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L’écrevisse géante de Tasmanie menacée de disparition

nbarney

Le gouvernement fédéral a proposé un nouveau plan de protection de l’écrevisse géante de Tasmanie, une espèce endémique aussi bizarre qu’attachante.

L’Astacopsis Gouldi est le plus gros invertébré au monde. Il peut peser jusqu’à 6kg et vivre 60 ans. Il vit dans les rivières froides du nord de la Tasmanie, plus particulièrement à l’ouest de Launceston où le braconnage et la destruction de son habitat naturel l’a forcé à se retrancher.

« Homard d’eau douce »

Les locaux ont beaucoup d’affection pour ces créatures étranges, qui apparaissent régulièrement sur les chemins piétonniers et dans les enclos. Tony Walsh, un chercheur qui étudie l’espèce depuis plus de 20 ans, raconte : « J’ai connu une dame qui ouvrait un portail chaque année pour permettre à une écrevisse de rejoindre son étang. Quelques mois plus tard, l’écrevisse réapparaissait pour faire le trajet inverse et attendait sagement devant le portail. »

Ces animaux ont de quoi impressionner. Les pinces d’un mâle sont assez grosses pour entourer un mollet d’adulte et il n’est pas rare d’en voir tenir — et briser — des bouteilles de bière. « C’est une espèce emblématique, à propos de laquelle tout le monde a une histoire à raconter » ajoute Tony Walsh à propos de cette écrevisse géante surnommée affectueusement « homard d’eau douce ».

L’exploitation forestière en cause

Malheureusement, l’espèce est en danger. La plus grande menace pour sa survie vient des sédiments engendrés par l’abattage des arbres. En effet, ceux-ci bouchent les trous dans lesquels les bébés écrevisses se cachent pendant les sept premières années de leur vie.

Les femelles ne peuvent procréer avant l’âge de 14 ans et se reproduisent tous les deux ans. Bien qu’elles aient à chaque fois entre 220 et 1300 œufs à l’issue d’une gestation de 9 mois, peu deviendront des écrevisses adultes. « Un bébé écrevisse est de la taille de votre ongle, sept ans plus tard vous pouvez encore les tenir dans votre main. C’est pour ça qu’ils doivent se cacher. Les sédiments bouchent les trous et ils n’ont plus nulle part pour se protéger, alors ils se font dévorer ou meurent de faim » explique Tony Walsh.

Le nouveau plan de protection, après que le précédent ait été enterré par le nouveau gouvernement de l’état, recommande d’augmenter les zones protégées et d’améliorer les pratiques de l’exploitation forestière afin de réduire son impact sur les quantités de sédiments. Ce même plan recommande également que la police de Tasmanie limite le braconnage, par exemple en installant des caméras sur les sites de pêche principaux et des barrières électriques sur les chemins forestiers que les braconniers empruntent pour accéder aux ruisseaux.

www.theguardian.com

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