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Oliver Cadic, sénateur-entrepreneur pour la première fois en Australie

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Olivier Cadic l’annonce d’entrée : l’Australie est son 61ème pays visité. Sénateur des Français de l’étranger depuis 2014, il a une unique circonscription qui englobe… le monde entier, en toute simplicité. Il multiplie donc les déplacements pour observer et comprendre le terrain. De passage à Melbourne avant de s’envoler pour Sydney, il nous répond sur son programme et ses actions.

Avant tout, peut-il se présenter brièvement ? « Je suis entrepreneur, j’ai créé ma société à 20 ans dans l’électronique. J’ai travaillé pour les grandes industries de la défense. Je me suis installé en 1996 au Royaume-Uni, dans le Kent – je suis donc moi-même un Français de l’étranger. » En 2004, Olivier Cadic revend tout et se lance dans l’édition avec son épouse. Il acquiert les droits internationaux pour les grands noms de la bande-dessinée franco-belge (Lucky Luke en anglais, c’est lui), une manière d’assouvir une passion. Son premier pas en politique, il le doit à la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam qui le pousse après avoir décelé son potentiel. Il intègre la section anglaise de l’UFE, puis l’AFE. Il participe ensuite à la création de l’UDI avec Jean-Louis Borloo. En 2014, il est élu sénateur, le seul de son étiquette pour les Français de l’étranger parmi 4 PS et 7 LR.

Déformation professionnelle oblige, le sénateur continue à travailler et penser… comme un entrepreneur : « Je me suis fixé une priorité d’action par pays, explique-t-il. En Australie, je vais auprès des Français, je les observe, je les écoute. J’ai prévu de revoir l’ambassadeur en novembre à Paris pour que nous passions en revue ses objectifs et que je voie comment l’aider. » Olivier Cadic reviendra dans 18 mois environ pour évaluer l’avancement des projets. « Je veux être utile et laisser un bon souvenir », sourit-il. En fin de mandat, il souhaite surtout produire un catalogue d’actions concrètes réalisées sur le terrain.

21368709_10155877885853816_2533161942778163042_oEn Australie, donc, comment pourrait-il être utile ? « Tout d’abord, nous allons fêter l’année prochaine nos cent ans d’amitié, c’est un grand rendez-vous. Ensuite, j’entends une demande forte en matière d’enseignement bilingue, il y a là une formidable opportunité si on sait y réfléchir ensemble. Enfin, il y a des choses à faire dans le domaine de l’économie. Je pense, bien sûr, au contrat de sous-marins qui nous engage sur 50 ans et porte une vraie vision, mais aussi au Brexit. Sans l’Angleterre, la France pourrait être le nouveau fer de lance des 21544003_10155877729473816_3195171506831373173_onégociations entre l’Australie et l’Europe. » Envisager un accord de libre-échange Europe-Australie comme il en existe un avec le Canada… une piste à creuser. En rentrant en France, Olivier Cadic envisage aussi d’encourager les entreprises françaises qui s’intéressent à l’Asie à trouver un point d’appui… en Australie. Si elles n’y pensent pas spontanément, à lui de le leur suggérer lors de ses nombreuses interventions dans les CCI.

De retour en France… les liens politiques ne vont-ils pas se distendre entre le sénateur et les électeurs ? Pour les questions consulaires, Olivier Cadic rappelle que des conseillers sont présents localement. Ils traitent tous types de demandes liées à la vie quotidienne : démarches, santé, éducation. Pour le reste, même si la distance et le décalage horaire ne facilitent pas le suivi – il vient de l’expérimenter lui-même – tout dépend de chacun et de son intérêt pour les textes. « Cela étant, ajoute le sénateur, je remarque que les Français de l’étranger font des analyses politiques souvent très matures. Ils ne sont pas sensibles aux messages populistes de rejet. Ils sont plus inclusifs et ils portent un regard distancié sur leur pays d’origine. Ils voient la France avec ses bons côtés, mais aussi avec ses faiblesses – faiblesses dont on parle sans détour. » En Australie, le sénateur a ressenti une vraie proximité de vues avec les Français rencontrés.

Politiquement, l’UDI serait plutôt proche de la majorité présidentielle. « Nous avons beaucoup en commun avec le programme du président, qui est d’inspiration centriste. Sur les questions européennes, sur l’intégration notamment, il ne manquera jamais une voix de l’UDI. Et sur l’assouplissement de la loi travail, je donne carte blanche à la ministre. En revanche, nous n’avons pas de représentation au gouvernement et nous votons texte par texte. Sur la CSG par exemple, nous ne trouvons pas normal que les non-résidents y contribuent alors qu’ils n’ont pas accès à la sécurité sociale. En Australie, ils paient en plus de l’impôt sur la CSG versée en France…  »

Sur la baisse du budget des affaires étrangères, Olivier Cadic attend d’analyser les chiffres avant de réagir car il a entendu des choses contradictoires. Cependant, « le président a dit qu’il maintiendrait le budget pour l’enseignement à l’étranger, c’est un bon signal ». En revanche, il est clair qu’avec des Français toujours plus nombreux à s’expatrier et de moins en moins d’argent pour les services consulaires, il y a un effet de ciseaux. « Pour moi il faut revoir la philosophie générale. Je l’ai dit au secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne : c’est le moment de mettre en place une task force qui réfléchisse à long terme. A Singapour ou au Paraguay, ils ont une vision à 30 ans. En France, on est toujours sur le court terme et on se retrouve dos au mur à dépenser de l’argent public qui diminue et qui coûte cher. Il faut penser les choses autrement, en privilégiant le consensus, c’est le bon moment. »

WP_20170907_12_35_52_Rich (2)Dans quelques jours le sénateur partira pour la Nouvelle-Zélande, avant de se poser en Chine (63ème pays visité). Quel souvenir gardera-t-il de son passage ici ? « Au parlement, j’ai été très touché que la séance soit interrompue pour adresser un message de sympathie à la France, avec une véritable empathie pour ce qui nous est arrivé durant les attentats. On m’a rappelé la proximité de nos deux pays dans la difficulté… j’en ai été très ému. »

Valentine Sabouraud

Les sénatoriales du 24 septembre 2017 : les Français de l’étranger sont représentés par 12 sénateurs élus pour 6 ans et renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le collège électoral comprend les députés et sénateurs des Français établis hors de France, les 442 conseillers et 68 délégués consulaires. Olivier Cadic n’est pas candidat, puisque son mandat est toujours en cours.

Acronymes : UFE : Union des Français de l’Etranger – AFE : Assemblée des Français de l’Etranger, UDI : Union des Démocrates et Indépendants – PS : Parti Socialiste – LR : Les Républicains – CCI : Chambre de Commerce et d’Industrie – CSG : Contribution Sociale Généralisée.

Légendes des photos par ordre : 1 : Olivier Cadic – 2 : Dans les locaux de Transdev avec Myriam Boisbouvier-Wylie, Julie Duhaut-Bedos et René Lalande  – 3 : A la petite école de Geelong avec Myriam Boisbouvier-Wylie, Noémie Ruffo et Danièle Kemp 4 – Au parlement du Victoria avec Myriam Boisbouvier-Wylie et Colin Brook.

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franckprovost
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