai tout appris là-bas » raconte Julien qui croise encore de nombreux musiciens avec qui il a partagé les bancs de l’université. Il termine son cursus à la célèbre Juilliard School (NYC) et vivra 5 ans à Brooklyn où il peaufine son répertoire classique mais se passionne aussi pour le jazz (influence paternelle oblige) et la musique électro.

Parce que le clubbing a tenu une grande place dans ma vie, je me suis ouvert à tous les genres musicaux.

« Certains artistes sont capables de consacrer leur vie à Bach et Schubert. Pour ma part, peut-être parce que le clubbing a tenu une grande place dans ma vie, je me suis ouvert à tous les genres musicaux. » Lorsqu’il répète, Julien aime s’approprier un extrait de musique et le rejouer en boucle en changeant le rythme ou l’harmonie. « Je le recompose à ma manière. C’est un bon exercice et il y a, dans cette répétition, quelque chose qui peut rappeler les beats modernes. » Depuis 11 ans, Julien a d’ailleurs choisi de s’installer à Berlin, un retour volontaire dans la vieille Europe, mais dans une ville fabuleuse « avec le philharmonique, bien sûr, mais aussi trois maisons d’opéra et une scène électro considérée comme la Mecque du genre ». Cela, sans compter les espaces verts et l’architecture. Le cadre idéal pour faire grandir un enfant, explique le jeune père.

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C’est aussi à Berlin, entre deux tournées, qu’il travaille sur d’autres projets. Avec le groupe Midi Minuit, il joue de l’électro-acoustique, tendance jazz. Un positionnement audacieux « pour les grands-parents comme pour les geeks et les nerds ». Et avec le compositeur Kaan Bulak, il fait du « piano augmenté » avec un instrument microphoné qui émet des sonorités différentes. Ensemble, ils se sont produits en off au festival de Verbier cette année. Une première mondiale à laquelle de nombreux amis musiciens sont venus assister comme le quatuor Brooklyn Rider. Une autre fois, c’est même le chanteur Rufus Wainwright qui partagera leur scène.

Un récital, c’est comme un petit marathon

Le festival de Verbier, justement, tient une place à part dans la vie de Julien. Haut-lieu de la musique de chambre depuis 25 ans, il y a fait des rencontres déterminantes notamment avec Ray Chen avec qui il joue ces jours-ci. Ils ont été associés en 2011 sur une sonate de Franck. Ils ont vécu une sorte de « coup de foudre musical » avec beaucoup d’affinités sur et en-dehors de la scène. Australien (de Brisbane) d’origine taïwanaise, Ray Chen est connu pour avoir été premier prix des concours internationaux Yehudi Menuhin et Reine Elizabeth de Belgique. A 28 ans, il est déjà une star. Ici, à Melbourne, Sydney ou Canberra… on attend beaucoup du jeune prodige qui joue à domicile. Cela n’empêche pas le duo d’être équilibré. « On travaille intensément, mais surtout, on se parle pour être sûrs d’aller dans la même direction. »

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Aujourd’hui, leur affinité est telle que Julien peut associer chaque coup d’archet du violoniste à une respiration sur laquelle il se cale. « Pour qu’il y ait de la magie sur scène, il faut qu’on se fasse confiance, un récital, c’est comme un petit marathon…c’est physique et on donne tout. » Deux programmes ont été montés pour cette tournée de dix dates, l’effort est donc double. A Melbourne, par exemple, le week-end prochain, le duo jouera une chaconne de Vitali, une sonate d’Ysaÿe (en solo pour Ray Chen) et une autre de Franck, le compositeur belge. Entre-temps, les deux artistes se produiront à Perth et Adélaïde. Ils finiront par une ultime date à Sydney. Le calendrier est dense.

Jusqu’à présent, le Français a trouvé le public australien « fin, cultivé et doté d’une bonne qualité d’écoute ». Il est ravi de cette première « sur terre », car il a bizarrement déjà joué en Australie, mais sur un bateau de croisière il y a quelques années. Ici, il profitera aussi de son frère basé à Sydney. Il retournera ensuite auprès de sa famille. Il nous montre d’ailleurs une vidéo de son bébé. Sans surprise, la progéniture est déjà au clavier !

Valentine Sabouraud

Dernières dates en Australie : réservez vite !

Perth 21 août 7.30 pm / Adelaide 23 août 7.30 pm / Melbourne 25 août 7.00 pm / Sydney 27 août 7.00 pm / Réservations ici et extraits d’un de ses derniers concerts là.

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NCT
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