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Learn French : la nationalité française est-elle réservée aux héros ?

gjfood

Si vous arrivez en France sans avoir les bons papiers et que vous souhaitez obtenir la nationalité française, alors c’est très simple.

Comme le montre le cas de Mamoudou Gassama*, tout ce que vous avez à faire, c’est accomplir quelque chose « d’exceptionnel ». Et ceci est bien réel : c’est d’ailleurs inscrit dans le Code civil.

L’article 21-19 déclare qu’une procédure accélérée de naturalisation est possible pour un étranger qui a « rendu des services exceptionnels à la France, ou dont la naturalisation présenterait un intérêt exceptionnel pour la France. » C’est ce qu’a invoqué le président Emmanuel Macron lorsqu’il a félicité le jeune Malien au Palais de l’Elysée et lui a dit qu’il allait recevoir ses papiers par la Poste.

La France étant une nation qui s’est fondée sur un ensemble de valeurs auto-proclamées, elle a toujours été ouverte à l’idée d’une citoyenneté française ‘à titre honorifique’ — une façon de distinguer les étrangers méritants dont les actions ont défendu ou fait rayonner ces valeurs.

Au début de la Révolution française, il existait une loi qui permettait d’accorder la citoyenneté française à des « hommes (sic) qui, par leurs écrits et leur courage, ont servi la cause de la liberté ». Parmi ceux en ayant bénéficié, on compte George Washington et Thomas Jefferson. Beaucoup plus tard, en 1870, un décret offrait la nationalité française aux personnes qui avaient combattu aux côtés de la France dans la guerre l’opposant à l’Allemagne. La plupart des naturalisés de l’époque étaient d’ailleurs des Allemands.

Mais toutes ces traditions ont été établies avant l’immigration de masse. Aujourd’hui, c’est différent.

Il reste évidemment le cas particulier de la Légion étrangère, qui depuis les années 1830, offre la possibilité aux soldats d’autres nations de combattre pour la France. Mais contrairement à une idée reçue, les soldats de la Légion étrangère n’acquièrent pas automatiquement la nationalité française, sauf s’ils sont blessés au combat. Actuellement, alors que la Légion étrangère emploie 8600 soldats de 150 pays, il y a environ 200 naturalisations par an.

 

Une décision examinée à la loupe

Aujourd’hui, il y a des centaines de milliers de jeunes hommes en France qui — comme M. Gassama — sont arrivés après un voyage long et dangereux, n’ont pas de papiers et parviennent tout juste à survivre en travaillant au noir. Et tous aimeraient beaucoup suivre son exemple.

Dans de telles circonstances, la décision du président ne pouvait qu’être examinée à la loupe.

En réalité, presque tout le monde s’accorde sur le fait que ce qu’a fait M.Gassama, en sauvant le petit garçon, était suffisamment extraordinaire pour lui valoir d’obtenir la naturalisation en procédure accélérée.

Mais ce que certains reprochent au président, c’est son incohérence. Pourquoi, s’interrogent ses détracteurs, n’applique-t-il pas la même générosité aux autres sans-papiers ? Pourquoi ne sélectionner qu’un chanceux ?

Leur indignation est d’autant plus grande qu’une loi sur l’immigration est actuellement discutée au Parlement, selon laquelle — aux yeux de la gauche — le président Macron est en violation de la mission historique de la France envers l’humanité.

La loi qu’il propose est-t-elle aussi dure ou inhumaine que ce qu’affirment ses ennemis ? Ceci est un autre sujet. Ce qui ne fait aucun doute, c’est l’objectif de cette loi : celle-ci vise à clarifier les choses, autant que possible et au plus tôt, pour les migrants potentiels. S’ils peuvent rester, ils restent. S’ils doivent partir, ils partent. Ils sont alors expulsés.

Dans sa conversation avec le jeune Malien, le président Macron n’a pas caché que si celui-ci n’avait pas croisé par hasard la route de cet enfant mal surveillé par une chaude journée, il aurait lui-même été sur la liste des personnes à expulser. Mais il en a été tout autrement. M.Gassama a réagi avec une générosité instinctive et son acte d’extrême bravoure a été filmé.

Pour le président Macron, qui désire promouvoir sa vision de la France comme nation de héros, cela était suffisant. Ce qu’a accompli M. Gassama était en effet exceptionnel et n’a pas uniquement profité à l’enfant, mais à La France. M. Gassama a gagné le droit d’obtenir la nationalité française en procédure accélérée.

 

* Mamoudou Gassama, Malien sans-papiers vivant à Paris, a escaladé un immeuble de 4 étages pour porter secours à un petit garçon suspendu à un balcon.

 

Glossaire :

 

accélérée (adj.f.) : fast-track

acquérir (v.) : to gain

bravoure (n.f.) : courage

chanceux (n.m.) : lucky one

combattre (v.) : to fight

être examiné à la loupe (exp.v.) : to be under heavy scrutiny (lit. to be examined with magnifying glass)

expulser (v.) : to deport

idée reçue (n.f. + adj.) : popular belief

il en a été tout autrement (exp.) : things turned out differently

incohérence (n.f.) : inconsistency

méritant (adj.) : worthy

reprocher à (v. + prep) : to hold against

travailler au noir (v.) : work in the black economy

en violation de (exp.) : in breach of

valoir (v.) : to merit


 

Is French citizenship restricted to heroes?

 

If you come to France without the right papers and you want to get French citizenship, then it’s really quite simple.

As the case of Mamoudzou Gassama* goes to show, all you have to do is pull off something « exceptional ». This is actually enshrined in the civil code.

Article 21-19 says that a fast-track naturalisation procedure is possible for a foreign national who has « performed exceptional services for France, or whose naturalisation would be of exceptional interest for France ». This is what President Emmanuel Macron was invoking when he congratulated the young Malian at the Elysée palace and told him his papers would be in the post.

Being a nation founded on a set of self-declared values, France has always been open to the idea of an « honorary » French citizenship – a way of elevating worthy foreigners whose actions have defended or propagated those values.

Back in the early days of the Revolution, there was a law that gave citizenship to « men (sic) who by their writings and their courage have served the cause of freedom ». Beneficiaries included George Washington and Thomas Jefferson. Much later, in 1870, a decree offered citizenship to people who had fought alongside France in the war against Germany. Most of those who benefited at the time were actually Germans.

But all these precedents were set in the days before mass immigration. Today it is different.

Of course there is still the special case of the Foreign Legion, which since the 1830s has offered a chance to fight for France to soldiers of other nations. However, contrary to popular belief, Foreign Legion soldiers do not get automatic French citizenship, except if they are wounded in action. Today – with the legion employing 8,600 soldiers from 150 countries – there are about 200 naturalisations a year.

 

A decision under high scrutiny

Today there are hundreds of thousands of young men in France who – like Mr Gassama – arrived after a long and dangerous journey, have no proper papers and survive (just about) by working in the black economy. And all of them would dearly love to follow his example.

In such circumstances there was bound to be heavy scrutiny of the president’s decision.

In fact, just about everyone agrees that what Mr Gassama did in saving the boy was sufficiently extraordinary to merit fast-track citizenship.

But what some people hold against the president is inconsistency. Why, his detractors are asking, do you not apply the same generosity to the rest of the sans-papiers (paperless ones)? Why single out one lucky individual?

Their indignation is all the sharper because right now an immigration bill is passing through parliament which – in the eyes of the left – puts President Macron clearly in breach of France’s historic mission to humanity.

Whether his proposed law is nearly as tough or inhumane as his enemies say it is is another matter. What is not in doubt is the goal: it is to make matters as clear as possible, as early as possible, to would-be immigrants. If they can stay, they stay. If they have to leave, they leave. They are deported.

In his conversation with Mr Gassama, President Macron made clear that had it not been for his chance encounter with a badly supervised child on a hot day, Mr Gassama himself would have been on that list for deportation. But things turned out differently. Mr Gassama reacted with an instinctive generosity of spirit and his act of supreme courage was all caught on camera.

For President Macron, eager to promote his vision of France as a nation of heroes, this was enough. The act was indeed exceptional and the beneficiary was not just the boy, it was La France. Mr Gassama had qualified for fast-track citizenship.

* Mamadou Gassama, a paperless Malian who lives in Paris, climbed up a 4-storey building to rescue a little boy hanging from a balcony.

 

Source: bbc.com


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