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Nouvelle-Calédonie : ce que vous devez savoir sur le référendum pour l’indépendance

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À un peu plus de 2 heures d’avion au nord-est de Brisbane, la Nouvelle-Calédonie discute la question de son autonomie depuis des décennies, avec une intensité qui a occasionnellement mené à la violence.

Les sondages laissent penser que le territoire choisira de rester français lors du référendum du 4 novembre prochain, mais avec un cinquième de la population toujours indécise, l’issue du vote est incertaine.

 

Tout d’abord, qu’est-ce que la Nouvelle-Calédonie ?

La Nouvelle-Calédonie est un territoire français, mais il bien plus accessible que Paris lorsque vous vivez en Australie.

nouvelle-calédonie carte

La Nouvelle-Calédonie, à 2000km des côtes australiennes

Dans le Pacifique Sud, à environ 2000 kilomètres de Sydney, la Nouvelle-Calédonie est célèbre pour ses plages tropicales pittoresques et le grand récif qui entoure l’île principale de Grande Terre.

Baptisée par le Capitaine Cook en 1774, elle a été annexée par la France en 1853 et est devenue une colonie pénitentiaire jusqu’au début du XXèmesiècle.

On estime que 40% de la population totale de Nouvelle-Calédonie (d’environ 270 000 personnes), sont des Kanaks autochtones, et 29% sont d’origine européenne.

La Nouvelle-Calédonie détient environ un quart de la réserve mondiale de gisements de nickel et reçoit des financements conséquents de l’état français, ce qui permet aux Néo-Calédoniens d’avoir l’un des PIB les plus hauts de la région pacifique.

 

Pourquoi veulent-ils quitter la France ?

Bien que la Nouvelle-Calédonie soit plus riche que ses voisins, la population autochtone est toujours défavorisée tant sur le plan social qu’économique. Les divisions ethniques entre les deux groupes sont source de tension depuis des décennies.

Le sentiment pro-indépendantiste croissant au sein de la communauté Kanak dans les années 80 est à l’origine de troubles violents, qui ont culminé en 1988 avec la mort de 21 personnes dans une prise d’otages à Ouvéa.

La Nouvelle-Calédonie et les dirigeants français ont fini par signer les accords de Nouméa en 1998, qui ont fixé une chronologie pour que le territoire ait une autonomie accrue, et ont mandaté jusqu’à 3 référendums d’indépendance.

D’après Denise Fisher, ex-Consule générale australienne à Nouméa, cela pourrait prendre du temps. « Cela va être un moment très tendu en Nouvelle-Calédonie » a-t-elle déclaré.

 

Que va-t-on demander aux Néo-Calédoniens ?

La question qui va être posée aux Néo-Calédoniens est celle-ci : Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la souveraineté totale et devienne indépendante ? Oui ou non.

Les partisans du oui et du non sont tombés d’accord (sur ces termes) à Paris, après 15h d’âpres négociations supervisées par le Premier ministre français Edouard Philippe.

« Les pro-indépendantistes voulaient vraiment que les mots ‘souveraineté totale’ soient dans la question parce qu’ils ne sont pas pour une rupture totale avec la France » explique Alexandre Dayant, chercheur au Lowy Institute. « Ils veulent être indépendants mais partenaires de la France, donc le mot ‘indépendance’ les effraie un peu. Et les loyalistes voulaient vraiment inclure le mot ‘indépendance’ pour faire peur aux gens. »

Seuls les résidents permanents de Nouvelle-Calédonie seront autorisés à voter pour le référendum.

On considère généralement que la population kanak est pro-indépendantiste alors que les Néo-Calédoniens d’origine européenne souhaitent plutôt rester français.

Les résultats d’un sondage réalisé l’année dernière ont montré que plus de la moitié de la population voterait non, mais que 20% des personnes interrogées étaient indécises.

 

Que se passera-t-il selon que les gens voteront oui ou non ?

M.Dayant affirme que personne ne le sait vraiment, ce qui est « un point un peu décevant des accords de Nouméa signés en 1998. »

« Les accords étaient censés préparer toutes les communautés au référendum, et on réalise maintenant qu’elles ne se sont pas vraiment parlé, » affirme-t-il.

Si la Nouvelle-Calédonie vote pour rester française, il pourrait y avoir jusqu’à deux référendums supplémentaires sur l’indépendance dans les prochaines années.

Le politicien Philippe Blaise, opposé à l’indépendance, affirme que même si les loyalistes français l’emportaient, ils devraient rester humbles dans la victoire.

« Même si l’idée d’indépendance ne l’emporte pas en novembre, nous serons responsables du bien-être de tout le monde en Nouvelle-Calédonie, y compris les Kanaks, » explique-t-il.

« Le 5 novembre, nous devrons nous asseoir autour d’une table et commencer à discuter de la manière d’assurer un futur meilleur pour la population, toute la population, et de comment résoudre les problèmes d’inégalités et d’éducation. »

 

Glossaire :

âpre (adj.) : tough

autochtone (adj.) : indigenous

conséquent (adj.) : substantial

défavorisé (adj.) : disadvantaged

effrayer (v.) : to scare

emporter (v.) : to win

gisement (n.m.) : deposit

indécis (adj.m.) : undecided

partisan (n.m.) : advocate

pénitentiaire (adj.) : penal

récif (n.m.) : reef

résoudre (v.) : to solve

sondage (n.m.) : poll


New Caledonia: What you need to know about the French territory’s independence referendum

A little more than two hours north-east of Brisbane by plane, New Caledonia has been debating the issue of autonomy for decades, with a fierceness that has occasionally led to violence.

Polls suggest the territory will vote to stay with France at the November 4 referendum, but with a fifth of the population still undecided, it remains unclearwhich way the vote will go.

 

First off — what is New Caledonia?

New Caledonia is a French territory, but it’s a lot easier to get to than Paris when you live in Australia.

In the south Pacific roughly 2,000 kilometres from Sydney, it’s famous for its picturesque tropical beachesand the large reef surrounding its main island of Grande Terre.

Named by Captain James Cook in 1774, it was annexed by France in 1853 and became a penal colonyuntil the turn of that century.

It’s estimated 40 per cent of New Caledonia’s population of about 270,000 are indigenous Kanak, and 29 per cent are of European origin.

Holding about a quarter of the world’s nickel deposits and receiving substantial support from France, New Caledonians enjoy one of the highest GDPsper capita in the Pacific region.

 

Why do they want to leave France?

While New Caledonia might be richer than its neighbours, the indigenous population continues to experience social and economic disadvantages. Ethnicdivisions between the two groupshave been an ongoing source of tension for decades.

Rising pro-independence sentiment among the Kanak in the 1980s led to violent unrest, which reached its peak in 1988 with the deaths of 21 people in a hostage crisisin Oueva.

New Caledonian and French leaders eventually signed the Noumea accord in 1998, which set out a timeline for the territory to assume more governmental responsibility, and mandated up to three referenda on independence.

Denise Fisher, a former Australian consul-general in Noumea said it would potentially be a long process. « It is going to be a very tense time in New Caledonia, » she said.

 

What will New Caledonians be asked?

The question New Caledonians will be asked is: Do you want New Caledonia to accede to full sovereignty and become independent? Yes or no.

The yes and no camps came to the agreement in Paris, after 15 hours of tough negotiation overseen by French Prime Minister Edouard Phillipe.

« The pro-independence people really wanted the words ‘full sovereignty’ to be a part of the question because they don’t actually advocate for a strong break with France, » said Alexandre Dayant, a research associate at the Lowy Institute. « They want independence with partnership with France, so the word ‘independence’ is actually a bit scaryfor them. And the loyalists really wanted the word ‘independence’ so it would scare people. »

Only long-term residents of New Caledonia are allowed to votein the referendum.

The Kanak population is broadly seen to be pro-independencewhile New Caledonians with European origins tend to be more in favour of remaining with France.

A poll last year showed more than half of the population would vote no, but that a fifth of those asked were undecided.

 

What happens when people vote yes or no?

Mr Dayant said no one really knows, which was « a bit disappointing for the [1998 independence] Noumea accord ».

« The accord was supposed to prepare all these communities to go to the referendum, now we actually realise that they haven’t really spoken together, » he said.

If New Caledonia votes to stay, there could be up to two more referendaon independence in the following years.

Anti-independence politician Philippe Blaise said even if French loyalist groups took the day, they would need to accept the win with humility.

« Even if the idea of independence loses in November, we will be responsible for the welfare of everyone in New Caledonia, including the Kanaks, » he said.

« On the 5th of November, we will have to sit around a table and start to talk how to ensure the best future for the people, all the people, how to resolve the problems of inequalities and education. »

 

Source: abc.net.au


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