fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeActuOlivia de Bergerac, la neuroscientifique qui vous fera plonger avec les dauphins
Notre invité (1)

Olivia de Bergerac, la neuroscientifique qui vous fera plonger avec les dauphins

NCT

 

DSC_0065

Oubliez le yoga et les antidépresseurs. Pour Olivia de Bergerac, la solution à toutes nos peurs, angoisses, dépressions et autres addictions possède une nageoire et nage dans toutes les mers du monde. Auteure de Dauphin, ce médecin de l’âme, paru en 2016 aux éditions du Dauphin, cette docteure en psychologie installée en Australie est convaincue des effets thérapeutiques que peuvent avoir les dauphins sur l’Homme. Depuis plus de vingt ans, elle organise des croisières à Port Stephens chaque week-end, emmenant équipes d’entreprise et particuliers nager avec les dauphins pour guérir leurs maux au contact des cétacés.

 

On perçoit souvent les dauphins comme des animaux sympathiques et peu farouches, mais moins souvent comme des thérapeutes pour humains. Comment avez-vous pris conscience des effets bénéfiques que les dauphins auraient sur nous ?

Quand j’ai déménagé en Australie il y a trente ans pour y faire mon MBA [master of business administration, ndlr], je vivais à côté de la plage de Coogee, à l’est de Sydney. Un jour, à l’aube, alors que  je nageais seule comme tous les matins, je fus rejointe par six dauphins qui nagèrent avec moi pendant une heure. Je ne pense pas que cette rencontre fut le fruit du hasard : ayant grandi sur la Côte d’Azur, où mes frères et moi avons appris très tôt à nager, j’ai toujours adoré l’eau. Mon plus grand frère fut engagé dans la Calypso, mon autre frère le rejoint pour gérer un centre Cousteau sur une île du Pacifique, tandis que moi, j’ai réalisé il y a plus de trente ans que ma place était ici, en Australie, près de l’eau. La rencontre avec les dauphins est ainsi venue confirmer cet appel de l’océan. Nager avec eux me transporta dans un état extraordinaire, que je n’avais jamais ressenti auparavant. C’est à partir de ce moment précis que je fus convaincue de tout le bonheur que pouvaient apporter les dauphins aux humains.

1460013698741

De quels effets bénéfiques parle-t-on exactement ?

C’est justement à l’étude de ces effets que je me suis peu à peu attelée après mon expérience à Coogee. J’ai d’abord commencé à emmener des gens en croisière pour leur faire expérimenter ce que j’avais moi-même vécu, et voir s’ils en retiraient les mêmes effets. Cela semblait être le cas : j’avais des retours formidables, des personnes auparavant en grande détresse et dont la vie a subitement pris un tournant après leur rencontre avec les dauphins. Pour en avoir le cœur net, j’ai entamé alors un programme de recherche plus poussé, avec l’utilisation d’un électroencéphalogramme. Cet appareil permet de mesurer l’activité électrique du cerveau, classée selon son importance en quatre niveaux de fréquences croissants : delta, theta, alpha, et bêta. Plus le cerveau est en état de stress, plus l’activité du cerveau ira haut dans les fréquences. Chez l’homme, le cerveau oscille entre fréquences alpha et bêta, tandis que chez les dauphins, ce sont les fréquences theta qui prédominent. Or ce que j’ai découvert en mesurant l’activité électrique cérébrale des participants à mes croisières, c’est que leurs niveaux de fréquences diminuent largement après la croisière. En nageant avec les dauphins, il y a une résonance qui s’établit chez les humains avec les fréquences theta émises par les cétacés, d’où cette entrée dans un état méditatif, reposé, libéré toute peur et de toute angoisse.

S’il s’agit simplement d’un apaisement temporaire du cerveau, comment une rencontre avec des dauphins peut-elle alors guérir des angoisses ou des addictions acquises depuis plusieurs années ?

Parce que l’apaisement n’est justement pas temporaire ! En plus de l’encéphalogramme, j’ai également effectué un suivi des participants après les croisières, pour évaluer la durabilité des effets thérapeutiques de la nage avec les dauphins. Le bilan, c’est que même plusieurs mois après, les personnes retournent facilement dans l’état cérébral méditatif qu’ils avaient expérimenté après leur rencontre avec les dauphins, par la simple force du souvenir. C’est pour cela que la dolphinothérapie est si efficace pour soigner des angoisses, des traumatismes, des addictions : elle ne fait pas qu’évacuer le trouble mental sur le moment, mais le supprime durablement. Parmi les personnes que j’ai emmenées nager avec les dauphins, j’ai eu des grands phobiques, des toxicomanes, des alcooliques, qui m’ont tous remercié quelques mois plus tard de les avoir libérés de leur pathologie. Autre exemple, j’ai également emmené à bord des enfants épileptiques qui ont vu leurs crises s’adoucir largement après la croisière, puisque l’épilepsie est liée à un dérèglement du rythme cérébral. Il n’y par ailleurs pas besoin d’être malade pour bénéficier des effets de la dolphinothérapie : nager avec des dauphins libère aussi du stress professionnel, des douleurs physiques, des tensions de la vie de tous les jours.

imagine-1024x676

Ces effets thérapeutiques sont-ils propres aux dauphins, ou se retrouvent-ils aussi chez d’autres animaux ?

C’est certain qu’il y a de nombreux animaux qui procurent un certain bien-être quand on les approche. Typiquement, des chercheurs d’une université américaine sont en ce moment en train d’étudier les possibles effets thérapeutiques de la nage avec les baleines. Mais les dauphins ont quelque chose de spécial, une dimension supplémentaire. Ce sont des animaux extrêmement évolués, adaptés à leur environnement. On le sait, les dauphins sont parmi les seules espèces marines à venir en aide aux bateaux en détresse. Je crois que les dauphins perçoivent vraiment les émotions des humains : au-delà de la résonance entre nos cerveaux, il y a aussi une résonance entre nos cœurs. Le cœur est en effet un organe qui produit un champ électromagnétique important ; or chez le dauphin, le cœur produit un champ si puissant qu’il met le cœur humain à son diapason. Les dauphins parviennent réellement à nous lire, à nous comprendre, et c’est pour toutes ces raisons qu’il est primordial de les protéger. Rien qu’en Australie, il est formidable que les dauphins aient pu revenir dans la baie de Sydney depuis quelques années, mais les autres villes australiennes se doivent de leur emboîter le pas. Les dauphins nous donnent de l’amour, à nous de le leur rendre.

Propos recueillis par Tom Val


Olivia de Bergerac propose des croisières à Port Stephens jusqu’à la fin de l’été australien, puis viendra faire découvrir la dolphinothérapie en France, à Antibes, durant l’été français. Pour plus de détails, vous pouvez contacter Olivia ici.


N’oubliez pas de nous suivre sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletter

Des idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude dans l’article ? Contactez-nous à l’adresse redaction@lecourrieraustralien.com

Comments
drive
Share With: