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Rencontre avec Fanny Bouffante, la plus French des humoristes australiennes

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On l’a trouvée par hasard sur le site du Melbourne International Comedy Festival, attirée par ce nom gonflé qui évoque l’opéra bouffe, ou alors cet appétit insatiable qu’ont les Français pour la bonne chère. On aimerait aussi la trouver ébouriffante, décoiffante… le cheveu fou. Finalement, c’est une Australienne charmante que l’on rencontre. Elle s’appelle Kate Hanley, mais devient Fanny Bouffante sur scène. Elle nous explique comment son personnage de French woman bossy et sexy qui fait-les-choses-mieux-que-les-autres est né. On en rigole encore en attendant de découvrir bientôt son spectacle.

« Je suis française » déclare la jeune femme en éclatant de rire. Et en effet, elle a obtenu la nationalité il y a quatre ans, après un épisode assez cocasse de lecture d’un article du Times dans la langue de Molière pour vérifier son niveau. Les services de l’ambassade de France s’étaient déplacés à Melbourne pour l’occasion. « Je peux lire sans problème, raconte-t-elle, mais surtout, j’adore écouter la sonorité du français »  un goût qu’elle entretient depuis toujours, ayant noué, petite, une relation forte avec une voisine blonde à vélo qui avait quitté l’hexagone pour s’installer à Geelong, d’où Kate est originaire. Ensuite, elle a la chance de rencontrer des acteurs de la troupe de Philippe Genty dans un café où elle officie comme serveuse. La jeune étudiante d’alors est même invitée à passer une semaine à Belleville, dans un studio qu’on lui prête. « Une expérience si romantique » soupire Kate qui se remémore avec plaisir le bruit des conversations de rue ou le fracas des mobylettes.

Son penchant a ensuite trouvé à s’épanouir auprès d’un mari franco-australien qui cuisine beaucoup et très bien « comme tous les Français » [clin d’oeil]. Ils ont trois enfants et décident même de partir vivre une année sabbatique à Aix-les-Bains. Expérience mitigée pour leur aîné, mais sympa pour les autres.

Le Fringe Festival pour se lancer

Côté professionnel, elle commence par une carrière de journaliste, puis travaille à la télévision, cherchant des idées pour les scénaristes de séries policières. A 38 ans, mère de trois enfants, il est temps de trouver autre chose, « de pousser mes limites ». On la trouve drôle depuis toujours, sans doute à cause de cette volubilité facile et de ce grand sourire qu’elle arbore. Elle crée son premier personnage : une geisha aux traits occidentaux, prête à tout pour reconquérir son amoureux parti au Japon. C’est une Australienne qui a vraiment fait le pas de cette conversion qui lui donne cette idée un peu folle. Elle choisit le Fringe Festival pour se lancer en tant qu’humoriste. Fanny Bouffante, elle l’imagine il y a 4 ans. « Elle est très belle, très snob, elle est excessive et ultra-cash ». Evidemment, pas facile pour Fanny de se faire à la vie australienne « qui manque tant de culture et de classe ». Dans le spectacle, elle va donner quelques leçons de vie sur les sujets essentiels que les Françaises maîtrisent tellement mieux que les autres : « la mode, la nourriture et le sexe »… Kate adore Fanny. « Elle a un côté bitch qui est vraiment hilarant, elle se permet tellement de choses que moi, je ne m’autorise pas dans la vie. »

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Effectivement, Kate a l’air douce et sympa. Elle se produit 50 soirées par an, histoire de ne pas trop délaisser sa famille. Elle tourne en Australie pour l’instant, mais elle aimerait bien se produire en France si l’opportunité se présentait. « Je peux apprendre mon texte en Français » assure-t-elle et on la croit volontiers, puisqu’elle parle parfaitement, malgré le manque de pratique. Quant au franglais, voilà une idée à creuser ! Paul Taylor, elle ne connaît pas, mais elle va vite regarder.

Pour conclure et rééquilibrer la balance, on lui demande quand même ce que les Australiennes font mieux que les Françaises. Kate hésite, puis lance : « Elles sont plus relax, elles se prennent moins au sérieux et elles font plus de sport. » On valide.

Avant de se quitter, on lui demande de prendre la pose pour une photo. Kate se dépêche vite de sortir un foulard – accessoire ultime de la « vraie » French woman. Elle sourit avec beaucoup de bonne volonté. On aura beau faire, on a du mal à voir Fanny Bouffante en face de soi. L’allure générale est trop spontanée. Pour la sophistication, les excès et le clin d’oeil irrévérencieux à nos petites manies tricolores, il faudra foncer au Coopers Inn du 9 au 22 avril prochains et faire preuve d’autodérision… Une qualité que les Frenchies auraient intérêt à travailler [clin d’oeil] !

Valentine Sabouraud

Coopers-AUG-22Fanny Bouffante, dans le cadre du Melbourne International Comedy Festival, au Coopers Inn 282 Exhibition Street, Melbourne, du 9 au 22 avril 2018 à 20h20 – 20 à 30 $ la place. Réservations ici.


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