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Portrait from Melbourne : Adrian Doyle, la rue vers l’art !

aircalin

Il porte le même patronyme que le maire de Melbourne, mais n’a rien à voir avec lui, ni même avec l’auteur de Sherlock Holmes. Non, Doyle, Adrian Doyle s’est fait lui-mêm et son nom résonne aujourd’hui par la seule force de ses poignets. Seul, il est devenu l’un des street artistes les plus installés et controversés de la ville.

 Né il y a trente-huit ans dans une « banlieue satellite » de Melbourne, Frankston, il intègre vite le milieu borderline des graffeurs. Toutes les occasions sont alors bonnes s’exercer sur les murs, les façades ou les trains. A l’adolescence, la police le manque de peu : une interpellation ratée qui marquera le début d’une prise de conscience. « Aujourd’hui, on vous fait payer plusieurs centaines de dollars par bombe de peinture confisquée. Commencer sa vie avec ce genre de dette, c’est un sacré handicap de départ« .

Depuis plusieurs années pourtant, le Street Art est en train de devenir l’une des composantes phares de la ville de Melbourne. Il fera bientôt partie de son ADN et nul touriste ne saurait la visiter aujourd’hui sans passer par Hosier et Rutledge Lanes, Center Place, Finders Court… A la frontière indéterminée entre le légal et l’illégal, il évolue sans cesse, s’étendant bien au-delà du CBD, jusqu’à Fitzroy, Melbourne North ou Port Melbourne. Attraction touristique majeure ou dégradation volontaire passible de lourdes amendes : chacun se fera son idée.

 Dans cet environnement sur le fil, nourri par sa passion pour l’art et malgré des années de galère, le jeune Doyle va multiplier les coup d’éclat. Durant ses études, il repeint notamment Rutledge Lane en « Empty Nursery Blue », sa couleur signature. L’allée emblématique, transformée en piscine uniforme et hypnotique, crée la polémique. Les auteurs des œuvres recouvertes lui voueront, pour certains, une haine tenace. Le monde du Street Art est dur, mais qu’importe. Adrian Doyle peint, multiplie les installations, ouvre une galerie, soutient les jeunes. Surtout, il crée le Blender Studios qui accueille des artistes en résidence et propose des street tours. Le succès est enfin au rendez-vous.

De nouveaux projets dans les Docklands

 Quinze ans après son installation à Franklin Street (CBD), le Blender Studios change désormais de format en prenant ses quartiers dans les Docklands, toujours sous la houlette de Doyle. L’espace de mille mètres carrés accueillera vingt artistes et inclura un lieu d’exposition ainsi qu’une zone dédiée aux workshops. Amateurs éclairés, jeunes curieux ou simples touristes : chaque participant pourra faire l’expérience du street art avec de vrais pros*. Les tours continueront aussi, partant de Federation Square pour finir dans les Docklands.

Les locaux sont encore partiellement en chantier mais l’inauguration sera fêtée fin mars. Un nouveau départ en perspective pour les résidents – étudiants ou autodidactes de talent. « On n’est pas obligés de se marier, d’avoir des enfants et d’acheter une maison en banlieue  pour réussir : il existe d’autres voies pour se réaliser » aime répéter Doyle. Et on peut venir de loin. Lui-même en est la preuve.

 

 

 

* Prochain atelier : samedi 4 mars à 10h. Plus d’infos ICI

 

Blender Studios 20 Wharf St. Harbour Town 3008 Melbourne

Tel : (03) 9328 5556 / Site : www.theblenderstudios.com

 

Jusqu’au 10 mars 2017, Wood and Stone organise un « Sunday beer in the Garden » de 2 pm à 6 pm au Great Northern Hotel 644 Rathdowne St, Carlton North VIC 3054. Une partie des recettes ira soutenir les artistes en résidence du Blender Studios.

 

Le portrait de Adrian Doyle est aussi à lire dans le guide Portraits de Melbourne (éditions Hikari).

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