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Le surf, une menace pour l’environnement ?

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Le surf, sport emblématique d’Australie a contre toute attente des effets néfastes sur l’environnement.  Une planche de surf a ainsi une empreinte écologique de plus de 270 kilogrammes de CO2.  Les trois millions de surfeurs australiens ont aussi d’autres impacts, non soupçonnés, sur la nature.

Evidemment , tout surfeur dispose d’un lien particulier avec la nature: à la merci de l’océan, il doit accepter la présence d’animaux, de requins et il part à la recherche des meilleurs spots de surfs à travers la brousse. Ainsi l’environnement est une donnée constamment présente dans l’esprit du surfeur  car la compréhension des phénomènes météorologiques et océaniques est essentielle.

 

Chaque année  une planche de surf, deux combinaisons, un kilo de cire et quatre cordons (leash)  deviennent des déchets

 

Cependant ce lien privilégié peut aussi être empoisonné. Qu’il soit débutant ou professionnel, le surfeur ne va pas hésiter à faire des kilomètres en voiture ou à voyager en avion à la recherche des meilleurs spots… au détriment de l’environnement. Ironie du sort quand on pense que le surf en lui-même ne nécessite aucun pétrole pour être pratiqué.

 
Le tableau noir ne s’arrête toutefois  pas là. En effet, les indispensables du surf, à savoir la planche de surf et la combinaison seraient les équipements sportifs les plus toxiques pour l’environnement.  Ainsi,  le pétrole intervient de manière importante dans la fabrication et la composition de ces biens. De plus, les pratiques quotidiennes, a priori inoffensives,  du surfeur contribuent à la pollution de l’environnement.  L’habituelle cire que le surfeur a l’habitude d’étaler sur sa planche avant toute session serait tout aussi néfaste.

 
Au bout d’un an, le bilan écologique d’un surfeur régulier n’est pas glorieux:  une planche, deux combinaisons, un kilo de cire et quatre cordons (leash)  finissent ainsi comme déchets. L’empreinte écologique d’une planche de surf , telle qu’une shortboard de 6 pieds  est  ainsi de plus de 270 kilogrammes de CO2, de sa construction à sa destruction. Les trois millions de surfeurs australiens ont donc un impact réel et bien plus important qu’imaginé sur  la nature.

 

Des paysages dévastés par le surf

 

Ces incroyables endroits ont ainsi été souillées au fil des années. L’exemple de Bali  est poignant: connues pour  ses  incroyables spots de surf, ses plages ne sont plus celles qu’elles étaient.

 

Tout endroit touristique se devant d’être aménagé pour accueillir ces aficionados, les paysages côtiers sont désormais gâchés par la présence et la construction de routes,  de lieux de restauration ou de sanitaires.

 

Des mesures de protection et de nouveaux matériaux plus écologiques

 

Conscients de cette impact, des gouvernements ou des marques ont décidé de réagir. Ainsi Quiksilver ou Coca-Cola ont lancé des initiatives pour sensibiliser les locaux, le gouvernement balinais et les touristes aux conséquences de ce sport. Tandis qu’en Australie, certains endroits ont désormais été classées comme réserves naturelles, telle que Phillip Island ou Maroubra.

 
Enfin, la solution réside peut-être dans la construction de nouveaux matériaux de surf, plus écologiques. Par exemple les planches peuvent désormais être fabriquées à partir de matériaux recyclés ou naturels. Ce sont les nouveaux défis des marques comme Firewire, Grain Ou Ocean Green. Il en est de même pour les combinaisons qui peuvent être manufacturées avec des produits plus respectueux de l’environnement.

 
Selon Dave Rastovich, un éminent activiste dans le domaine du surf : « Tout ce qui nuit à l’équilibre de la vie côtière et marine est un sujet qui concerne les surfeurs, que nous y soyons sensibilisés ou non ».  Et des solutions existent pour que le surf, ce sport emblématique d’Australie ne nuisent pas à des paysages et une nature  toute aussi symboliques.

 

Aurélia Hild


Source : www.theguardian.com

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