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L’empire Murdoch au centre des convoitises

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L’empire de Rupert Murdoch est au centre des convoitises: ComCast, Verizon et Sony sont intéressés par les studios 21st Century Fox et sa part dans le groupe de télévision européen Sky, a indiqué vendredi à l’AFP une source proche du dossier.

21st Century Fox, la société regroupant les activités audiovisuelles et le studio de cinéma 20th Century Fox, a été approché récemment par le cablo-opérateur ComCast (NBCUniversal) et l’opérateur télécoms Verizon, propriétaire depuis peu du coeur de métier de Yahoo! rebaptisé Oath, a ajouté cette source sous couvert d’anonymat, confirmant des informations du Wall Street Journal.

Le japonais Sony a également approché 21st Century, a dit cette source.

Contacté par l’AFP, la Fox n’a pas répondu dans l’immédiat.

Ces marques d’intérêt, qui sont au stade « préliminaire », surviennent quelques jours après l’échec de négociations similaires avec Disney.

Elles tournent autour du studio de cinéma, des chaînes câblées (FX, National Geographic…) et de la participation de 39% de la Fox au capital de l’opérateur de télévision Sky, présent au Royaume-Uni, Irlande, Allemagne, Autriche et Italie, assure la source.

Si elles débouchaient sur une transaction, le groupe de Rupert Murdoch ne conserverait plus que la grande chaîne hertzienne américaine Fox, les stations locales, les chaînes d’informations et des chaînes sportives.

Le magnat des médias, qui a cédé une grande partie des commandes de son empire à ses deux fils, James et Lachlan, aura aussi toujours le contrôle de ses journaux — Le Wall Street Journal et le New York Post aux Etats-Unis, le Sun, le Times et le Sunday Times entre autres en Angleterre — qui composent la société indépendante News Corp.

– Le fils Murdoch critique Trump –


Ces grandes manoeuvres interviennent au moment où le paysage de la télévision et du divertissement est bousculé par les appétits des géants de la Silicon Valley — Apple, Netflix, Amazon, Facebook et Google — et la vidéo en ligne.

La plupart des câblo-opérateurs et groupes de médias veulent se diversifier et mettre la main sur les contenus, le nerf de la guerre, pour séduire les « Millenials », la génération des 17-34 ans intéressée par une consommation audiovisuelle sur-mesure.

La Fox avait, elle-même, tenté de créer un géant de la télévision et du cinéma en juillet 2014 en signant un chèque de 80 milliards de dollars pour avaler Time Warner (CNN, HBO, studio Warner Bros) mais s’était heurtée au refus de sa cible.

Elle est repartie à l’attaque en 2016 en mettant sur la table 15 milliards de dollars pour acheter les 61% de Sky qu’elle ne possède pas mais la transaction suscite une forte opposition politique et des autorités de la concurrence au Royaume-Uni.

Rupert Murdoch avait déjà tenté en 2012 de prendre le contrôle de Sky, qui s’appelait alors BSkyB. Il avait dû renoncer suite au scandale des écoutes illégales des messageries téléphoniques de stars et de politiques ainsi que de victimes de crimes et de terrorisme réalisées, selon les autorités, par les journalistes du tabloïd News of the World, fermé depuis.

Le milliardaire de 86 ans, né en Australie et qui s’est remarié pour la quatrième fois en 2016 avec l’ancien mannequin et actrice Jerry Hall, a construit son empire étape après étape, en reprenant dans les années 50 deux journaux à faible tirage légués par son père.

L’un d’eux, le News d’Adelaïde, va servir de test à ce qui fera le succès par la suite de Rupert Murdoch en Angleterre et aux Etats-Unis: un mélange d’information populaire et à scandale.

A l’image de son groupe, Rupert Murdoch, proche de Donald Trump, possède une demi-douzaine de résidences, de New York à Berverly Hills, en passant par Londres et s’est construit une réputation de « faiseur de rois ».

Ses médias ont fait campagne pour Margaret Thatcher, Tony Blair et George W. Bush notamment mais de récentes accusations de harcèlement sexuel contre des stars de la chaîne Fox News ont relancé les interrogations sur le positionnement politique de l’empire Murdoch au moment où les héritiers veulent imprimer leur marque.

James Murdoch, 44 ans, directeur de la Fox, a ainsi critiqué Donald Trump mi-août après les violences de Charlottesville et l’une des stars de Fox News, Bill O’Reilly, a été débarqué en avril après des accusations de harcèlement sexuel.

AFP

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