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Mesures d’économie : les Français de l’étranger ne seront pas épargnés

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Le ministère des Affaires étrangères fera des économies… comme tout le monde. L’ampleur de l’effort, connu désormais, pèsera notamment sur « l’action extérieure de l’état », avec plus de 165 millions d’euros de crédits de paiement (CP) et 163 millions d’autorisations d’engagements (AE) de dépense annulés. L’officialisation s’est faite par le biais d’un décret publié au JO le 21 juillet dernier, en plein de cœur de l’été et en toute discrétion.

Les grands postes concernés sont :

– l’Action de la France en Europe et dans le monde,

– la diplomatie culturelle et d’influence,

– les Français de l’étranger et affaires consulaires.

Pourraient ainsi être touchés : le financement et les subventions des Alliances et instituts, des écoles du réseau AEFE* et les frais de fonctionnement des ambassades et consulats.

Si toutefois des efforts importants sont demandés à chaque ministère, le sénateur Jean-Yves Leconte (PS) remarque sur son blog que ces « annulations de crédits (sont) les plus importantes proportionnellement aux budgets votés ». En Australie, les réactions ne se sont pas fait attendre… du moins de la part des conseillers consulaires, très remontés et inquiets.

En vacances en France, Sébastien Vallerie a pris le temps de s’expliquer sur sa page facebook et au Courrier Australien : « Ma définition de constructif est qu’il faut dire quand les choses sont acceptables et s’opposer quand elles ne le sont pas. Le mépris dont le gouvernement fait actuellement preuve à l’égard des Français de l’étranger est inacceptable. » Jean-Philippe Grange, lui, se dit préoccupé : « Aux côtés des nombreuses autres coupes budgétaires comme celle de l’aide publique au développement ou encore du secrétariat d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, qui permettent de subventionner de nombreuses associations, elle procède d’une approche purement comptable de la part du gouvernement. Cette approche n’est pas en phase, me semble-t-il, avec les attentes qu’il a pu générer. » Pour ce conseiller, si on attaque ainsi le réseau éducatif, culturel et diplomatique français à l’international : « c’est le rayonnement de notre pays à l’étranger qui va en pâtir ».

A l’ambassade, aucun commentaire n’a été fait. On attend, avec prudence, de connaître l’ampleur des effets  ici, avant de se prononcer. Nul doute que des arbitrages auront lieu. Contacté, le Lycée Condorcet n’a pas souhaité s’exprimer non plus. Du côté des députés des Français de l’étranger fraîchement élus, on nous renvoie à la rentrée (française) pour un avis sur le sujet. Sébastien Vallerie insiste : « Ils doivent déjà rendre des comptes au plus vite à leurs administrés… et sans « poudre de perlimpinpin ».

Rappelons qu’en Australie, cinq établissements sont partenaires ou conventionnés par le réseau AEFE (Lycée Franco-Australien de Canberra, Auburn High School, Lycée Condorcet, Maternelle Red Hill, Ecole Française de Melbourne) et que trente-et-une Alliances françaises sont déployées dans tout le pays.

Explication de texte (source : www.economie.gouv.fr) :

Les autorisations d’engagement (AE) constituent « la limite supérieure des dépenses pouvant être engagées ». Elles sont entièrement consommées dès l’origine de la dépense, c’est-à-dire lors de la signature de l’acte juridique engageant la dépense de l’État. Les autorisations d’engagement sont le support de l’engagement de dépenses qui peuvent s’étaler sur plusieurs années, comme par exemple pour des investissements, dont la réalisation et le paiement peuvent être échelonnés sur plusieurs exercices.

Les crédits de paiement (CP) représentent « la limite supérieure des dépenses pouvant être ordonnancées ou payées pendant l’année pour la couverture des engagements contractés dans le cadre des autorisations d’engagement ». Ils sont le support de règlement de la dépense engagée au préalable. Dans le cas d’un engagement juridique s’exécutant sur plusieurs exercices, la consommation des CP est échelonnée sur plusieurs exercices budgétaires, jusqu’à atteindre le total des autorisations d’engagement initiales.

* AEFE : agence pour l’enseignement français à l’étranger.

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