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Learn French : La grippe espagnole, plus meurtrière que la Première Guerre mondiale

NCT

L’épidémie de grippe espagnole d’il y a 100 ans est la plus meurtrière de toute l’histoire moderne ; elle a fait de 50 millions de victimes, un bilan bien supérieur à celui la Première Guerre mondiale.

Revenons sur ce triste épisode.

Pourquoi « grippe espagnole » ?

Les pays impliqués dans la guerre de 14-18 ont censuré les informations concernant l’étendue de l’épidémie de grippe qui ravageait leurs troupes.

Mais l’Espagne ne prenait pas part au conflit et n’a pas opéré de censure. Les médias rapportant l’impact de l’épidémie de grippe en 1918-1920 ont donné la fausse impression que l’Espagne était particulièrement touchée, ce qui a donné son nom à la maladie.

D’où venait-elle ?

L’origine géographique de l’épidémie est incertaine et il n’existe plus d’échantillon disponible aujourd’hui pour faire des recherches.

Les premiers cas ont été enregistrés aux Etats-Unis en 1918. Un matin de mars, dans le Kansas, un soldat s’est présenté à l’infirmerie avec de la fièvre, des douleurs musculaires et un mal de gorge. A midi, d’après les rapports de l’époque, des dizaines d’autres l’avaient rejoint, frappés par ce qui allait devenir la grippe espagnole. Les troupes auraient propagé l’épidémie en Europe.

Le virus est de type A(H1N1), la même souche à l’origine de l’épidémie de grippe porcine en 2009. Cette dernière a fait environ 18 500 victimes dans 214 pays, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), bien que des estimations plus récentes les chiffrent plutôt autour de 200 000.

On pense que tous les virus de la grippe de type A proviennent directement ou indirectement de celui de 1918, mais sont moins dangereux.

 Une expansion rapide

L’épidémie de grippe espagnole s’est propagée en trois vagues, la première dans l’hémisphère nord dès le printemps 1918 avec une forte contagiosité mais faisant peu de victimes.

La deuxième, plus virulente, est intervenue plus tard dans l’année et a « balayé le globe en six mois, tuant plus de 10 000 personnes par semaine dans certaines villes des Etats-Unis au plus fort de l’épidémie, » d’après le site de l’Académie des Sciences américaine.

« On trouve des rapports très émouvants racontant que des soldats en forme et en bonne santé tombaient pendant les défilés et mouraient le jour-même ou le lendemain », décrit un autre article.

La troisième vague a suivi au début de 1919.

Peu de régions du monde ont été épargnées. L’Australie fait partie des pays les moins affectés grâce à ses mesures de quarantaine strictes.

 Un bilan épouvantable

Il n’y a pas de bilan précis de l’épidémie de grippe espagnole.

Toutes les estimations disent qu’elle a fait beaucoup plus de victimes que la Première Guerre mondiale, qui a tué environ 10 millions de soldats et plusieurs millions de civils.

L’OMS fait régulièrement état de « plus de 50 millions » de morts de la grippe espagnole et une étude de 2002, souvent citée depuis sa publication, affirme que le nombre de victimes a pu atteindre 100 millions.

Environ 500 millions de personnes, soit environ un tiers de la population mondiale de l’époque, ont été infectées, d’après un rapport de 2006.

« Le taux de mortalité élevé s’explique en grande partie par la forte densité de population dans les camps militaires et les environnements urbains, ainsi que la malnutrition et les mauvaises conditions d’hygiène de l’après-guerre, » explique le Smithsonian Institute.

La forme virulente du virus agissait rapidement, remplissant les poumons de liquide et provoquant l’étouffement des victimes, certaines mourant dans les jours suivants l’apparition des premiers symptômes.

Les victimes

Alors que les épidémies actuelles touchent plutôt en majorité les jeunes enfants et les personnes âgées, la grippe espagnole frappait plus gravement les jeunes adultes âgés entre 20 et 40 ans.

Parmi les victimes célèbres, on trouve : l’artiste autrichien Egon Schiele (1918) ; le poète français Guillaume Apollinaire (1918) ; le grand-père de Donald Trump, Frederick Trump (1918) ; le président brésilien Francisco de Paula Rodrigues Alces (1919).

La Société des Nations, ancêtre des Nations Unies, a créé en 1922 un comité de santé en partie pour répondre au besoin de lutte contre de telles épidémies. Celui-ci est devenu l’Organisation Mondiale de la Santé.

 

Glossaire :

atteindre (v.)  to reach

bilan (n.m.) : (death) toll

défilé (n.m.) : parade

échantillon (n.m.) : sample

en forme (exp.adv.) : in good shape

épargner (v.) : to spare

épidémie (n.f.) : outbreak

épouvantable (adj.) : ghastly

étouffement (n.m.) : suffocation

fièvre (n.f.) : fever

grippe (n.f.) : flu

mal de gorge (exp.n.m.) : sore throat

porcine (adj.f.) : swine

poumon (n.m.) : lung

propager (v.) : to spread (for diseases)

taux de mortalité (n.m.) : death rate

toucher (v.) : to hit


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Spanish flu, more deadly than World War I

The Spanish flu outbreak 100 years ago is the modern world’s deadliest epidemic, its toll of more than 50 million surpassing that of World War I.

Here is some background.

Why ‘Spanish flu’?

Countries caught up in the 1914-1918 war censored information about the extent to which the flu outbreak was ravaging their troops.

Spain was, however, neutral in the conflict and had no such restrictions. Media reporting on the effects of 1918-1920 flu outbreak there resulted in the false impression that Spain was particularly hard hit, giving rise to the nickname.

Where did it come from?

The geographic origin of the epidemic is not certain and no samples remain for further study.

The first cases were recorded in 1918 in the United States. On a March morning, a soldier in Kansas reported to the infirmary with a fever, muscle aches, and a sore throat.

By lunchtime, records state, dozens had joined him, stricken with what would become known as the Spanish Flu. It may have spread to Europe with the troops.

The virus is the type A(H1N1), the same strain behind the swine flu outbreak of 2009. That outbreak claimed about 18,500 lives in 214 countries, according to the World Health Organization (WHO), although later estimates say the final toll could be around 200,000.

It is believed that all existing type A flu viruses come directly or indirectly from the 1918 virus but are less harmful.

Rapid spread

Spanish flu spread in three waves, the first in the Northern Hemisphere spring of 1918 being highly contagious but causing few deaths.

The second, more virulent, emerged later in the year and « swept the globe in six months, killing over 10,000 people per week in some US cities at the height of the pandemic, » says a paper on the US National Academy of Sciences site.

« Emotional reports of fit and healthy soldiers falling down on parade and dying the same or the next day are recorded, » another article says.

The third wave followed in early 1919.

Few regions were untouched. Australia was among the countries least affected because of its strict quarantine measures.

A ghastly toll

There is no precise death toll for the Spanish flu outbreak.

All estimates say that it caused many more deaths than World War I, when around 10 million soldiers were killed along with several million civilians.

The WHO regularly states « more than 50 million » died from the flu and one 2002 study, cited by many others since, says the toll may have been as high as 100 million.

About 500 million people, estimated at one-third of the world’s population at the time, were infected, says a 2006 report entitled « 1918 Influenza: the Mother of All Pandemics ».

« Much of the high death rate can be attributed to crowding in military camps and urban environments, as well as poor nutrition and sanitation, which suffered during wartime, » the Smithsonian Institute says.

The virulent form of the virus acted quickly, causing the lungs to fill with fluid and suffocating victims, some of whom died within days of their first symptoms.

The victims

While flu epidemics today tend to strike mainly young children and the elderly, the Spanish flu hit hardest among young adults aged between 20 and 40.

Its high-profile victims reportedly include: Austrian artist Egon Schiele (1918); French poet Guillaume Apollinaire (1918); Donald Trump’s grandfather Frederick Trump (1918); Brazilian president Francisco de Paula Rodrigues Alves (1919).

The League of Nations, the forerunner of the United Nations, created in 1922 a health committee in part to respond to the need to fight such epidemics. It evolved into today’s WHO.

Source: AFP


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