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Melbourne French Theatre : dans les coulisses de La Comtesse Bis…

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Dans la salle de répétition de Carlton, la troupe s’affaire… Rosa Campagnaro, la metteur en scène donne des instructions de jeu, multiplie les essais, se fait préciser le sens de certains textes en français dont la traduction l’étonne. Les acteurs se concentrent. Il règne une ambiance studieuse même si les bouffonneries travaillées des uns et spontanées des autres rappellent que le plaisir reste le moteur le plus efficace pour consolider une troupe.

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« On marie une pièce avec un metteur en scène », explique Michael Bula, l’infatigable producteur. Pas question d’emmener l’œuvre vers un territoire trop clivant ou éloigné de son contexte d’origine. Il s’agit de construire, pas de détruire. Pour le spectacle qu’elle avait en tête, Rosa a choisi des acteurs de tous horizons. Jennifer Brigant est arrivée de France en WHV deux jours avant le casting. Après le cours Florent et le conservatoire, pas question de lever le pied. Elle a tenté l’essai… qui s’est concrétisé. La jeune femme sera la comtesse cette année. Barnabé Brokensha (le Vicomte) est aussi un acteur professionnel. Tous deux apportent leur rigueur et aussi leurs perspectives.

A côté d’eux, la pièce accueille un fidèle du Melbourne French Theatre : Henry Méra. Professeur à l’université de Melbourne, il a rencontré Michael Bula il y a 20 ans. Il postulait pour un petit rôle dans l’Avare. Finalement, on lui en confiera la mise en scène et il terminera dans la peau d’Harpagon himself. Un début en fanfare pour ce passionné de théâtre qui a vécu en Irlande et aux USA avant d’arriver en Australie. Depuis, Henry Méra s’est forgé une petite réputation. « Il m’arrive régulièrement de croiser des personnes qui me reconnaissent et me félicitent pour telle ou telle pièce. » Des encouragements gratifiants. Cette année, dans La Comtesse Bis, il sera M. Harpin. Le théâtre est une passion dévorante qui demande un investissement personnel considérable. « Je joue régulièrement, mais pas systématiquement. Quant aux rôles, petits ou grands, je peux presque me permettre de les choisir. » Une coquetterie pour cet amateur de talent qui s’est investi dans 7 à 8 pièces déjà et qui aime à rappeler la chance qu’il a eue de jouer, avec le MFT, sous la direction de Colin Duckworth qui a bien connu le grand Samuel Beckett.

Dans les créations du MFT, les piliers rassurent et les surprises emballent. Les surtitres en anglais, par exemple, ont suscité un véritable engouement à leur lancement. Cette année, un Australien fait ses premiers pas sur les planches : Richard Ryan. Professeur de français et de latin depuis 25 ans, il aime particulièrement la poésie et déclame volontiers du Verlaine pour se délasser. « J’ai toujours aimé le théâtre, mais j’ai souvent pensé que je n’avais pas les capacités pour me lancer. » Une timidité qui n’a pas empêché Richard de brûler les planches dans la vraie vie… devant ses élèves. Un vrai rôle, finalement, pour cet enseignant adulé par ses classes. « J’adore mon personnage de M. Thibaudier dans la pièce. Je crois qu’il est vraiment amoureux de la comtesse et ses efforts, même ridicules, sont suffisants pour le faire remarquer. Somme toute, il capte l’attention de sa chère et tendre. » Parce qu’il sait la valeur des mots, Richard Ryan affirme volontiers que l’énergie déployée par les causeurs est souvent tournée vers une seule chose : l’amour. Lui-même, adolescent, est tombé amoureux de Catherine Deneuve dans « Les parapluies du Cherbourg »… une révélation qui l’a mené au français, à la poésie et à cette pièce. Romantique, on vous dit !

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Henry Méra

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Richard Ryan

En 1682, Molière écrit une pièce-ballet commandée par Louis XIV pour le remariage de son frère. L’oeuvre met en scène la Comtesse d’Escarbagnas qui, revenant de Versailles à Angoulême où elle demeure, va essayer d’imposer dans sa demeure un train de « vie de qualité » alors même qu’elle est courtisée par plusieurs soupirants dont deux notables gonflés de leur propre importance. Pour ses 40 ans, le Melbourne French Theatre a choisi de revisiter cette satire enjouée et trépidante, en y ajoutant une critique de L’école de femmes, un clin d’oeil audacieux qui souligne les travers de la société de l’époque.

La Comtesse Bis, mise en scène par Rosa Campagnaro est en français surtitrée anglais. Du 4 au 6 mai 2017 en matinée à 2.30 pm et soirée 8 pm. Collingwood Theatre College McCutcheon Way, Collingwood VIC 3066. Informations et réservations ici.

Le Courrier Australien vous invite au théâtre. Deux places à gagner en likant la page Facebook du Courrier Australien et en taggant dans les commentaires la personne qui vous accompagnera. Tirage au sort le 2 mai au soir !

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