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Résistance aux antibiotiques : les herbicides pointés du doigt

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Selon des scientifiques, les ingrédients actifs trouvés dans les désherbants communs comme le Roundup et le Yates peuvent aider les bactéries à développer une résistance à certains antibiotiques.

Lors d’une nouvelle étude publiée dans le journal Microbiology, les chercheurs de l’université de Canterbury en Nouvelle-Zélande ont découvert que trois produits chimiques présents dans les herbicides – le glysophate, principe actif du Roundup, le dicamba, qu’on trouve dans le Yates et le 2,4-D – augmentent la résistance des salmonelles et des E.coli aux antibiotiques.

Jack Heinemann, professeur en biologie moléculaire et génétique, est l’un des auteurs de l’étude. D’après lui, ces découvertes montrent que « les bactéries réagissent à l’exposition aux désherbants en modifiant leur résistance aux antibiotiques ». La résistance aux antibiotiques est un processus selon lequel des bactéries autrefois tuées par certains médicaments y deviennent insensibles, ce qui complique beaucoup le traitement d’infections ou de maladies courantes qui peuvent ainsi devenir mortelles.

Cette recherche a en effet prouvé qu’à la fois les ingrédients actifs et inertes entrant dans la composition des herbicides forcent les bactéries à s’adapter à un environnement moins favorable, les rendant plus résistantes aux antibiotiques.

« Ces produits sont vendus dans les magasins locaux et peuvent être utilisés par n’importe qui sans formation préalable. Il n’y a aucun contrôle pour éviter que les enfants et les animaux y soient exposés, dans les jardins ou dans les parcs » explique le professeur Heinemann. Malgré le fait que ces produits soient très répandus, c’est la première fois qu’une étude démontre leur effet délétère sur un aspect fondamental de la médecine — l’utilisation des antibiotiques. Tous les pathogènes humains sont résistants à au moins un antibiotique, certains devenant même résistants à pratiquement tous les traitements possibles.

L’Organisation Mondiale de la Santé prédit que vers 2050, la résistance aux antibiotiques provoquera plus de 10 millions de morts supplémentaires par an, ce qui coûtera à l’économie mondiale $131 billions.

Face à cette découverte, le professeur Mary-Louise McLaws, experte en contrôle des maladies contagieuses de l’université du NSW, souligne que l’étude nous rappelle qu’il « faut rester prudent face à l’utilisation de produits chimiques car nous partageons notre quotidien avec des bactéries qui protègent l’environnement. »

« Les bactéries ont survécu sur cette planète pendant des milliards d’années en s’adaptant, » a-t-elle ajouté.

« Si les souches de laboratoire d’E.coli, relativement faibles, peuvent développer une résistance aux antibiotiques, la prochaine étape est de déterminer avec quelle vitesses les bactéries présentes dans notre tube digestif peuvent réagir à l’exposition aux herbicides, » explique McLaws.

D’après plusieurs spécialistes, les herbicides et fongicides devraient être étudiés de plus près lors’

D’après le professeur Heinemann, les effets sub-léthaux des herbicides et d’autres produits chimiques (l’effet sub-léthal altère les organismes, ici les bactéries, sans les tuer) « devraient être mieux pris en considération par les régulateurs lorsqu’un produit est mis sur le marché ». Car le problème de la résistance aux antibiotiques va bien au-delà du fait de mieux réguler les prescriptions de ces traitements.

 

Source : thenewdaily.com.au

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